‹ Traité clinique et practique des opérations chirurgicales, ou, Traité de thérapeutique chirurgicaleChapitre 90 sur 256 · CHAPITRE II. — MALADIES DE L’ORBITE · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — MALADIES DE L’ORBITE

opéré clans un cas où l’œil était chassé de l’orbite par un ostéosarcome qui avait rempli cette cavité, le malade mourut au bout de deux heures.

Dans les cas de kystes des parois de l’orbite, il faut ouvrir largement la coque osseuse qui les recouvre et extirper complètement le kyste.

Pour l’ablation des exostoses qui siègent à la partie externe et supérieure de l’orbite, voici le procédé que j’ai imaginé et que je proposai à la Société de chirurgie, séance du 21 mai -184-5) à l’occasion d’une malade qui fut présentée ce même jour à mes collègues.

J’attache quelque importance à ce procédé, parce qu’il est pour moi l’origine de ce que j’ai constamment décrit dans mes cours, sous le nom de procédé sous-perforant de résection par térébration. ( Voy . t. I, p. 612.) Ce procédé consiste à perforer les os pour y placer la scie à chaîne et pour diriger des coupes de la profondeur vers la surface.

Fendre la paupière supérieure verticalement sur son milieu, la renverser sur le côté externe, dégarnir l’apophyse orbitaire externe et perforer à la partie la plus antérieure de la fosse temporale, la paroi externe de la cavité orbitaire, faire pénétrer la scie à chaîne et sectionner l’os d’abord dans la direction oblique en dedans de manière à ébarber le sinus frontal : détacher ainsi par cette première coupe l’implantation de l’exostose, puis retourner la chaîne contre la région temporale, tels sont les détails de l’opération.

Extirpation «lu glolic de l’oeil.

Deux modes opératoires ont été proposés pour cette opération. — L’un est le procédé ordinaire, l’autre le procédé de Bonnet, de Lyon.

Procédé ordinaire. — On fixe le globe de l’œil avec une érigne. Pour implanter l’érigne, il faut l’enfoncer d’avant en arrière aussi profondément que possible, puis par un mouvement brusque porter la pointe de ses crochets en dehors. L’œil étant ainsi fixé, on prolonge l’angle palpébral externe par une incision faite avec le bistouri. Les paupières sont ensuite séparées du globe de l’œil, renversées en dehors et retenues à l’aide de crochets mousses ou de pinces à disséquer que l’on confie à des aides. Un bistouri court de lame afin qu’il ne puisse pas atteindre à une grande profondeur, est plongé alors dans l’angle orbitaire interne, le long de l’ethmoïde jusqu’auprès du trou optique et promené de dedans en dehors sur toute la demi-circonférence inférieure de l’orbite pour en détacher les

parties molles. On agit de même pour la demi-circonférence supérieure, de manière que les deux incisions viennent se réunir au côté externe. 11 ne reste plus alors à sectionner qu’un pédicule formé par le nerf optique et quelques attaches musculaires. Les ciseaux courbes doivent être préférés au couteau pour exécuter cette section. On les glisse le long de la paroi externe à l’endroit où cette paroi s’unit avec la paroi inférieure de l’orbite. Four l’introduction des ciseaux, il faut en appuyer fortement le plat contre

3S4 TITRE IV. — OPÉRATIONS SUR LES TUTAM1NA OCULl.

le bord externe de l’orbite jusqu’à ce que l’on ait rencontré une paroi osseuse, c’est la paroi interne, les ciseaux étant toujours au degré d’ouverture le plus grand que puisse permettre la cavité de l’orbite.

Au lieu d’inciserjchaque demi-circonférence l’une après l’autre, on pourrait contourner l’œil d’un seul trait. Pour le côté droit, on commencerait à la paupière supérieure ; pour le côté gauche, à la paupière inférieure.

Lorsqu’on juge nécessaire d’enlever la glande lacrymale, il faut avoir soin, au moment où l’on implante l’érigne, d’imprimer à celle-ci un léger mouvement de rotation afin de ne pas blesser avec les crochets la paroi externe de l’orbite.

Après l’opération, on panse avec des boulettes de charpie enduites de eérat, que l’on introduit dans la cavité orbitaire. Une compresse maintenue par quelques tours de bande complète le pansement.

Procédé de Bonnet , de Lyon. — On coupe le muscle droit interne suivant le mode indiqué dans l’opération du strabisme, puis à l’aide de ciseaux introduits par la plaie on détache circulairement les autres muscles droits, l’aponévrose et en dernier lieu les muscles obliques et le nerf optique. On énuclée ainsi le globe oculaire de sa capsule fibreuse que l’on conserve aussi intacte que possible.

Blépharoplastie.

J’ai fait nombre de fois ce genre d’opérations pour des ectropions, des brûlures, des suites d’ablations de cancer. Je vais rapporter quelques-uns des faits que j’ai observés.

Je rappellerai en quelques mots le procédé le plus généralement employé dans le cas d’ectropion, c'est celui qui consiste à faire l’ablation d’un triangle cutané dont la base répond au bord libre de la paupière et dont on rapproche les deux lèvres.

Je présentai à la Société de chirurgie, dans sa séance du 1A août 1850, un vieillard à qui j’avais pratiqué une restauration de la paupière inférieure droite.

Voici le sommaire de cette observation :

Ob5. — Ulcération cancéreuse de la paupière droite. — Emploi préventif (le l’ulcoolature d’aconit. — Ablation de la totalité de la paupièré malade et application sur la plaie résultant de la perte de substance, d’un lambeau emprunté à la région temporale correspondante. — Érysipèle consécutif. Récidive du cancer dans le grand angle de l’œil. Nouvelle ablation du cancer. — Nouvel érysipèle à la face. — Guérison.

On a pu remarquer, chez ce malade, une tendance bien prononcée à l’érysipèle de la face, puisque, après les deux opérations, cet accident s’est deux fois reproduit. Mais, chose remarquable, ce n est ni pendant les premières périodes qui ont suivi l’opération ni tant qu’a duré le pansement

Page 1