STATIONS D'HIVER DE MONTAGNE
//. — Dans les montagnes de l'Himalaya.
CÏrini .- 9 096
Simla 7 156
Marri , 6 963
Dorjiling 6 903
Masuri 6 849
Naintal 6 920
Landour 7 900
///. — [le de Ceylan.
Nurelia 6 218
Les stations les plus célèbres sont Utaramund, Mahabuleschenur et Dorjiling. Ces stations sont réputées comme trèssalubres, malgré la fréquence de la pluie.
Les sanitoriums d'hiver de l'Amérique sont les suivants :
7 Canla
10 Tarma
12 Ccrro Pasco
13 Santa-Fé de Bogota
15 La Paz
Schreiber dit qu'à l'exception de la ville de Mexico les autres stations ont de la pluie pendant quatre à sep t mois par an . A Santa- Fé de Bogota le temps est presque toute l'année frais et pluvieux.
Passons aux sanitoriums d'hiver des montagnes de l'Europe.
Goerbersdorf est l'endroit où nous devons nous arrêter en premier lieu. Brehmer a le grand et incontestable mérite d'être le premier qui, depuis plus de vingt ans, a non-seulement fait connaître cette belle localité, mais encore s'en est fait l'apôtre fervent.
LEBERT. .m
J'avoue que, ses premiers écrits offrant bien des exagérations, j'ai été pendant longtemps sur mes gardes à l'égard de cette station. Mais à mesure que j'ai vu et examiné plus de malades qui en venaient, j'ai modifié ma manière de voir. Aujourd'hui je n'envisage pas davantage Goerbersdorf et Davos comme doués d'une action spéciale sur la tuberculose, pas plus que la Riviera, Pau, Montreux, Méran, Venise, Madère, etc. Mais l'influence salutaire de ces stations montagneuses sur la marche de la tuberculose dans un certain nombre decasn'est plus douteuse pour moi. Aussi ces sanitoriums doivent-ils prendre leur rang dans la série des stations vraiment utiles.
Goerbersdorf, en Silésie, est situé à environ 500 mètres audessus du niveau de la mer. En Silésie, cette hauteur répond à un climat que l'on trouve équivalent en Suisse à une hauteur plus que double et plus considérable encore, presque à 1 300 m. d'altitude.
Suivons ces malades dans leur cure d'hiver, en prenant pour guide Sokolowski (1), qui a publié dernièrement un excellent travail sur le traitement de la phthisie chronique et sur la cure de Goerbersdorf.
Malgré les conditions défavorables du climat d'hiver, les malades doivent sortir aussi souvent que possible. Ces promenades peuvent être plus longues par les jours froids de 2 à 8° au-dessous de zéro, lorsqu'il n'y a que peu ou point de vent. Les malades sortent également, lorsque le vent est modéré ou qu'il pleut peu; ils supportent généralement bien ces conditions atmosphériques. Ceux dont l'état général a souffert et qui sont frileux ne doivent sortir que pendant quinze à vingt minutes, lorsqu'il y a du vent et un peu de pluie; mais, après un repos suffisant, ils
(1) Beiirdge sur Lehre von dar Behandlung der chronischen Lungenschwindsucht. lîerliii, 1877.
DAVOS. 531
peuvent renouveler leur promenade. Les malades plus forts, plus résistants, moins impressionnables font deux àtroisfoispar jour une promenade d'une heure et au delà. Pendant les deux à trois semaines de la fonte des neiges en mars, les malades ne peuvent presque pas sortir. A ce moment il serait bon de quitter Goerbersdorf et d'aller à Méran ou à Montreux, si l'état des forces est bon. Mais à Goerbersdorf on trouve ce voyage trop fatigant et l'on conseille aux malades d'y rester. Les chambres des malades sont soumises à une ventilation régulière et suffisante; la température y est en moyenne de 13 à 14° R. Il y a aussi des promenoirs couverts dans lesquels il est défendu de fumer.
Davos est devenu dans l'espace de douze ans le véritable centre des études et des observations sur les sanitoriums de montagne. Spengler (1), à l'ouvrage duquel nous ferons quelques emprunts, y a été médecin longtemps auparavant et d'autres médecins s'y sont successivement établis dont plusieurs après y avoir retrouvé une santé fortement menacée.
