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CHAPITRE II. — MALADIES DE L'ORBITE

par occlusion aux bandelettes, que l’affection érysipélateuse est apparue, c'est lorsque, dans les deux cas, la cicatrisation était complète, et lorsque, dans l’un comme dans l’autre, aucune application de sparadrap n’avait plus lieu depuis un certain temps. Assurément si l’application du sparadrap était une cause d’érysipèle, il ne pourrait manquer de paraître extraordinaire que cette affection ait choisi précisément pour se montrer, le moment où, depuis longtemps, il n’y avait pas eu bi moindre application de ce topique. Ce sont des faits de ce genre, et ils ne laissent pas que d’avoir été nombreux, qui m’ont donné la confiance d’avancer, à l’encontre des idées reçues, cette sorte de paradoxe, que le sparadrap de diachylum est plutôt propre à prévenir l’érysipèle qu'à en favoriser la formation.

Blépharoplastie oblitérante de la cavité orbitaire.

L’autoplastie, qui a pour objet de procurer la clôture de l’orbite à sa partie antérieure, peut rendre un service réel comme moyen de prévenir la difformité hideuse qui succède à l’ablation de l’œil cancéreux. C’est dans un cas de ce genre que j’ai obtenu, par le décollement de toute la zone palpébrale externe, l’oblitération complète de l’orbite chez un malade qui avait perdu le tiers interne des paupières.

L’oblitération de l’orbite dans les cas de ce genre n’a pas seulement pour effet de prévenir une difformité trop choquante, elle a pour résultat de prévenir les irritations incessantes qui se produisent sous l’influence de mille causes diverses, dans l’espèce d’hiatus que laisse l’écartement des paupières après l’ablation du globe de l’œil avec ses dépendances intraorbitaires.

L’emploi de l’œil artificiel en émail n’est pas applicable à ce genre de difformité qui succède à l’ablation du globe de l’œil, puisque la configuration et le mécanisme de l’œil artificiel supposent un moignon oculaire plus ou moins volumineux, et sur lequel les muscles ont conservé leurs attaches. Mais quand globe et muscles sont détruits, la prothèse n’est plus possible, c’est à l’autoplastie qu’il faut demander, non pas l’absence de difformité, cela est impossible, mais l’atténuation de cette difformité.

Pour obtenir l’oblitération de l’orbite, dans le cas dont nous parlons, et lorsqu'il y a destruction partielle des paupières, plusieurs conditions sont nécessaires à la réussite de l’opération. Voifci celles que nous avons réunies chez le malade qui fait le sujet de l’observation suivante :

1° Décollement de la zone palpébrale dans toute la partie latérale externe de l’orbite ;

} Destruction des rebords ciliaires, suivie de suture, pour déterminer 1 adhésion mutuelle des bords palpébraux ;

3° Existence d’une ouverture ménagée ù la partie interne de l’orbite entre cette cavité et les fosses nasales. Cette dernière condition n’est peut-

être pas de rigueur absolue, mais nous ne pouvons croire qu’elle n’ait pas été pour beaucoup dans l’exactitude frappante de l’oblitération que nous avons obtenue, et voici comment nous apprécions le côté utile de cette communication orbito-nasale.

On conçoit que quand l’orbite est complètement vidé, les paupières, quelque bien conservées qu’elles soient, ne peuvent former à la partie antérieure de cette cavité un voile sous-tendu, complètement clos, car il y aurait, derrière ce voile, un espace qui offrirait le vide absolu, si l’oblitération produite par les paupières était complète. Gela est impossible. Aussi, dans les conditions ordinaires, le voile palpébral tend inévitablement, soit à se déprimer dans l’orbite, soit à laisser un hiatus plus ou moins profond, ouvert à la partie antérieure, entre, les deux paupières. Que si par l’existence d’une ouverture orbito-nasale, en arrière du voile formé par l’adhésion bipalpébrale, l’air des fosses nasales peut venir occuper l’espace vide qui tend à se former derrière les paupières fermées et réunies, on conçoit la possibilité d’une oblitération complète à la partie antérieure. C’est ce qui a eu lieu chez notre malade.

Obs. — Cancer de l'œil envahissant la partie interne de l’orbite et l'os planum. — Autoplastie pour l’oblitération de l’orbite. — Vie (Hippolyte), 50 ans, entre à Saint-Antoine le 24 juin 1850.

A 13 ans, coup sur l’œil par suite de l’éclat d’une batterie de fusil.

A 32 ans, formation d’une croûte à l’angle interne de l’œil gauche. Cautérisations sur l’angle interne de l’œil, puis introduction d’une canule dans le canal nasal. Extraction de la canule au bout de trois ans; cicatrisation consécutive de la plaie ; mais épiphora et sécheresse de la narine pendant trois ou quatre ans.

Depuis un an, douleurs à l’angle interne de l’œil, rougeur et boursouflement de la caroncule lacrymale, hémorrhagie à l’angle interne de l’œil, douleurs périorbitaires, puis rétrécissement des paupières, atrophie du globe oculaire.

Enfin, il y a trois mois, ulcération profonde au côté interne de l’œil, abolition de la vision.

Aujourd’hui 24 juin, ulcération facilement saignante, à bords durs et calleux qui a détruit les tissus jusqu’à une profondeur de 3 centimètres, en pénétrant dans l’orbite. État fongueux du globe de l’œil atrophié et ulcéré.

Opération le 29 juin. — Incision de la commissure palpébrale externe ; dissection des paupières au delà du pourtour de 1 orbite; incision curviligne à concavité en dehors circonscrivant la partie malade, ablation du globe de l’œil et de la portion orbitaire de l’ethmoïde qui est aussi altéré; avivement et suture des bords libres des paupières.

Pas d’accidents consécutifs; grâce au décollement de la zone palpébrale vers ■ le pourtour externe de l’orbite, grâce aussi à la libre communication de 1 oi bile avec les cavités nasales, il y a eu oblitération de la cavité orbitaire.

L’adhérence chirurgicale des paupières, dans le but de masquer le glob(

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