TUBERCULOSE DES GANGLIONS MÉSENTÉRIQUES
môme manquer, lorsque la situation des nombreux ganglions malades est assez profonde pour que la palpation ne puisse pas déterminer leur existence. Le météorisme et la saillie du ventre sont plus fréquents et plus prononcés chez les enfants rachitiques. — On sent mieux les gros paquets de ganglions lymphatiques rétropéritonéaux dans le bas-ventre, en dedans de la crête iliaque, et leur tuberculisation fait le plus souvent soupçonner celle des ganglions mésentériques. Lorsque ceux-ci forment exceptionnellement des masses compactes plus volumineuses, c'est dans la profondeur, au niveau de l'ombilic, qu'on les sent plus ou moins distinctement. Dans d'autres cas, on perçoit dans cette région, surtout chez des enfants très-maigres, un certain nombre de petites tumeurs dues à l'engorgement glanglionnaire disséminé. Le ventre est rarement douloureux à la pression. Les troubles des fonctions digestives ne peuvent pas être rapportés à cette altération. On a fait ressortir dans le temps la voracité de ces enfants, mais c'est la encore une étrange exagération, contraire àcette règle générale, que chez les enfants phthisiques l'appétit diminue le plus souvent d'une manière progressive. La diarrhée, si fréquente en pareil cas, est due au catarrhe et aux ulcères des intestins, maladies qui provoquent plutôt consécutivement l'engorgement et l'infiltration des ganglions mésentériques. Les phénomènes de compression, si remarquables dans la tuberculose primitive et dominante des glandes bronchiques, manque le plus souvent, et l'on est surtout étonné de constater l'absence de symptômes nerveux, de névralgies, etc., à la suite de compressions. Quelquefois cependant la dilatation des veines des parois de l'abdomen peut provenir delà compression exercée par des ganglions mésentériques multiples et infiltrés sur les branches veineuses intra-abdominales. Toutefois cette dilatation veineuse est due plus souvent encore à
LEBERT
191 LYMPHADÉN1TE TUBERCULEUSE SUPERFICIELLE, la tuberculisation étendue de l' épiploon et du mésentère, sans que les ganglions lymphatiques y participent. L'anasarque et l'ascite ne sont que très-rarement et à un léger degré la suite de cette tuberculose ganglionnaire.
Il ne s'agit donc pas d'une maladie particulière, mais d'une complication de la phthisie qui passe souvent inaperçue et qui, même lorsque les tumeurs ganglionnaires sont sensibles à la palpation et gênent un peu la circulation veineuse, ne constitue cependant qu'un épiphénomène sans grande importance; elle est consécutive à la maladie générale et surtout à la phthisie pulmonaire.
TU De la tuberculose essentielle et primitive des ganglions lymphatiques superficiels; de la lymphadénite tuberculeuse superficielle.
Nous arrivons ici à l'un des chapitres des plus importants de cet ouvrage. L'ancienne doctrine, d'après laquelle cette maladie tuberculeuse était le type de la scrofule, compte encore beaucoup de partisans et elle a trouvé un puissant appui dans Virchow.
On ne saurait cependant séparer la tuberculose des ganglions lymphatiques superficiels de celle des ganglions des grandes cavités du corps. Pour les ganglions superficiels, il est démontré aujourd'hui, comme pour tous les ganglions lymphatiques, que le tubercule y suit la même évolution qu'ailleurs : irritation du réticulum, formation de granulations miliaircs composées de petites cellules en grande partie déformées et sans noyaux, de cellules géantes et de cellules épithélioïdes. Il est facile de suivre entièrement le passage de la granulation même microiniliaire au petit foyer d'infiltration jaune et sèche,