‹ Traité clinique et practique des opérations chirurgicales, ou, Traité de thérapeutique chirurgicaleChapitre 194 sur 256 · TITRE 111. - CHUTE DU RECTUM. 71H · texte numérisé non relu

TITRE 111. - CHUTE DU RECTUM. 71H

■méthodes entre elles et pour juger de leurs résultats, et en définitive de leur valeur, c’est qu’elles aient été appliquées à des maladies du meme genre, et, autant que faire se peut, du même degré d intensité.

Parmi les cliules du rectum, il faut distinguer avant tout celles qui consistent dans le prolapsus de la muqueuse seule ; les cas de ce genre ne devraient jamais porterie nom de chute du rectum; et en second lieu, celles dans lesquelles les parties plus élevées du rectum ou même des parties plus élevées encore appartenant au gros intestin, se présentent au dehors après .une véritable invagination.

Dans le premier cas, l’espèce de boudin formé par la tumeur est constitué par la muqueuse seule ; dans le second, la tumeur renferme toutes les tuniques de l’intestin, sans en excepter la séreuse, de telle sorte que. dans le premier cas, une section perpendiculaire faite exactement au niveau de la région anale se bornerait à couper une espèce de manchon exclusivement formé par la muqueuse, tandis que la même section faite sur une chute de rectum par invagination ouvrirait le cul-de-sac péritonéal, sectionnerait une double épaisseur de la membrane musculeuse, et aussi une double épaisseur de la membrane muqueuse.

Il faut encore distinguer les prolapsus de la muqueuse en ceux qui sont simples et en ceux qui sont accompagnés de tumeurs hémorrhoïdales. Nous avons appliqué avec succès l’écrasement linéaire à toutes les formes du la chute du rectum, aux simplesprolapsusde la muqueuse avec tumeurs hémorrhoïdales concomitantes, aussi bien qu'aux prolapsus de toutes les tuniques.

Nous ferons d'abord observer que parmi les prolapsus il en est qui sont peu rebelles et qui peuvent disparaître par les précautions Les plus simples. Les faits de ce genre s’observent journellement chez. les enfants. Si l’on n’a pas soin de réserver ces faits, on est à peu près sûr d’obtenir des guérisons par toute espèce de moyens; et l’on est alors en mesure de citer des cas favorables à l’appui de toute méthode quelconque; mais en agissant ainsi, fait-on de la science et de la pratique sérieuses? C’est ce que nous ne saurions admettre. Toutefois, nous rappellerons brièvement les diverses méthodes de traitement qui ont été proposées pour la chute du rectum à ses divers degrés et sous scs diverses formes.

Ainsi, d’un côté, affection très-bénigne chez les enfants, et même chez quelques adultes, n’exigeant que certaines précautions plutôt qu’un véritable traitement; d’un autre côté, infirmité pénible, dégoûtante, assujettissant le malade à l’obligation de renouveler chaque fois qu’il va à la selle une sorte d’opération plus ou moins douloureuse, qui consiste à réduire la partie prolapsée, et qui, quand elle ne réussit pas, laisse le patient exposé à des accidents d’étranglement, d’inflammation et même de gangrène. On n’a donc rien exagéré quand on a dit que la chute du rectum était une affection dont l’opiniâtreté faisait le tourment des praticiens et le désespoir des malades.

Quels sont les moyens que l'art possède contre celte pénible maladie? C est . 1 la îéduclion de la partie prolapsée et les moyens presque innombrables proposés pour maintenir cette réduction; 2° le débridement; 3° l’excision des plis rayonnés ; 4U la résection des' parties prolapsées; 5° la cautérisation ; 6° enfin l’écrasement linéaire.

1 Réduction. — Placer avant tout le malade dans la position horizontale et dans des conditions qui lui interdisent de se livrer à aucun effort; nettoyer la tumeur avec un mélange astringent, l’enduire d’un corps gras, exercer avec les doigts uniformément distribués sur elle une pression concentrique, et éviter avec un égal soin d’une part toute intermittence de 1 autre tout accroissement brusque de la compression.

Moyens propres à maintenir la réduction. — Nous ne ferons point ici la longue énumération des moyens mécaniques proposés pour maintenir la iéduclion ; nous nous bornerons à (aire remarquer que plusieurs d’entre eux, ayantpour effetde dilater l’ampoule rectale, tendent plutôt à augmenter le relâchement des tissus qu’à leur restituer la tonicité normale. En sorte que s’ils remédient mécaniquement et momentanément à la chute considérée en elle-même, ils ne font rien pour la guérison définitive de l affection.

Nous avons eu recours à un moyen qui nous adonnéd’excellents résultats. C’est l’emploi des suppositoires de glace. Dans aucun cas je n’ai obtenu de plus notables effets que dans une chute du rectum datant de plusieurs mois et qui avait résisté à une foule de moyens.

Ayant publié cette observation avec tous ses détails dans mon Traité de l’écrasement linéaire, p. 133, je ne la reproduirai pas. On trouvera dans le même ouvrage, p. 134, une autre observation d’application heureuse des suppositoires de glace.

Débridement. — Delpech eut recours avec succès au débridement du sphincter dans un cas où le prolapsus s’accompagnait d’étranglement. Nous n’avons jamais rencontré l’occasion de constater une indication semblable, et nous avons la conviction qu’il est toujours possible, quels que soient l’accroissement de volume de la partie prolapsée et le degré de constriction exercée par le sphincter, de venir à bout, par la seule compression, des difficultés les [dus grandes qui puissent exister à cet égard. De même que pour le paraphimosis, nous n’avons jamais eu lieu de faire d’opération spéciale de débridement, étant toujours parvenu, dans les cas les plus difficiles, à faire la réduction du gland, quelque tuméfié qu’il fut; de même nous avons toujours obtenu, sans opération sanglante, la réduction des parties prolapsées dans les cas de chute du rectum. Ce qui empêche de se faire une idée complètement exacte de ce que peut la compression bien faite, c’est, en grande partie, le défaut de persévérance et un mode défectueux dans l’application de ce moyen.

Nous rejetons donc le débridement, et si nous avons cherché à résoudre opératoirement le problème de la guérison des chutes du rectum, c’est pour

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