‹ Traité clinique et pratique de la phthisie pulmonaire [electronic resource]Chapitre 101 sur 113 · TRAITEMENT DES SYMPTOMES · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DES SYMPTOMES

supportés. Rohden recommande tout particulièrement le phosphate de chaux dissous dans de l'acide chlorhydrique et attribue à cette préparation une action reconstituante toute particulière.

Le tartre stibié à petite dose, quelquefois même comme vomitif, a été vanté par des auteurs recommandables, mais à une époque où les erreurs de diagnostic étaient souvent difficiles à éviter. Un de mes collègues du canton de Vaud, très versé dans l'examen de la poitrine, est encore aujourd'hui partisan de l'usage prolongé de l'émétique à 3 ou 5 centigr. par jour. Mais je n'en ai point observé de bons effets.

Les cautères établis avec la pâte de Vienne, ou au moyen de l'appareil galvano-caustique, ou avec le galvano-cautère sont rarement employés aujourd'hui. Cependant leur emploi répété peut rendre de bons services dans le voisinage d'une tuberculose strictement localisée et restant telle pendant longtemps. Les beau sexe s'y refuse souvent : on peut alors les placer, d'après le conseil de Gueneau de Mussy, dans la région sous axillaire, où la cicatrice sera cachée par le bras.

J'ai trouvé quelquefois utiles des cautères multipliés faits avec la pâte de Vienne; ils sont sans inconvénients et ne méritent pas l'oubli complet dans lequel ils tendent à tomber. Les autres révulsifs trouvent plutôt une indication contre des symptômes comme il en sera bientôt question.

Traitement des principaux symptômes de la tuberculose pulmonaire chronique. De l'hémoptysie et des hêmorrhagies pulmonaires.

Le traitement symptomatique peut donner beaucoup de soulagement aux malades et il peut ainsi contribuer à favoriser indirectement l'amélioration et l'état stationnaire delà maladie. Passons en revue la thérapeutique des symptômes les plus essentiels.

La toux est pour beau coup de malades fort incommode, poulies uns d'une manière passagère, pour les autres pendant toute la durée de la maladie, opiniâtreté qui alors inquiètebeaucoup les malades. 11 taut distinguer la toux du jour, des 24 heures, et celle qui existe surtout pendant la nuit. Souvent aussi la toux est habituellement nocturne et augmente de temps en temps, au point d'être forte pendant le jour également. Dans ces cas je fais dissoudre 0§f ,06 d'extrait d'opium dans 120 gr. d'eau, avecSO de sirop de framboises, potion dont les malades prennent quatre à cinq fois par jour une cuillerée à soupe. L'opium en général est le souverain remède contre cette toux, mais il faut en user sobrement et en suspendre l'usage dès que la toux n'est plus gênante et incommode. Il a pour inconvénient de ralentir la digestion et de favoriser la constipation.

Dans les cas de toux continue, je fais souvent prendre aussi trois à quatre fois par jour une pilule de 0*',05 de muriate de quinine avec autant d'extrait do gentiane ou de quassiaet 0^,01 d'extrait thébaïque. Lorsque la toux est surtout incommodela nuit, les malades prennent 1 à 2 de ces pilules une heure avant de se coucher, ou en se couchant. Souvent jeleur prescris aussi pour la nuit 6 gouttes de laudanum, ou 0^,008 à 0^,010 de chlorhydrate de morphine, ou une poudre de 0°',005 de ce sel de morphine avec 0=--, 03 de codéine, calmant très doux et généralement bien supporté. Les gouttes noires de Lancaster (black drops), à la dose de G à 10 le soir, sont aussi un calmant très doux. La teinture d'opium benzoïque, deux parties pour une delaudanum, est agréable et bonne pour quelques malades qui, selon la continuité de la toux, en prennent trois fois par jour 15 gouttes mesurées avec un compte-gouttes, ou 15 à 20 gouttes seulementle soir. Pour les malades qui doivent, prendre pendant longtemps l'opium, il est essentiel de varier les préparations; une fort

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