Davos est situé dans le Ilaut-Prattigau, sur la route del'Engadine, et ses diverses stations varient d'altitude entre 1 400 et 1 500 mètres et un peu au delà. Il y a beaucoup de soleil, par moments assez de vent, surtout du sud, du sud-ouest, mais aussi du nord-est ; il n'y a pas beaucoup de pluie en comparaison de sa fréquence habituelle à pareille hauteur. La température moyenne de l'année est de 2°, 8; l'humidité de l'air est modérée. En hiver, les changements de température y sont moins fréquents et moins considérables qu'en été; c'est après lespluies prolongées que l'air se rafraîchit le plus. Une couche épaisse de neige couvre le sol depuis le milieu de novembre jusqu'en avril, où la fonte des neiges est une mauvaise saison. Le froid devient parfois intense, surtout en janvier; mais au total ce
(1) Die Landschufl Davos ah Curorlgegen Lungenschwindsuchle. Dasel, 1809.
climat froid est plus égal qu'on ne serait tenté de le croire. Même par un froid habituel, le milieu du jour est assez réchauffé par le soleil pour permettre aux malades de se promener et même d'être assis, dans les endroits abrités, au soleil et en piein air.
Il faut quitter Davos à l'époque de la fonte des neiges et aller à Montreux et à Bex. On a aussi établi à Promuntognio, dans le ValBergelt, une station très-abritée qui pourrait servir au printemps à ceux qui quittent Davos à cause du dégel et de la fonte des neiges.
J'ai vu beaucoup de malades qui ont été à Davos. La plupart d'entre eux s'étaient assez vite habilués au climat. La nourriture y est bonne et le vin de la Valteline y est aussi agréable que salubre. Les malades font un usage abondant de lait. On y fait un emploi très-large de l'hydrothérapie, et des douches de très-peu de durée, de quelques secondes, y sont données à la majorité des malades, dirigées par le médecin lui-même. Les pensionnaires se promènent pendant une partie de la journée et montent beaucoup, mouvement qui constitue une bonne gymnastique respiratoire. Chez quelques-uns des malades qui venaient de Davos, j'ai constaté que le mieux obtenu s'était bien consolidé et persistait; chez d'autres, la santé générale est restée meilleure, mais l'examen de la poitrine faisait constater la persistance de la tuberculose, état qui laissait l'espoir d'une amélioration progressive ; chez d'autres, le mieux très-réel faisait place, mais seulement après quelque temps, à l'aggravation progressive de la maladie. D'autres encore n'en avaient retiré aucun bien, mais c'étaient des malades trop avancés que l'on n'aurait pas dû y envoyer. En un mot : Davos produit tout le bien qu'on peut attendre d'une bonne station sanitaire d'hiver dans une maladie où chaque pas de la thérapeutique et de l'hygiène est une lutte acharnée.
INDICATIONS DES SAMTORIUMS. 533
Davos a-l-il plus de succès que les autres stations? Voilà ce qu'une bonne statistique dans laquelle un bon nombre de malades auraient pu être suivis et contrôlés, pendant un certain nombre d'années, pourrait seule nous apprendre. Mais une telle statistique reste encore à faire.
Aussec, en Styrie, est un sanitorium à 700 mètres d'altitude, bien dirigé et dans lequel le traitement par les sels chlorurés de l'eau salée vient en aide aux autres moyens de trai.ement.
St-Moritz (le village), dans la haute Engadine, a élé utilisé aussi depuis quelques années comme sanitorium de montagne. Il est probable qu'il sera utile et salubre, comme Davos, mais l'expérience d'un certain nombre d'années, seule, peut en décider.
Des localités, recommandées comme stations d'hiver, mais dont la réputation reste à faire sous ce rapport, sont : Glion (500 mètres), les Avants (1 000 mètres), Grion, au-dessus de Bex(l 1 00 mètres), Grindelwald (1 200 mètres), Kreuth, Gais, Partenkwiken, Koenigwart (d'après Kuchenmeister) et, enfin, diverses stations balnéaires des Pyrénées.
Les diverses stations d'hiver ont-elles des indications thérarapeutiques spécifiques? Je ne le pense pas. Il n'est pas davantage possible de les classer d'après un seul élément météorologique, la pression de l'air, la température, l'humidité, etc. On a fait valoir à ce sujet, des considérations bien plus théoriques qu'applicables à la pratique. Le climat est un ensemble d'éléments qui agissent par leur harmonie, par leur réunion. Bien des localités offrent môme des climats différents à peu de distance. L'opportunité, le choix dépend tout autant des moyens matériels, du caractère, de l'individualité des malades que de la topographie. Il faut donc individualiser soigneusement et ne pas professer des opinions trop absolues. J'ai vu souvent à
Montreux des malades qui s'y trouvaient bien pendant quelque temps et que j'ai dû envoyer plus tard dans le Midi, ou à Davos. Gela arrive à tous les praticiens consciencieux et expérimentés. Le même malade peut donc avoir besoin de plusieurs stations pendant la même station d'hiver.
