L'ATMOSPHÈRE DES CHAMBRES
peuvent aggraver la marche de la maladie, tandis qu'une vie tranquille, autant que possible exempte d'émotions inutiles, fait partie intégrante d'une bonne et salutaire hygiène.
Vers la fin de la maladie, beaucoup de malades de la classe aisée font encore de grands projets de voyage; il faut ajourner ces projets sans les refuser brusquement, les permettre en perspective, dès que le malade sera un peu mieux, que le temps sera un peu plus favorable, etc. Mais il faut s'opposer à leur exécution de la façon la plus sérieuse, vis-à-vis de la famille et de l'entourage. Rien de plus désolant que de voir mourir les malades en route ou peu de temps après leur arrivée dans la station climatérique.
De l'atmosphère factice et médicamenteuse dans les chambres des malades.
Laennec, exagérant l'utilité du climat marin et son immunité contre la phthisie, surtout sur la Côte méridionale de la Bretagne, où il dit que de six phthisiques, qu'il y a vus, trois ont guéri, a eu l'ingénieuse idée d'établir une atmosphère marine dans une salle d'hôpital destinée aux phthisiques. Il y a fait placer une quantité considérable de varechs, de fucus des bords de la mer (Fucus vesiculosus) . Il dit qu'il y a traité douze phthisiques, chez lesquels la maladie est restée stationnaire ; chez quelques-uns la fièvre hectique et l'amaigrissement ont même diminué. 9 de ces malades, se croyant guéris, ont voulu quitter l'hôpital; de ces 9, un seul, ajoute Laennec, donnait l'espoir d'une guérison. Le varech manqua au printemps et c'est alors que les trois malades qui étaient restés eurent une aggravation de la maladie et moururent peu de temps après.
J'ai à coup sûr une grande vénération pour Laennec, mais ce
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m TRAITEMENT DE LA TUBERCULOSE,
récit m'a toujours paru plein d'exagération et ces faits, mentionnés sans détails, n'ont par cela môme point de valeur et ne donnent aucune conviction. Les enthousiastes, sans attacher d'importance à l'éloge donné au varech, dont l'action salutaire n'a jamais été confirmée, attribuent à Laennec le grand mérite « d'avoir devancé, par la prévision de son génie, la découverte de l'iode, en employant le varech qui en contient ». Voilà qui est un peu fort. Mais écoulons avant tout le cousin de Laennec, Meriadec Laennec, qui dit, dans une note ajoutée à la remarque de Laennec sur la rareté de la phthisie aux bords de la mer et sur l'utilité du varech (Traité de V auscultation , t. II, p. 45, note), que cette rareté lui paraît inadmissible, qu'au contraire la phthisie est fréquente et pernicieuse sur beaucoup de côtes. Il regarde l'emploi du varech comme une idée malheureuse, et il croit que le succès apparent n'était dû qu'au ralentissement de la phthisie dans un certain nombre de cas, pendant l'hiver et' l'été, tandis que le printemps et l'automne sont des saisons plus particulièrement défavorables. Quoi qu'il en soit de l'explication de Meriadec Laennec, l'idée du grand réformateur de l'examen physique de la poitrine n'a plus aujourd'hui qu'un intérêt historique.
J'ai vu chez Louis une petite salle destinée aux phthisiques, pour le traitement du Dr Turck de Plombières par les vapeurs ammoniacales. Succès nul. J'ai établi à Zurich en 1856, dans une de mes salles, l'inhalation de vapeurs de chlorhydrate d'ammoniaque, répétée plusieurs fois par jour, pendant un temps prolongé. Pas un phthisique ne m'a offert une amélioration qu'avec la meilleure volonté on eût pu attribuer aux vapeurs du sel ammoniacal. Les vapeurs goudronnées n'ont pas plus d'action sur la phthisie. Ne gâtez donc pas la bonne action de l'air pur dans les chambres des phthisiques, bénéfice que le