TITRE. IV. — SPINA-BIFIDA
monts n’était que médiocrement conlusc. L’enfant avait eu quelques vomissements; mais ils avaient bientôt cessé. 11 n’y avait aucun symptôme grave de réaction cérébrale ou générale. Traitement antiphlogistique et pansement simple.
A la levée du premier appareil, on vit avec étonnement que toutes les pièces de linge étaient imbibées non pas de pus ou de sang, mais d’un liquide clair, sans odeur et ne tachant pas. En examinant la plaie, on constata qu'il s’en écoulait une sérosité limpide. Cet écoulement continua d'être très-abondant pendant huit jours; il diminua ensuite progressivement et finit par cesser complètement. Dès lors les progrès de la cicatrisation furent rapides, et l’enfant fut guéri en peu de temps. Il y a maintenant deux ans qu’il a éprouvé cet heureux accident ; sa santé est bonne et sa tête a presque complètement repris ses proportions normales.
Le docteur Hofling termine en blâmant l’inaction que la plupart des chirurgiens apportent dans le traitement de l’hydrocéphalie chronique. La possibilité de guérir cette cruelle maladie par la paracentèse est établie, dit-il, par des faits authentiques assez nombreux. (Oppenheim, C'eber die Punktion des chron. innern WasserJcopfs, dans Rut’ s Magazin, Bd. XXIV, H., S. 34.)
Enfin Fauteur s’appuie sur son observation pour recommander de suivre ce précepte, qui prescrit de n’évacuer le liquide encéphalique que peu à peu, au moyen de ponctions successives pratiquées avec une aiguille ou un trocart d’un très-petit diamètre. ( Wochenschrift fur die Geschichêe, etc., 1837, n° 41.)
M. Brainard a combiné l’injection iodée avec la ponction,
TITRE IV
SPINA-BIFIDA
Traitement opératoire du spina-bifida ou hydrorachis.
Nous ne parlerons pas ici des divers modes de traitement qui ont été conseillés pour obtenir la guérison du spina-bifida, tels que la ligature, l’incision, l’excision, la compression, l’acupuncture. — Le mode opératoire qui nous paraît le meilleur en pareil cas, le seul que nous ayons pratiqué, c’est l’injection iodée.
Bans un travail spécial sur l’hydrorachis, travail publié dans les Annales de la chirurgie , M. Laborie a résumé les contre-indications de l’opération de la manière suivante :
Il faudra s’abstenir :
1° Quand l’enfant présente des vices de conformation multiples;
2" Quand la tumeur présente une base très-large, surtout verticalement .
3° Quand la peau qui revêt la tumeur est incomplètement formée ou quand elle est ulcérée ;
4° Quand la tumeur paraît très-sensible à la pression.
On possède un certain nombre d’exemples de guérison spontanée du spina-bifida. Cette considération ne doit jamais être perdue de vue pas plus à l’égard du pronostic qu’à l’égard du traitement, afin de ne pas considérer comme voués à une perte fatale tous les sujets atteints de spinabifida.
Le 8 mai 1834, j’ai vu chez madame Crainegie, rue de l’Oratoire, n. I, aux Champs-Elysées, une jeune fille de onze ans offrant des traces évidentes d’une hydrocéphalie et d’un spina-bifida. Malgré cette double maladie ou plutôt malgré cette double expression d’une même maladie, cette jeune fille s’était bien développée.
Elle avait reçu pendant les premières années de sa vie les soins du docteur Simpson qui donna plus tard le conseil de quitter l’Ecosse et de chercher sur le continent un climat favorable.
Je n’ai point encore appliqué le drainage à ce genre d’affection, mais j’ai employé avec succès l’injection iodée et j’ai présenté à l’appui de ce résultat un fait authentique, puisqu’il a subi l’examen et le contrôle de la Société de chirurgie. Voici l’observation.
Obs. — Exjdrorachis. — Injection iodée. — Guérison. — Le 26 mars 1831, j’ai présenté à la Société de chirurgie un enfant âgé de 3 mois, présentant à la partie inférieure de la colonne vertébrale les traces d’un hydrorachis guéri par les injections iodées.
Cet enfant fut porté à l’hôpital au mois de janvier 1851. Déjà il avait été soumis à l’examen de M. Paul Dubois, qui devait tenter quelque chose pour sa guérison, mais qui avait été arrêté par la difficulté de donner à cet enfant une nourrice convenable.
Quand je vis le petit malade, il était chétif. La tumeur qu’il portait à la partie inférieure de la colonne vertébrale avait le volume d’un œuf à grand diamètre vertical; la peau était amincie, transparente. On sentait une fluctuation évidente ; la pression ne diminuait pas le volume de la tumeur ; lesjcris de l’enfant donnaient au contraire à la poche une certaine tension. Des mouvements convulsifs se produisaient quand on comprimait la tumeur.
Craignant une rupture prochaine, je me décidai à faire une injection iodée le 14 janvier 1831. Deux cuillerées deliquide citrin furent évacuées de la poche formée par l’hvdrorachis et une injection à parties égales de teinture d’iode et d’eau fut faite dans la tumeur, le pouce d’un aide étant préalablement placé sur le pédicule de la tumeur afin de prévenir toute pénétration de l’injection dans le rachis. Après cette opération, des bandelettes de diachylum furent appliquées sur le siège du mal.
Pendant environ six semaines, la tumeur resta à peu près avec son volume primitif. L’injection paraissait avoir échoué, quand la tumeur se mil enfin à revenir sur elle-même et à disparaître.