Être au courant des indications générales que j'ai exposées, connaître les diverses localités, combiner ensuite un plan de traitement climatologique, avec ces éléments, en individualisant autant que possible; ne pas tenir trop exclusivement à une localité, lorsqu'elle ne paraît pas convenir, modifier le plan du traitement selon le temps, l'époque de la saison, la marche de la maladie chez chaque malade confié à nos soins : voilà la manière d'agir la plus judicieuse et la plus fréquemment utile.
Action de l'air comprimé ou raréfié.
Encouragé par les succès fréquents, quoique ordinairement passagers, de l'air comprimé dans le traitement de l'emphysème pulmonaire, on a aussi appliqué cette méthode à la thérapeutique des maladies tuberculeuses. Jusqu'à présent nous ne possédons point de preuves de son utilité réelle dans ces cas. Je n'ai pas observé de faits à l'appui et je n'en ai pas trouvé dans la littérature médicale contemporaine. Chez quelques malades, la dyspnée, la toux, la sécrétion bronchique ont un peu diminué, mais très-passagèrement, même pendant la durée du traitement. Les gaz introduits en plus grande quantité dans le corps, sous l'influence d'une pression plus haute, s'échappent par les diverses voies d'élimination, du moment que la pression cesse. A coup sûr la tuberculose et le poumon n'en profitent pas.
L'appareil très-ingénieux, d'un transport facile, de Waldenburg, dans lequel l'emploi de l'air comprimé et de l'air raréfié
LES EAUX MINÉRALES. 535 sont si bien combinés, seuls ou pour l'alternance entre l'inspiration et l'expiration, ne m'a pas donné à Breslau de résultats satisfaisants pour des tuberculeux. Il est d'ailleurs très-peu employé aujourd'hui dans le traitement de la phthisie.
De l'emploi et de l'utilité des eaux minérales.
De tout temps, et encore de nos jours, les eaux minérales ont été beaucoup employées dans le traitement des maladies tuberculeuses. Les uns ont exagéré leur utilité, tandis que d'autres les ont trop dénigrées. Il est certain que beaucoup de ces eaux minérales sont situées de façon à agir déjà comme cure climatologique, telles que les eaux des Pyrénées, du mont Dore, les eaux minérales de la Silésie. Mais d'autres, comme Ems, Soden, Lippspringe, se trouvent dans la plaine et n'offrent aucun élément climatologique salutaire. Si pour les autres le climat favorise le bon effet de la cure, tant mieux; mais souvent ces mêmes malades, envoyés à la même hauteur dans la montagne, n'obtiennent pas le même effet qu'en faisant en même temps la cure d'eau minérale.
Depuis la publication de ma clinique des maladies de poitrine, depuis bientôt quatre ans, j'ai de nouveau étudié tout particulièrement l'action des eaux minérales dans ces maladies et je me suis enquis des nombreux travaux publiés sur ce sujet. Le résultat de toute mon expérience et de toutes mes recherches des dernières années est le suivant : Les eaux minérales, sans exception aucune, n'ont pas d'action curativo directe, spéciale, spécifique sur les maladies tuberculeuses. En toute impartialité, on peut dire que leur effet total est souvent nul, sauf le mieux momentané pendant ou immédiatement après la cure. Mais dans un bon nombre de cas j'en ai observé des effets salutaires
incontestables, dans d'autres une amélioration d'une certaine durée qui faisait plus lard de nouveau place à l'aggravation de la maladie. Au total, la cure par les eaux minérales peut agir favorablement sur la santé générale et sur les altérations locales, favoriser ainsi une marche plus bénigne du mal, mais sans être le moins du monde un moyen héroïque, à effet fixe et durable. Pourquoi, du reste, ne combinerait-on pas , lorsque cela est possible, l'effet de l'eau minérale avec celui du climat, de l'usage abondanfdulait, d'une hygiène à la fois salutaire et agréable. La phthisie est une maladie trop grave pour se priver d'aucune ressource. Nous ne pouvons calculer leur action avec une rigueur mathématique. La thérapeutique ne s'élève guère audessus du calcul des probabilités.
