LES STATIONS CLTMATÉR1QUES D'ÉTÉ
bains, à Saint-Moritz, de 616 mill., variant entre 509 et 627 mill. Pendant la saison fixée, pour Saint-Moritz, du 26 juin au 20 septembre, il y a en moyenne 63,9 jours sereins, avec un ciel bleu, presque sans nuages, 28,1 avec un ciel nuageux, 10,8 seulement de brouillards, 21,4 jours de pluie, 1,57 de neige, 7,6 d'orages. La pluie y est rarement persistante; on peut sortir presque tous les jours, l'air y est sec, surtout de dix à cinq heures, et le climat peut être cité comme remarquablement clément pour une pareille altitude.
On prétend que, la pression barométrique étant très-diminuée, et en effet elle l'est d'un cinquième de la colonne de mercure, comme sur les bords delà mer, la diminution dans la quantité d'oxygène force le malade à respirer plus vite et plus profondément en même temps que le pouls est accéléré, que l'acide carbonique est exhalé en moindre quantité. Tout cela est un pur roman. Le poumon et le sang reçoivent autant d'oxygène qu'ils peuvent en élaborer; la respiration et la circulation, d'après nos observations, ne diffèrent point sensiblement, à l'état de repos, du rhythme physiologique de la plaine et le D' Chermond, du canton de Vaud, a démontré que lorsqu'on s'élève, l'acide carbonique est exhalé en quantité légèrement croissante.
Que l'on renonce donc aux fausses théories, aux explications qui ne soutiennent pas la critique et que l'on accepte le fait qui est le résultat de tout l'ensemble des conditions atmosphériques, telluriques,climatériques et hygiéniques de la montagne. Le fait est qu'une fois acclimaté le malade a plus de forces, plus d'entrain, plus d'appétit, des forces digestives meilleures, en un mot un échange nutritif plus vigoureux, qui augmente les
forces du corps pour la lutté contre la maladie et qui par cela môme peut venir à bout de bien des troubles, de bien des lésions,
sans qu'il y ait une profonde altération locale et générale.
Pour combattre la prédisposition à la phthisie, je ne connais pas de meilleur moyen qu'un long séjour pendant l'été, depuis la fin de juin jusqu'en octobre. L'automne, au moins au commencement, est presque toujours la plus belle saison dans l'Engadine, aussi la clôture précoce de la saison ou des établissements est-elle une faute grave, basée sur une tradition et suides préjugés quin'ontpas de raison d'être. Je conseille aussi un séjour prolongé de six semaines à deux mois, après le séjour dans les stations préparatoires, indiquées plus haut, à ceux chez lesquels les signes de la tuberculose, sans être douteux, sont bornés à un lobe pulmonaire supérieur, avec intégrité ou peu de symptômes du côté de l'autre poumon, avec un état général passable, bien que déjà altéré, lorsque la fièvre n'est ni intense, ni continue. L'hémoptysie, même lorsqu'elle existe, est si peu une contre-indication, que d'après l'expérience de Jaccoud et de Ludwigelle cesse ordinairement dans Îallaute-Engadine, après avoir été plus ou moins fréquente dans la plaine, résultat que la théorie n'aurait pu prévoir.
Mais il faut bien se garder d'y envoyer des malades chez lesquels la fièvre hectique et le marasme ont commencé et font des progrès, des malades frileux, très-impressionnables, capricieux et difficiles à diriger. L'Engadine est en général trop belle aussi pour les hystériques. Des altérations profondes du larynx, ainsi qu'une diarrhée persistante et opiniâtre, contre-indiquent également ce séjour.
Il est bon, nécessaire même, que ces malades usent aussi d'une bonne hygiène et d'une nourriture variée et fortifiante, qu'ils fassent une cure de lait. Aussi ai-je insisté à différentes reprises sur la nécessité de multiplier dans les Alpes les stations de cure de lait, surtout là où de bonnes conditions climatériques attirent déjà les malades.