LES STATIONS CLIMATÉR1QUES D'ÉTÉ
utiles et les plus recherchés pour le traitement de la tuberculose et de la phthisie. Aussi Davos, avec ses stations de 1400 à 1500 mètres d'élévation, a-t-il fait en peu d'années sa réputation comme station d'hiver aussi bien que comme séjour d'été. Une autre station excellente est Churwalden, très-utile déjà par elle-même, station définitive pour ceux qui ne supportent pas la haute montagne et pour les constitutions délicates, les malades frileux et craintifs. Mais pour beaucoup d'autres ce serait un bon séjour préparatoire, une étape, pour arriver dans la Haute-Engadine plus tard. Parpan est plus élevé que Churwalden et peut servir aussi comme intermédiaire. En passant par le Tyrol, par Nauders, ou en venant du côté suisse par l'Albula, Tarasp et Vulpera, situé un peu au-dessus de Tarasp sur lahauleur, seraient de bons séjours préparatoires, pour arriver ensuite à Samaden, Pontresina, Saint-Moritz, Sihaplunt, Sils-Maria. Arrive-t-onducôté de l'Italie, le valBergelt offre une nouvelle station bien disposée cà Promontogno, un peu plus haut Vico-Soprano pourra servir de séjour de passage, pour arriver plus lard par le Maloya dans la Haute-Engadine. Je regarde celle-ci comme une des meilleures stations, et je suis confirmé dans cette opinion, résultat de ma propre expérience, par l'excellent travail de Jaccoud sur Saint-Moritz et par celui non moins précieux de Ludwig sur Pontresina et la Haute-Engadine en général.
La Haute-Engadine est une des plus belles contrées alpestres. Des montagnes gigantesques, aux formes les plus variées et les plus pittoresques, couvertes de neiges éternelles, envoient des glaciers jusque dans les vertes prairies de la vallée. Des lacs d'une incomparable pureté occupent le milieu du vallon, avec peu d'interruptions, de Sils à Saint-Moritz. Les pâturages sont d'un ver! Irais, parsemés de belles fleurs, animés par de nom-
breux et gracieux papillons. Tout en un mot nous y montre la nature alpestre dans sa plus belle parure. Avec cela on y trouve d'excellentes routes, fréquentées par de nombreux promeneurs, par des voitures plus nombreuses encore qui circulent à cette hauteur aussi aisément que sur les chaussées de la plaine et qui peuvent atteindre presque jusqu'au pied des glaciers. Ajoutez à cela des hôtels qui offrent non-seulement une fort bonne nourriture et tout le confort de la plaine, mais qui sont tout à fait disposés aussi pour répondre à tous les soins hygiéniques, à toutes les précautions que réclame la haute montagne, et vous aurez une idée de toutes les ressources de la plus haute contrée habitée de l'Europe.
Le climat est relativement doux, toutes les végétations, culture, forêts, prés, montent de 300 à 400 mètres plus haut dans l'Engadine que clans les autres vallées de la Suisse. Les matinées et les soirées sont fraîches et exigent des vêtements chauds et des précautions; le milieu du jour et l'aprèsmidi jusqu'à cinq, même six heures dans le milieu de l'été, sont presque doux et agréables. La température ne dépasse o-uère 10 12, 15° R. à l'ombre dans le milieu du jour; elle est en moyenne de 15 à 24° à 1 heure de l'après-midi de juin cà septembre (Ch. Brùgger). Il faut donc huit à dix jours d'acclimatement, pendant lesquels on s'habillera plus chaudement , on fera faire un peu de feu dans sa chambre, on rentrera de bonne heure le soir. Mais, bientôt aguerri, on a plus de force, plus d'entrain, plus de gaité que dans la plaine et on peut surtout faire beaucoup plus d'exercice. Lorsqu'il pleut, ou lorsque le vent de la vallée est fort, on reste les premiers temps chez soi ; plus tard on peut même sortir par une pluie chaude et par un vent modéré et on devient de moins en moins sujet aux refroidissements. La moyenne barométrique est à la maison des