POLYPES DU VAGIN
« Les polypes du vagin sont assez rares. Il n’est aucun point de ce conduit sur lequel ils ne puissent se développer. C’est ordinairement des rides
(1) Extrait d’un travail très-intéressant publié par notre confrère M. Letenneur
de sa membrane interne que part le pédicule de ces tumeurs. Leur forme est presque toujours globuleuse. Quelques-uns de ces polypes ont un pédicule étroit ; d’autres ont une base large. Leur consistance est généralement dure, ils sont presque toujours indolents. Les uns sont peu volumineux, les autres ont assez de grosseur pour incommoder la femme qui en est affectée, pour mettre obstacle au coït, quelquefois même à l’excrétion de l’urine, à l’écoulement du sang menstruel, à la progression. » (Boyer, t. V, p. 819.)
Gerdv ( Des polypes et de leur traitement, Paris, 4833) dit qu’ils déterminent des accidents analogues à ceux des polypes utérins, et qu’ils peuvent, en outre, entraîner avec eux la paroi vaginale sur laquelle ils sont implantés, produire ainsi un renversement du vagin et une hernie contenant les viscères voisins, d’où le danger de comprendre ces viscères dans une ligature portée sur la base du polype.
Suivant A. JBérard ( Dict . en 30 volumes ), ces tumeurs paraissent offrir les mêmes variétés d’aspect et de structure que les polypes de la matrice.
A. Bérard dit aussi que Dupuytren a fait connaître des exemples de polypes du vagin dans les Bulletins de la Faculté de Médecine de Paris.
Voici tout ce qu’on trouve à ce sujet dans cette publication, tome VII, page 135 :
« Le professeur Dupuytren a fait présenter à la Société, par MM. Marx et Sanson, deux énormes polypes fibreux développés dans le vagin. Chez les deux malades, l’extrémité inférieure de ces polypes était ulcérée. Elle donna lieu à des écoulements purulents et à des pertes qui avaient fait méconnaître la nature de la maladie.
Chez les deux malades, les polypes, après avoir été amenés au dehors, ont été enlevés par excision de leur pédicule, et chez aucune il n’y a eu d’écoulement de sang, ni pendant ni après l’opération. Toutes deux ont été guéries en quelques jours.
Le tome III des Mémoires de l’Académie royale de Chirurgie contient un mémoire de Levret Sur les polypes de la matrice et du vagin , page 51 8. A la page 563 se trouve la note suivante :
« M. Leblanc, chirurgien d’Orléans, et correspondant de l’Académie, « vient de l’informer qu’il a fait, en présence de M. Fauvin, son confrère, « la ligature de deux polypes du vagin, qui prenaient naissance sur les « rides de cette gaîne, chez une fille fort saine, d’ailleurs, et qu’au moyen «i de deux fils goudronnés, avec lesquels il les a liées, ces deux petites « masses polypeuses sont tombées le quatrième jour. »
En 1836, dans la séance du 31 mai, Amussat montra à l’Académie de médecine ( Gazette médicale , page 365), un polype du vagin qu’il avait enlevé la veille à une femme de 42 ans. Cette femme n’avait jamais eu d’enfants; elle avait, depuis deux ans et demi, un écoulement glaireux par les parties génitales. Il y a six mois, perte considérable, à la suite de laquelle les règles se sont supprimées. Il s’échappe, par le vagin et le rectum, au mo-