TITRE VI. — POLYPES DU VAGIN
ment de l’excrétion des matières fécales, une grande quantité de mucosités blanchâtres et glaireuses. À l’examen, Amussat et A. Dubois constatèrent l’existence d’une tumeur volumineuse à la paroi postérieure du vagin. Cette tumeur égalait à peu près la grosseur d’un œuf de poule; son pédicule avait à peu près 0m,05i de diamètre.
Ce polype était tellement friable, qu’on ne put le saisir avec des pinces et desérignes, pour y jeter une ligature; M. Amussat l’extirpa, tant par arrachement que par torsion.
La malade avait assez bien supporté l’opération.
Pelletan a vu deux fois des lipomes de la cloison recto-vaginale; il a observé également dans la cloison vésico-vaginale, une tumeur fibreuse.
Il survient quelquefois, au dessous du méat urinaire, c’est-à-dire sur le bulbe, de petites productions rouges, fongueuses, saignantes, sessiles ou pedieulées, causant une cuisson et même une douleur assez vive, ressemblant assez bien à certains bourgeons charnus qui se forment sur la surface d’anciens vésicatoires ou d’ulcères cancéreux. Leur surface paraît dépourvue d’épithélium, ce qui explique parfaitement pourquoi le passage de l’urine, le toucher, le coït, la marche, les rendent si douloureuses. Elles saignent facilement, mais ne donnent pas lieu à de véritables hémorrhagies; leur présence est accompagnée d’une sécrétion purulente plus ou moins abondante, et il existe quelquefois en même temps une véritable leucorrhée.
C’est évidemment à ce genre de productions qu’on doit rapporter les deux faits publiés par Guénier, dans le Journal de médecine de Nantes et reproduits dans la Gazette médicale , en 1838, sous le titre de Polypes de l'hymen. Guénier a vu, en effet, chez une petite fille et chez une fille d’un certain âge, des fongosités paraissant implantées sur la face postérieure de l’hymen, et descendant dans la fosse naviculaire.
Enfin, Moigagni ( Lettre 46, £ 1/), avait trouvé un état analogue chez une fille de 50 ans ; l’hymen était rouge, et tout près, et en dehors, on voyait : parvula assurgentia tubercula rubra.
La tumeur est quelquefois le résultat d un développement vasculaire du bulbe du vagin, comme on le verra par l’observation suivante :
Obs.— Tumeur variqueuse du bulbe du vagin. — Une fille de 39 ans, domestique, d’une bonne santé habituelle, éprouva, vers la fin de novembre 1858, de la difficulté à uriner et de vives douleurs dans les parties sexuelles ; ces symptômes furent bientôt suivis d’hémorrhagies abondantes, bien que les règles eussent cessé de paraître depuis plusieurs années.
La perte de sang durait déjà depuis huit jours, lorsque la difficulté d’uriner devenant insurmontable, la malade se décida à consulter le docteur Lequerré
Celui-cb en voulant pratiquer le cathétérisme, reconnut l’existence au-dessous du méat urinaire, d’une tumeur obstruant l’entrée du vagin. Sa forme était ovoïde, ayant 6 centimètres dans son plus grand diamètre; la circonférence
du pédicule avait également 6 centimètres. Cette tumeur offrait une couleur rouge brun, comme si la muqueuse qui la recouvrait, était ecchymosée.
En cherchant à introduire le doigt dans le vagin, M. Lequerré reconnut que la membrane hymen était intacte et que le pédicule occupait tout l'espace compris entre cette membrane et le méat urinaire.
Cette tumeur était la cause de la rétention d’urine, par suite de la compression qu’elle exerçait sur le canal de l’urètre.
M. Lequerré l’enleva par la méthode de l'écrasement linéaire, après avoir eu soin de placer une sonde dans l’urètre, afin de diriger convenablement l’instrument. Sans cette précaution, l’urètre eût été presque infailliblement intéressé.
L’opération fut facile, à peine douloureuse, et le jour même la malade put reprendre son service.
L’émission des urines est redevenue normale et aucun accident n’a eu lieu à la suite de cette opération.
La tumeur était constituée par un épanouissement du tissu érectile du bulbe, et nul doute que, si, au lieu de l'écrasement linéaire, on eût employé l’excision, il ne fût survenu une hémorrhagie.
Certains polypes du vagin semblent prendre leur point de départ dans la profondeur du bulbe.
Ils sont plus ou moins franchement pédicules, suivant qu’ils ont, pour surface d’implantation, une portion plus ou moins considérable du bulbe ou même le bulbe tout entier.
A l’appui des propositions qui’précèdent, M. Letenneur, à qui nous empruntons ces détails [Mém. sur les polypes du vagin , Nantes , 1859), cite les observations suivantes :
Obs. — Une femme âgée de 45 ans, ayant eu cinq enfants, me fut envoyée du village d’Aubervilliers, près Paris, pour un polype utérin. En relevant ses vêtements, j’aperçus, en effet, une tumeur pédiculée qui pendait entre les cuisses. Je crus à l’existence d’un polype utérin ; mais en portant le doigt indicateur vers l’orifice du vagin pour reconnaître l’insertion du pédicule du polype, je fus très-surpris de voir que ce pédicule s’insérait au-devant de cet orifice. Examinant alors plus attentivement la tumeur, je vis qu’elle naissait de l’orifice de l’urètre à sa partie inférieure. J’enlevai cette tumeur avec des ciseaux, en coupant le pédicule le plus près possible de l’urètre. Cette tumeur pyriforme avait une longueur de 0“\054; son pédicule avait 0m,0i4 de longueur sur 0m,007 de circonférence ; dans sa partie la plus large, qui était au tiers inférieur de la longueur, la tumeur avait 0ra,065 de circonférence. Son intérieur était un tissu cellulaire à lames très-minces, formant des espaces remplis de séiosité. Le pédicule était parcouru par des vaisseaux sanguins très-petits, qui s épanouissaient dans la tumeur. Au bout de quinze jours la malade voulut retouinei chez elle ; la plaie était presque entièrement guérie. J a\ais fait quatre cauléiisations avec le nitrate d’argent. (Boyer, t. V, p. / 53-754.)
On ti’ouve dans Saucerotte, l’observation suivante, reproduite par Lassus (Pathol, chirurg ., p. 526) :