‹ Traité clinique et pratique de la phthisie pulmonaire [electronic resource]Chapitre 87 sur 113 · INDICATIONS DES STATIONS D'HIVER · texte numérisé non relu

INDICATIONS DES STATIONS D'HIVER

se trouver dans toutes ces affections de longue durée, et, d'eutrophiques pendant longtemps, elles peuvent devenir dyslrophiques plus tard. D'un autre côté un enfant, chez lequel l'examen ne démontre que le catarrhe comme cause de la toux, peut offrir une apparence délicate, chétive même, parce qu'il est issu de père ou de mère tuberculeux; il se trouve encore dans un état général assez satisfaisant, cependant la diathèse catarrhale persistante peut être le prélude d'une diathèse beaucoup plus grave.

Le malade atteint de dilatation des bronches ou d'emphysème montre pendant longtemps une bonne constitution, un état général satisfaisant, et ce sont même là de bons éléments de diagnostic; mais peu à peu la maladie progresse, la force de résistance diminue, et une longue eutrophie passe insensiblement à la dystrophie; le malade finit même quelquefois par devenir tuberculeux. Tout le monde connaît également l'effet fâcheux d'une pleurésie exsudative chronique, lors même que l'état général et la constitution paraissent irréprochables au début: D'un autre côté, il n'est pas rare de constater l'eutrophie dans des affections tuberculeuses des poumons; quelquefois elle persiste même pendant des années. On l'observe non-seulement avec un catarrhe pulmonaire broncho-pneumonique fixé à l'un des sommets, avec infiltration partielle, mais même quelquefois avec l'envahissement de tout un lobe supérieur du poumon et la persistance opiniâtre des altérations locales, restant locales, avec peu de retentissement sur l'état général de la santé. J'ai vu plus d'une fois ce mal ainsi localisé, quoique nullement restreint à une petite étendue, guérir complètement avec le temps, et, chose curieuse, j'ai vu dans d'autres cas les rechutes survenues plus tard offrir la même marche bénigne.

m TRAITEMENT DE LA Tl'BERCULOSE.

La dystrophie n'est donc pas nécessaire dans les inflammations tuberculeuses des voies respiratoires, et l'eutrophie des maladies chroniques qui ne sont ni broncho-pneumoniques ni tuberculeuses peut, malgré cela, passer à la longue à la dystrophie.

Tout cet exposé est d'une importance majeure, fondamentale, au point de vue du jugement à porter sur la valeur, l'opportunité, les chances d'une cure climatologique. J'ai la conviction que l'on n'envoie pas assez de malades atteints d'affections cutrophiques des voies respiratoires dans les stations sanitaires, mais un trop grand nombre, par contre, de malades atteints d'affections dystrophiques avancées.

En revenant aux catarrhes des voies respiratoires , nous avons à parler en premier lieu des affections chroniques du larynx. La laryngite chronique simple, avec engorgement de la muqueuse, sans ulcérations, et la laryngo-pharyngite chronique, accompagnée ordinairement de granulations pharyngées, offrent de nombreuses chances de guérison dans les stations abritées méridionales ou intermédiaires de la Méditerranée, de Montreux, de Méran, tandis que l'hiver dans la haute montagne me paraît moins bien leur convenir. 11 est souvent bon de joindre le traitement local, soit par inhalation, soit par applications locales d'iode, d'asLringents divers, de nitrate d'argent, à l'effet salutaire du climat et de l'hygiène, aidés du repos absolu de la voix, ou d'une gymnastique régulière puis progressivement prolongée de la voix, avec des inspirations profondes pendant le temps de cet exercice.

L'usage intérieur des iodures, iodure de potassium d'abord, iodure de fer ensuiLe, m'a rendu de bons services aussi en cas pareil. Je vois, d'un autre côté, une contre-indication formelle dans les cas de laryngite ulcéreuse avancée, surtout avec

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