LES STATIONS CL1MATÉRIQUES D'ÉTÉ
utiles, malgré le petit-lait. Aussi oi-je depuis longtemps proposé d'en faire des stations pour des cures de lait, ce qui se fait, en effet, peu à peu. Toutes les stations d'hiver, de printemps et d'automne, en Suisse, ont aussi dans leur proche voisinage des stations de montagne fort bien disposées pour un séjour d'été. Montreux possède en Glion et Avants, à 900, 1000 mètres d'élévation, des localités uniques pour la beauté, le confortable et la douceur du climat, avec cet avantage qu'il y est facile de faire beaucoup de belles excursions dans le voisinage. Bex, ce séjour si agréable au printemps et en automne, le plus riche que je connaisse en belles promenades, possède dans les Plans et Grion de fort bonnes stations de montagne. Villars, au-dessus d'Ollon, les Ormonls, Champéry, dans le Val d'illiez, sont également d'un accès très-facile de toutes les stations de la Suisse française. Gersau, aux bords du lac des Quatre-Cantons, a, à 700 ou 1100 mètres de hauteur, dans son voisinage, les belles stations de Axenstein, de Seelisberg, de Engelberg.
Interlaken, un des plus beaux vallons qui existent, avec un climat doux et un confort incomparable, est déjà par lui-même très-recherché comme séjour d'été ; il possède toutes les ressources du régime lacté et d'excellents médecins.
Lorsque la chaleur de juillet et d'août fait désirer à quelques malades une station plus élevée, on a Beatenberg, justement renommé depuis longtemps et Grindelwald, qu'un séjour de plusieurs semaines m'a fait apprécier comme une des meilleures stations subalpestres, tant pour la douceur du climat, pour la bonne tenue des hôtels et pensions, que pour la beauté des promenades et ses distractions variées.
Jusqu'à présent nous n'avons pas dépassé la hauteur de 1200 mètres comme altitude. C'était pendant longtemps la limite su-
périeure pour les tuberculeux comme séjour d'été, d'après les opinions régnant parmi les médecins. C'était là une erreur regrettable. 11 est certain aujourd'hui que dans les cantons de la Suisse qui jouissent d'un climat doux, comme le Valais, les Grisons, le Tessin, on peut s'élever à 2000 mètres et même dépasser un peu cette altitude sans aucun inconvénient. Toutefois il est bon que des malades délicats n'y arrivent pas brusquement et séjournent auparavant dans des stations intermédiaires.
Le Valais possède de beaux sites dans l'Entremont, sur la route du Saint-Bernard, ainsi que la route de Marligny à Chamouny, entre autres dans le charmant vallon de Salvan qui y conduit par Vallorsine. Il y a aussi des stations dans la vallée d'Erens, mais malheureusement on n'y est nullement préparé' pour le séjour de malades et l'on est éloigné de tout secours médical. Sous ce rapport Morgins, avec ses eaux ferrugineuses, est mieux partagé. Il en est de même à Loëche-les-Bains, station qui peut devenir excellente pour des tuberculeux ; le site est salubre, l'air pur, l'altitude entre 1300 et 1400 mètres; il y a de bons hôtels et pensions, ainsi que de bons soins médicaux.
Pour aller plus haut, la vallée de Zermatt offre ses stations. Déjà à Viège, à l'entrée de la vallée, on est au-dessus de 600 mètres; à Saint-Nicolas, où il y a de bons hôtels, on est déjà à plus de 1300 mètres, et à Zermatt on se trouve à près de 1700 mètres de hauteur. On pourrait même y faire un essai, peut-être très-salutaire. A près de 2400 mètres d'altitude, il y a au-dessus de Zermatt l'hôtel du Riffel. Des tuberculeux, dans une période peu avancée, pourraient-ils y faire un séjour utile ? Cela me paraît possible et rationnel, mais l'expérience seule
pourrait décider.
Les Grisons resteront toujours un des cantons suisses les plus