Parmi les localités des Pyrénées, nous avons déjà appris à connaître Amèlie-les-Bains comme station d'hiver. Cauterets et les Eaux-Bonnes sont les eaux minérales les plus fréquentées, et les Eaux-Bonnes tiennent surtout le premier rang. J'en ai fait faire un fréquent usage, pendant que j'exerçais la médecine à Paris, mais mon expérience sur ces eaux n'est pas suffisante pour porter sur elles un jugement définitif. Aussi suis-je heureux de pouvoir m'appuyer sur la haute autorité et les détails donnés sur les E]aux-Bonnes par mon excellent ami Noël Gueneau de Mussy (1), qui y a passé trois saisons. 11 les recommande dans la forme chronique, dans la forme scrofuleuse, dans la période apyrétique.
Une réaction fébrile intense, des sueurs profuses, une tendance hémoptoïque prononcée, constituent autant de contreindications. Ces règles cependant souffrent des exceptions. L'auteur n'a point observé pendant trois ans d'hémoptysies qu'on puisse imputer aux Eaux-Bonnes. On commence leur usage par
(I) Leçons cliniques sur la luberculisalwn. Paris, 18G0, p. 92 et suiv.
LE MONT-DORE, ALLEVARD. 537 des quarts de verre ou des demi-verres au plus; on ne va pas au-delà de un, deux, trois verres au plus par jour. On les coupe souvent avec du lait. La durée de la saison est de vingt à vingtcinq jours. Souvent on fait alors interrompre cette cure, on fait boire du lait d'ânesse et on ordonne ensuite une seconde cure plus courte que la première. L'amélioration survient le plus souvent après la saison thermale.
Quant aux eaux de Cauterets,]Q sais qu'on les a beaucoup préconisées, mais je n'ai pas une expérience personnelle suffisante sur leur action dans la tuberculose.
Les eaux du mont Dore m'ont paru efficaces et salutaires chez un certain nombre de tuberculeux ; cependant Gueneau de Mussy les croit bien plus efficaces « dans certaines bronchites, dans certaines laryngites, dans les affections asthmatiques qui semblent liées à la diathèse rhumatismale. » L'usage des inhalations, très-perfectionné depuis quelques années, a encore élargi le cadre des moyens que les eaux du mont Dore possèdent. Le mont Dore est situé dans les montagnes de l'Auvergne et peut servir en même temps de cure climatologique d'été. Tandis que les eaux des Pyrénées sont essentiellement sulfureuses, les eaux chaudes du mont Dore contiennent un peu de chlorure de sodium, de bi-carbonate de soude et une proportion notable d'arsenic.
Allevard, également dans une bonne position climatologique, avec ses eaux sulfureuses, a été adapté avec succès au traitement des affections tuberculeuses, tant par l'usage interne des eaux que par les inhalations qui y sont fort bien organisées. J'y ai plutôt envoyé des malades atteints de catarrhe chronique des voies respiratoires. M. Niepce père nous a communiqué, à la Société médicale de Nice, les résultats favorables qu'il a obtenus à Allevard dans le traitement de la tuberculose.
Ems est une excellente eau pour tout ce qui est catarrhe des voies respiratoires, bien moins active contre le catarrhe localisé des tuberculeux. J'ai cependant vu quelques malades de cette catégorie qui en ont obtenu de bons effets et pendant le temps de ma pratique à Veveyj'y ai envoyé plus de tuberculeux qu'auparavant. Les sujets nerveux, excitables, supportent bien Ems qui convient d'autant mieux que dans la broncho-pneumonie l'élément catarrhal prédomine.
Neuenahr et Gleicheinberg ont été recommandés dans des circonstances analogues.
Lippspringe est une des eaux minérales les plus renommées en Allemagne dans le traitement de la tuberculose. C'est une eau riche en chaux, à 14° R., avec du sulfate de soude, peu d'acide carbonique et beaucoup d'azoLe. Rohden attribue à la chaux une part des succès de Lippspringe. Les inhalations d'azote, faites dans le voisinage àl'Inselbad, près dePaderborn, n'ont pas fourni jusqu'à ce jourdes résultats sûrset satisfaisants. Lippspringe est parmi les eaux minérales de toute l'Allemagne celle dont j'ai vu obtenir le plus d'influence favorable sur la nutrition et l'état local des altérations des tuberculeux. Rohden, un des médecins d'eaux les plus distingués que je connaisse, a eu aussi le bon esprit de combiner avec l'usage des eaux de Lippspringe, tant à l'intérieur qu'en bains, la cure hydrothérapiquo modérée et beaucoup d'exercice en plein air. moyens hygiéniques qu'il conseille avec raison de continuer lorsque le malade est de retour chez lui. La cure d'eau froide doit être abandonnée ou faite avec beaucoup de prudence pour les malades faibles, mais très-irritables, très-impressionnables (faiblesse irritable).
