SECT. VU. — OPÉR. SUR LES TISSUS APONÉVROTIQUE, ETC
se trouve appliquée que le lambeau qu’elle représente, semblant puiser une nouvelle force rétractile dans l’état de liberté qui vient de lui être fait se réduit à des proportions de plus en plus exiguës et devient tout h fait inutile pour le but qu’on se proposait. J’ai eu occasion de vérifier ces assertions sur un jeune sujet que j’ai soumis en 18ou à une opération trèsgrave pour cicatrices de brûlure et que j’ai traité, rue Oudinot.
Ce jeune garçon, âgé de 12 ans, fils d’un entrepreneur de constructions à Alger, portait deux énorm es cicatrices, l’une qui unissait la face interne du bras au thorax, l’autre qui faisait adhérer dans le sens de la flexion l’avant-bras avec le bras. C’est dans l’attitude vicieuse provoquée par ces cicatrices que s’étaient passées plusieurs années durant lesquelles le développement général de l’enfant avait marché, tandis que les parties enchaînées par la bride modulaire étaient restées atteintes d’une atrophie relative. Comme la bride qui unissait le bras à l’avant-bras était épaisse, j’avais fondé beaucoup d’espoir sur le dédoublement de cette bride, dédoublement que je comptais opérer par sa face profonde. Mais, lorsqu’après avoir détaché la bride de ses adhérences profondes au moyen d’un petit couteau à amputation, je voulus m’assurer des ressources autoplastiques quelle pouvait offrir, je reconnus qu’il y avait insuffisance complète et qu’il fallait obtenir une cicatrice nouvelle pour la plus grande partie des
surfaces qui venaient d’être dénudées.
La bride avait été détachée de haut en bas dans toute sa longueur en ne laissant intacte que sa portion supérieure ou brachiale.
Lorsque après cette section je me mis en devoir de faire l’extension complète du coude, la bride qui, avant d’être coupée, recouvrait la moitié inférieure du bras et une grande portion de la face antérieure de 1 avantbras, ne descendait plus, abandonnée à elle-même, qu’a 2 ou 3 centimètres au-dessous du pli du coude.
La partie antérieure de l'avant-bras se trouvait donc tres-largement dénudée, non-seulement par la brièveté subite du lambeau longitudinal complètement détaché, mais encore pour une autre cause qu il importe
de signaler à l’attention des chirurgiens.
On est assez porté à ne prendre garde dans ces sortes d opérations qu a la rétractilité de la bride inodulaire considérée en elle-meme. On ne se préoccupe pas assez de l’état de tension oit se trouve la peau saine sut tou le reste du membre. Il résulte de laque non-seulement le tissu cicatrice! se rétracte pour son propre compte, mais que le tégument sain seretçH également sur lui-même de telle sorte que l’étendue des surfaces denn-
dées se trouve pour ainsi dire doublée.
Chez le petit malade dont il s’agit la partie antérieure cique droi se présentait dépouillée de téguments dans une grande eten d„e que tandis que la bride cicatricielle s’était -tractce ^ s 1 sens longitudinal, l’élasticité de la peau avait reporté les deux levics