‹ Traité clinique et practique des opérations chirurgicales, ou, Traité de thérapeutique chirurgicaleChapitre 248 sur 256 · partie énucléé de l’épaisseur de la paroi utérine · texte numérisé non relu

partie énucléé de l’épaisseur de la paroi utérine

3° Il peut faciliter l’expulsion totale ou parcellaire du corps fibreux en

débridant sur les côtés le col utérin.

4° Enfin, il peut, au moyen de douches vaginales excessivement a iondames et antiseptiques, conjurer les suites fâcheuses de la suppuration éliminatoire qui s'établit en certains cas dans le tissu meme de 1 utérus et dans la cavité de cet organe.

Il y a donc lieu de résoudre par l’affirmative la première question que

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TITRE XV. — ULCÉRATIONS DU COL UTÉRIN

nous avons posée, et de dire : Oui, l’existence des corps fibreux intrautérins fait naître «les indications chirurgicales positives.

Deuxième question. — Quel doit être le mode d’intervention chirurgicale dans les cas de corps fibreux intra-utérins, et à quelle limite doit-on s’arrêter ?

Cette limite se trouve, pour tout chirurgien prudent et sage, dans cette considération, que les opérations à faire en pareil cas étant très-dangereuses, il n’est permis de tenter l’emploi des moyens opératoires que dans les cas où la situation est tellement grave, que toute abstention chirurgicale équivaut pour la malade à une mort certaine et prochaine.

L’observation suivante est un exemple de la terminaison heureuse des opérations de ce genre.

Obs. — Ablation d’ une tumeur fibreuse interstitielle de l'utérus. — Énucléation par refoulement du tissu utérin jusqu’à la base de la tumeur. — Péritonite. — Abcès consécutif. — Guérison. — Lefèvre (Marie), ravaudeuse, entre le 23 mars 1831, au n°6 de la salle Sainte-Marthe, à l’hôpital Saint-Antoine.

Trois enfants. Pertes utérines depuis trois mois. Douleurs très-vives dans le bas-ventre et dans les reins au moment de l’entrée à l’hôpital. État d’épuisement.

31 mars. — On procède à l’extirpation d’un corps fibreux implanté sur le fond de l’utérus. Abaissement préalable de l’utérus, pédiculisation, puis énucléation de la tumeur qui a le volume d’un œuf de poule. Point d’hémorrhagie.

6 avril. — Accidents de péritonite.

7 mai. — Sort guérie de l’hôpital.

11 juillet. — Rentre dans nos salles avec une nouvelle tumeur et un écoulement vaginal purulent.

Les jours suivants affaissement de la tumeur coïncidant avec une suppuration abondante.

23 juillet. — Guérison complète.

(Voir pour les détails de cette observation notre Traité de V écrasement linéaire, p. 254.)

Troisième question. — Quels sont les moyens les plus propres à prévenir les dangers de l’intervention chirurgicale?

Il est pour nous deux moyens qui sont, pour ainsi dire, la condition sine quâ non du succès, soit à la suite des opérations pratiquées pour l’ablation des corps fibreux utérins, soit dans le cours de leur élimination suppurative et spontanée.

Ces deux conditions sont : 1° que pendant toute la durée du travail suppuratif, soit qu’il succède à l’opération chirurgicale, soit qu’il accompagne le travail de l’élimination spontanée, d'abord, le col utérin se maintienne largement ouvert; 2“ en second lieu, que des douches défensives soient données en grande abondance et avec force. Sans ces deux conditions, le succès, s’il n’est pas impossible, nous paraît très-difficile. Nous avons la ferme croyance que les chirurgiens qui, après avoir pratiqué des ablations de corps fibreux

interstitiels, ont fini par renoncer à ce genre d’opération, n’étaient pas suffisamment pénétrés de l’utilité du double point que nous signalons. S’il en eût été ainsi, nous pensons qu’ils n’auraient point eu à déplorer les revers par suite desquels leur confiance dans une opération qui n’est point irrationnelle, a été si fortement ébranlée.

L’observation suivante, dans laquelle les deux conditions dont nous venons de parler ont été réalisées pendant tout le travail de l’élimination spontanée, doit être citée comme exemple à l’appui des idées que nous venons d’émettre.

Qbs. — Tumeur fibreuse de l’utérus. — Déhiscence provoquée de la tumeur. — Guérison. — Madame B..., 32 ans, vint à Paris vers la fin du mois de novembre 1849 pour se confier à mes soins. Depuis trois ans, ménorrhagies abondantes. Épuisement consécutif. Anémie extrême. Engorgement habituel de l’utérus, difficulté des émissions urinaires, douleurs lombaires et sciatiques, endolorissement de l'hypogastre, accidents hystériques, envies habituelles de vomir.

Diagnostic : existence présumée d'une tumeur fibreuse de l’utérus; assez de rigidité du. col pour empêcher l’introduction du doigtdans l’orifice.

o et 6 décembre. — Le toucher pratiqué au moment des règles fait constater l’existence du globe utérin, dur et sensible à la pression, faisant saillie pi'esque jusqu’à l’ombilic et offrant le volume et la dureté d’un utérus qui revient sur lui-même après l'accouchement.

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