‹ Traité clinique et practique des opérations chirurgicales, ou, Traité de thérapeutique chirurgicaleChapitre 201 sur 256 · TRAITEMENT DU CANCER DU RECTUM · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DU CANCER DU RECTUM

Au point de vue de la médecine opératoire, il est certaines circonstances utiles à rappeler dans le but de fournir à l’opérateur, des données dont il devra tirer parti pour l’exécution de ses procédés. ,

Le cancer du rectum peut se présenter à l’état diffus ou à l’état circonscrit.

A l’état diffus , et quand il occupe une certaine étendue de l’intestin, il repousse à peu près formellement l’emploi de la médecine opératoire, du moins en tant qu’il s’agirait de pratiquer l’ablation des parties malades ; car l’établissement d’un anus contre nature pouvant prolonger la vie du malade ne serait point contre-indiqué.

Circonscrit , le cancer peut se présenter sous la forme de plaque, de noyau ou d’anneau complet; sous celte dernière forme, il peut s’accompagner de rétrécissement de l’intestin ou de la conservation du calibre intestinal, et à cet égard, il importe de bien distinguer dans la pratique, les moyens qui sont destinés à combattre le rétrécissement, de ceux qui s’attaquent au cancer lui-même. On a eu tort de considérer les moyens dilatants, par exemple, qui ne s’adressent qu’aux rétrécissements, quelle qu’en soit la cause, comme constituant un traitement du cancer du rectum. Us combattent un épiphénomène, un accident; ils ne font rien contre la nature même de la maladie.

Du reste, il est très-important de se souvenir que le cancer du rectum est souvent multiple, c’est-à-dire se retrouve dans divers points de l’intestin et que l’indication d’opérer ne doit être établie que quand on a acquis, autant que faire se peut, la presque certitude qu’il n’y a pas un autre foyer cancéreux à une distance plus ou moins éloignée.

Si la question de l’unité ou de la pluralité des points cancéreux est importante pour l’opérateur, la question des limites l’est certainement plus encore.

G’est surtout à l’occasion des organes génito-urinaires que s’élève la question des relations topographiques du cancer du rectum. En effet si 1 on n’a pas la certitude de pouvoir enlever la totalité du mal sans compromettre gravement le bas-fond de la vessie et chez l’homme la région

prostatique, il n’y a guère lieu de tenter une opération dont la conséquence immédiate serait une large fistule urinaire avec ses dangers d’infiltration et de phlegmon urineux dans la période aiguë, avec ses dégoûtantes servitudes dans les périodes ultérieures.

Les cancers du rectum offrent entre eux et au point de vue de la pratique une différence notable et qui tient à la nature de leurs rapports avec le sphincter anal.

Ceux qui sont au-dessus du sphincter et qui restent étrangers à toute connexion avec lui, sont généralement très-peu douloureux, quelquefois même si peu, qu’ils peuvent accomplir la plus grande partie de leur évolution, qu’ils peuvent même détruire sur une étendue considérable les parois de F intestin sans avoir jamais donné conscience aux malades d’une lésion aussi grave. Cette variété de cancer peut s’appeler le cancer intestinal du rectum. Il contre-indique positivement l’opération.

Par opposition à cette classe les cancers que l’on petit appeler sphinctériens sont tellement douloureux que le chirurgien, quel que soit son désir de s’abstenir, est souvent obligé d’agir, ne fût-ce qu’à titre de palliatif et pour diminuer lesdouleurs si vives auxquelles j’ai toujours vu l’opération mettre un terme immédiat. Les cancers compliques de gpiiinctérisme different énormément de ceux qui ne le sont pas. Les derniers sont insidieux, les autres sont cruels.

L’importance pratique d’un diagnostic bien établi, avant de songer à aucun moyen opératoire, nous conduit à spécifier les divers éléments qui peuvent servir à la détermination de ce diagnostic.

Afin de mettre un peu d’ordre dans l’exposé des phénomènes qui peuvent devenir des signes de l’affection cancéreuse du rectum, nous rattacherons ces phénomènes à différents groupes que nous allons indiquer :

1° Phénomènes relatifs aux matières excrétées ;

2° Phénomènes relatifs aux troubles de perméabilité du canal intestinal :

3° Phénomènes relatifs aux troubles de voisinage ;

4° Phénomènes sur la qualité desquels éclaire le toucher rectal ou vaginal ;

5° Phénomènes qui se développent sous l’influence de certaines méthodes exploratives, telles que l’injection, le cathétérisme rectal, la palpation de l’abdomen ou du périnée.

P Phénomènes relatifs aux matières excrétées. — Les signes qui peuvent se déduire de l’examen des matières excrétées se rapportent à l’aspect des matières qui sont comme rubanées ou passées à la filière, quelquefois teintes de sang et accompagnées alors dans leur expulsion par de vives douleurs; d’autres fois teintes de pus. Cette dernière circonstance est même, dans certains cas, le seul indice précurseur de la maladie. Il en est de même de l’excrétion de matières glaireuses sanguinolentes. Ce caractère est encore d’une grande valeur prodromique; ii

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