‹ Traité clinique et pratique de la phthisie pulmonaire [electronic resource]Chapitre 37 sur 113 · TUBERCULOSE DES GANGLIONS LYMPHATIQUES · texte numérisé non relu

TUBERCULOSE DES GANGLIONS LYMPHATIQUES

sternum ou entre les épaules, quelquefois dans tout l'espace interscapulaire.

Ces divers phénomènes consécutifs à la compression des vaisseaux, des nerfs, des bronches, du tissu pulmonaire, peuvent coexister tous ensemble dans des cas typiques. Le plus souvent l'un ou l'autre groupe prédomine. Il est probable que les ganglions malades varient de volume par l'afflux exagéré ou diminué du sang. Quoi qu'il en soit, il est remarquable d'observer une certaine irrégularité, une véritable intermittence môme dans ces phénomènes tenant à une cause pourtant constante, mais variable d'intensité. Même l'œdème et la cyanose de la face peuvent disparaître après avoir existé pendant quelque temps et revenir avec plus d'intensité puis rester permanents jusqu'à la fin. Il en est de même du timbre de la voix et de la toux, et l'irrégularité, l'intermittence du caractère convulsif et sifflant de la toux sert à établir le diagnostic avec la coqueluche. Les accès asthmatiques, si désagréables, parfois inquiétants même, sont sujets à la même variabilité.

Les phénomènes acoustiques peuvent varier à leur tour, ce qui, pour un observateur attentif, est un fait d'une grande valeur. Là où aujourd'hui on a perçu distinctement la respiration bronchique, on peut n'entendre demain qu'une respiration rude avec expiration prolongée. La résonnance peut varier aussi à son tour. Outre l'irrégularité, il faut encore signaler la possibilité de la disparition complète des divers phénomènes de compression, lorsque des ganglions volumineux infiltrés se sont ramollis et ont versé une bonne partie de leur contenu dans l'intérieur d'une bronche.

Cette perforation d'un organe voisin est loin d'avoir toujours cette bénignité. Le ganglion ou le paquet de ganglions ramollis, suppurés, peut s'ouvrir à la fois dans une bronche et

TUBERCULOSE DES GANGLIONS MÉSENTÉRIQUES. 191 dans la plèvre et amener un pneumothorax. La perforation d'une branche de l'artère pulmonaire peut conduire à une pneumorrhagie mortelle ou à une hémorrhagie interne également fatale. Dans d'autres cas, il s'établit une communication entre l'œsophage et une bronche. Pendant la déglutition, des aliments peuvent alors entrer dans les voies respiratoires, exciter la toux et être rendus par l'expectoration. Deux fois j'ai observé la perforation de ganglions bronchiques suppuré s dans le péricarde. Une péricardite très-aiguë, mortelle en quelques jours, en a été la conséquence.

Ces divers groupes de symptômes peuvent manquer ou être peu prononcés; mais, au total, la tuberculose essentielle ou prédominante des glanglions bronchiques offre un des types des plus saillants de tout ce groupe de maladies.

La marche, la durée, la terminaison, sont les mêmes que pour la phthisie pulmonaire, mais le mal peut rester beaucoup plus longtemps latent et guérir lorsqu'il n'est pas trop étendu. Toutefois, des engorgements volumineux ne guérissent guère, au moins n'en a-t-on pas la preuve anatomique. Quant à la marche de la maladie bien caractérisée, elle est beaucoup plus variable, relativement à son intensité et aux souffrances qu'elle provoque, que la tuberculose pulmonaire ordinaire. La gravité des perforations dans la plèvre, dans l'artère pulmonaire, dans le péricarde, la possibilité d'une mort subite ou rapide, constituent aussi des particularités de la marche de cette affection. Les symptômes de marasme, de fièvre hectique, d'épuisement de la période terminale sont les mêmes.

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