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CHAPITRE II. — MALADIES DE L’ORBITE

Si le cancer a débuté par le périoste ou le tissu osseux, il faut avec la rugine enlever les parties suspectes; le fer rouge ne peut guère être employé à cause du voisinage du cerveau.

Dans un cas de tumeur squirrheuse intrà-orbitairc rapporté par Mackensie, voici l’opération à laquelle on eut recours :

On divisa la commissure externe des paupières et l’on traversa le globe de l’œil au moyen d’une aiguille courbe armée d’un fil résistant. On sépara alors les paupières par dissection ; puis, après avoir divisé verticalement la paupière supérieure à l’union de ses deux tiers externes avec son tiers interne, on détacha et l’on parvint à extraire la tumeur, le globe de l'œil compris. L’union de la tumeur avec le périoste de l’orbite paraissait formée par une substance ferme entièrement carcinomateuse. En essayant d’enlever ce qui restait attaché aux parois de l’orbite, on ouvrit l’artère ophthalmique qui fournit beaucoup de sang, et le malade s’évanouit. Les paupières, dans presque toute leur étendue, étaient atteintes par la dégénérescence cancéreuse ; on les enleva. On bourra l’orbite avec de la charpie sèche, qu’on recouvrit avec une compresse maintenue par une bande. — Les parties restantes des paupières se rapprochèrent promptement et le malade sortit de l’hôpital un mois après.

Quand l’extraction complète du glohe oculaire est rendue nécessaire par la présence d’une tumeur de l’orbite, voici comment on y procède :

On coupe d’abord le muscle droit interne, puis, introduisant des ciseaux par la plaie, les faisant pénétrer entre la sclérotique d’une part et le fascia sous-conjonctival et les muscles de l’œil, on coupe les muscles droits près de leur insertion, puis les deux obliques; enfin on termine parla section du nerf optique.

Anévrismes et tumeurs érectiles île l’orbite.

Un seul mode de traitement chirurgical est applicable à ces sortes de tumeurs, c’est la ligature de l’artère carotide primitive du côté correspondant.

Pratiquée pour la première fois et avec succès par Travers, elle a été faite depuis par Dalrymple, Roux, MM. Jobert et Lenoir. Dans le cas cité par Lenoir, la tumeur avait fait de grands progrès du côté de la face ; elle s’accompagnait en outre de complications qui ont rendu infructueuse la ligature de la carotide primitive ; mais dans des circonstances moins graves on a obtenu quelques résultats satisfaisants.

L’extirpation qui a été pratiquée par Dupuytren et par M. Dieulafoy, de Toulouse, n’est applicable qu’à quelques cas particuliers dans lesquels l’instrument tranchant suffit pour enlever totalement le mal, tout en ménageant le globe oculaire. Toutefois il faut se rappeler que l’hémorrhagie abondante qui survient nécessairement peut rendre très-difficilq la manœuvre opératoire et même compromettre la vie du malade.

Tumeurs osseuses «le l’orbite.

On a enlevé dans un certain nombre de cas des tumeurs osseuses de l’orbite. Travers a fait l’ablation d’une périostose située au côté nasal de l’orbite $n ruginant l’os.

On a enlevé une exostose de la voûte orbitaire sur une femme de 20 à 30 ans entrée au Royal Westminster ophthalmic Hospital. Il y avait exophthalmie, absence de douleur, la vision était parfaite. Le bord de l’orbite était épaissi et une tumeur dure, en continuité avec lui, s’enfonçait en bas et profondément en arrière dans l’orbite, de façon à comprimer l’œil à sa partie supérieure et postérieure.

Après avoir chloroformisé le malade, l’opérateur pratiqua immédiatement au dessous du sourcil, une incision étendue de l’apophyse externe du frontal à son apophyse interne. La peau, le muscle orbiculaire et le fascia palpébral incisés, il continua la dissection dans l’intérieur de l’orbite autour de la tumeur, afin de la bien séparer des parties molles voisines. Il fit aloi’s agir un petit ciseau sur les portions accessibles de la base de la tumeur, qu’il détacha peu à peu de la voûte orbitaire et qu’il parvint à extraire de sa position entre la partie supérieure et la partie latérale interne de l’œil. Guérison au bout de huit jours.

M. Ilaynes Walton a pratiqué une opération analogue sur un charretier âgé de 40 ans, entré dans son service à Sainte-Mary’s Hospital pour une exostose naissant du bord supérieur de l’orbite, et qui avait chassé l’œil hors de cette cavité en détruisant la vision.

Le malade étant endormi au chloroforme, le chirurgien fit suivant la ligne du sourcil préalablement rasé une incision aussi longue que le bord supérieur de la tumeur. — Une seconde incision fut abaissée de l’extrémité interne de la première sur la racine du nez et une troisième partant de l’extrémité externe et descendant un peu au dessous de l’angle externe de la paupière. Il disséqua ce lambeau ainsi formé jusqu’à ce qu’il eût mis à découvert l’extrémité inférieure de la tumeur, insinua une scie étroite entre elle et le globe de l’œil, puis scia de bas en haut en s’efforçant de suivre la courbe naturelle du sourcil. On rapprocha les téguments, la réunion eut lieu par première intention, excepté à la partie moyenne d’où il s’échappa pendant deux mois un pus de bonne nature ; l’œil reprit sa position normale, la vue se rétablit et le malade guérit. A côté de ces succès on pourrait citer des ca*s assez nombreux dans lesquels on dut abandonner l’opération après l’avoir commencée, soit en raison de l'état d’éburnation de la tumeur osseuse, soit par suite des difficultés insurmontables que présentait la manœuvre opératoire.

Dans les cas d’ostéosarcomc de l’orbite, l’opération est toujours contreindiquée. Le docteur Schott ( Dublin Hospital Reports, t. IV, p. 554) ayant

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