‹ Traité clinique et pratique de la phthisie pulmonaire [electronic resource]Chapitre 44 sur 113 · TUBERCULEUSE DES VOIES URINAIR.ES · texte numérisé non relu

TUBERCULEUSE DES VOIES URINAIR.ES

que celle des uretères, et qae des excavations tuberculeuses se

creusent dans le parenchyme des reins.

Il n'est pas rare que le début soit marqué par une hémorrhagïe rénale plus ou moins abondante; quelquefois le sangest rendu avec les urines, lorsque les signes de la pyélite ou de la népbro-pyélite se sont déjà manifestés. Ce début est analogue à la pneumorrhagie dans la phthisie pulmonaire. Il est rare que de fortes hémorrhagies se renouvellent, tandis qu'on trouve souvent un peu de sang mêlé aux urines.

Des douleurs de l'une ou des deux régions lombaires surviennent de bonne heure et sont augmentées par la pression et les mouvements. Le plus souvent elles ne sont bien prononcées que d'un côté. Si dans quelques cas elles sont très-supportables, dans d'autres elles sont vives, fréquentes et s'irradient au loin tout autour.

Les modifications de l'urine sont considérables. Ce liquide est rendu presque clair, ou déjà trouble; il est acide, quelquefois neutre, et devient alcalin lorsqu'il existe en même temps du catarrhe ou une affection tuberculeuse dans la vessie. A l'état de repos, l'urine laisse déposer un sédiment épais, jaunâtre, muco-purulent, ou même purulent, avec beaucoup de grumeaux jaunâtres. Au microscope, on y constate l'existence de cellules de pus, d'épithélium, et dans les grumeaux d'origine tuberculeuse un détritus granuleux, avec quelques cellules incomplètes et méconnaissables. Cependant des morceaux plus volumineux peuvent encore offrir la structure tuberculeuse. Le sédiment est souvent bordé d'un anneau rouge plus ou moins régulier formé de sang; d'autres fois le sang y est irrégulièrement réparti et donne au sédiment une coloration jaune ro'ugeâtre. Je n'ai trouve de cylindres d'exsudation et d'albumine en certaine quantité dans le liquide filtré que

TUBERCULOSE ESSENTIELLE DES REINS. 209 lorsque la néphrite parenchymateuse, ou maladie de Brighl, existait comme complication.

La quantité de l'urine ne diffère pas beaucoup de ce qu'elle est à l'état normal. Son poids spécifique diminue, car à mesure que la dégénérescence rénale s'étend, les sels qu'on trouve dans l'urine, les urates, les phosphates, les chlorures sont excrétés en quantité de plus en plus faible. Lorsque la vessie est malade en même temps, les malades souffrent de dysurie, d'ischurie, de strangurie; quelques malades se plaignent de démangeaisons et de picotements dans le méaturinaire. Lorsque la tuberculose réno-uretérale est considérable, on peut voir un noyau tuberculeux boucher presque entièrement l'orifice de l'un des uretères; des incrustations calculeuscs surajoutées peuvent contribuer à cette oblitération; on voit alors apparaître les signes physiques d'une hydronéphrose de plus en plus considérable. On sent une tumeur dans la région lombaire ou dans le côté correspondant de l'abdomen, avec ou sans fluctuation.

Cet état donne déjà lieu par lui-même à une altération de la santé générale, à une fièvre habituelle, à des troubles croissants de l'appétit et de la digestion. Mais l'état hectique, le marasme considérable sont dus plutôt à l'extension de la tuberculose ou à sa coexistence dans d'autres organes, à la phthisie pulmonaire consécutive ou concomitante, aux ulcères qui se sont développés dans les intestins. Aussi, les malades meurent-ils épuisés et dans le dernier degré du marasme, comme les autres phthisiques, à moins qu'une maladie aiguë intercurrente ne termine plus vite leurs souffrances. Chez l'homme il n'est pas très-rare d'observer en même temps la tuberculose des testicules.

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