RÉTRÉCISSEMENTS DE L’URÈTRE
Les rétrécissements de l’urètre peuvent être inflammatoires; spasmodiques ; organiques.
Pour apprécier leur siège, leur forme, leur étendue, il faut avoir recours à l’exploration du canal. De là la nécessité d’un cathétérisme d’exploration.
Cathétérisme explorateur. — L’exploration du canal de l’urètre peut se faire à l’aide des divers moyens que nous allons énumérer. '
Dans la grande majorité des cas les bougies ordinaires suffisent pour cette exploration.
On peut se servir aussi avec avantage de bougies terminées par une petite boule dont le diamètre est un peu plus grand que celui de la bougie. Or, il arrive que, quand l’extrémité renflée, poussée d’une manière continue par la main du chirurgien, a franchi le point où siège le rétrécissement, on sent, dès qu’on veut retirer l’instrument, qu’il est pincé par les parois du canal.
Veut-on apprécier la forme, le degré et l’étendue du rétrécissement, les bougies emplastiques et surtout les bougies en cire, laissées dans le canal assez longtemps pour s’y ramollir, fourniront à ces divers égards les renseignements dont on aura besoin.
Pour arriver au même but, M. Ségalas a imaginé une sonde élastique graduée, ouverte par les deux bouts et dans laquelle on introduit un stylet d’argent boutonné dont la boule est poussée au delà du rétrécissement. La sonde de gomme retirée, on constate le rétrécissement comme avec une bougie à boule.
Amussat se servait d’une longue canule graduée, percée d’un conduit tout près de son extrémité, et recevant un mandrin terminé par une petite lentille qui ferme le conduit et donne à la canule la forme d’une sonde. — A l’aide d’une vis située à l’autre extrémité du mandrin, on fait saillir la lentille qui explore l’urètre lorsqu’on retire l’instrument.
La dilatation, l’incision et la cautérisation constituent les trois méthodes de traitement définitif auxquelles on peut soumettre les rétrécissements de l’urètre.
1° Dilatation. — Elle peut être progressive ou forcée.
Dilatation progressive. — Pour les malades qui n’ont point à vaquer à d’autres occupations que celle de se guérir promptement, je n’hésite pas, malgré tout ce qui a été dit de l’inconvénient des sondes à demeure, à les traiter par la dilatation permanente. Seulement, je ne débute jamais par des sondes, mais par des bougies très-fines qui me servent à obtenir au bout de quelques jours la tolérance du canal. C'est alors, et alors seulement, que je commence la dilatation par l’accroissement strictement gradué des bougies, qui sont bientôt remplacées par des sondes.
Il y a donc dans ce traitement deux périodes : celle de la tolérance et celle de la dilatation proprement dite.
Pendant la première période, les malades doivent uriner, la bougie étant en place.
Dans la deuxième période, ils urinent par le canal de la sonde. Chaque sonde est alors laissée deux ou trois jours en place, et à chaque renouvellement on présente un numéro plus élevé que celui de la sonde qu’on veut remplacer.
Chez les malades qui ont le loisir de consacrer plus de temps à leur irai-