Le médecin doit toujours tenir grand compte dans le traitement de ces maladies, du bel aphorisme de Rohden : Nolletà esse medicus sine aere liber o.
WEISSENBURG, SODEN, SALTZBRUNN. 539 Weissenburg, dans la vallée de la Simme, dans le canton de Berne, est également une eau fortement calcaire. C'est l'eau minérale de la Suisse où l'on envoie le plus de malades atteints d'une affection des voies respiratoires et beaucoup de tuberculeux aussi. Weissenburg est situé dans une gorge de montagne à 800 mètres d'altitude; il a peu de soleil; ce n'est pas une station climatologique proprement dite. La source, à peine tiède, contient surtout du sulfate de chaux et du chlorure de sodium. Weissenburg (Wissebourg, comme on l'appelle dans la Suisse française) est avec Lippspringe l'eau minérale qui m'a rendu le plus souvent de bons services dans le traitement delà tuberculose commencée ou peu avancée. Ai-je besoin d'ajouter que dans bon nombre de circonstances l'action était nulle ou passagère? C'est le cas, du reste, des meilleures eaux minérales.
Soden, près de Francfort, situé dans une plaine, très-facile à atteindre, est aussi une localité très-recherchée par les tuberculeux. Il s'y trouve une grande variété d'eaux chlorurées sodiqucs et de fort bonnes directions médicales. J'ai vu ces dernières années à Vevey et à Montrcux un certain nombre de tuberculeux, peu avancés, auxquels ce séjour a paru vraiment salutaire.
Tcndantles quinze ans de mon professorat clinique à Breslau, j'ai pu bien étudier l'action de quelques eaux minérales, trèsvisitées par les tuberculeux, en Silésie. Aussi passerai-je en revue Salzbrunn, Charloltenbrunn et Reinerz, que je regarde, du reste, principalement comme station climatologique.
Salzbrunn possède une eau minérale alcaline, très-riche en acide carbonique, mais qui ne peut être bonne qu'en petite quantité, ou évaporée, ou avec du lait, parce que chez les personnes prédisposées celle eau provoque facilement des crache-
ments de sang. Le climat est bon, un peu exposé aux vents, mais il y a de si belles promenades et colonnades abritées que c'est un bon et salubre séjour pour des malades, avec l'air pur de montagne, et la facilité d'avoir toute espèce de lait, même celui de brebis, et de fort bonne qualité. Le petit-lait y est d'un grand usage. Les catarrhes chroniques et la tuberculose peu avancée peuvent y être traités avec succès.
Charlottenbrunn a une source légèrement ferrugineuse, sans grande valeur pour les maladies qui nous occupent ici. L'air à la fois doux et pur des montagnes, les fort belles promenades, la bonne qualité du lait, des médecins habitués aux soins à donner aux tuberculeux, comme aussi, du reste, à Salzbrunn et àReinerz, rendent cette localité fort recommandable comme séjour d'été.
Reinerz, à 580 mètresd'altitude, a un air un peu plus vif, mais tonique, vivifiant ; on s'y acclimate facilement et on y trouve aussi une source ferrugineuse, du bon lait et tous les éléments d'une bonne hygiène. Aussi est-ce une station très-fréquentéc.
Il en est de même pour l'été de celles de Lande et Lanzenau, dans les montagnes du comté de Glalz.
Des cures de petil-lait.
Ces cures, si usitées en Allemagne et en Suisse, peu employées en France, en Italie, en Angleterre, ont joui d'une grande vogue, mais qui diminue d'année en année, vu que le petit-lait est du lait privé de ses meilleurs éléments, de ses principes azotés et d'une bonne partie de sa graisse. Les sels qui restent dans ce liquide se trouvent mieux combinés dans divers aliments, dans la viande surtout, cl le sucre de lait, si facilement fermcntescible, par le fait de sa transformation en