STATIONS D'HIVER DE MONTAGNE
//. — Dans les montagnes de l'Himalaya.
Dorjiling Masiiri. .
Naintal. .
Landour.
Chini Simla Marri
///. — He de Ceylan.
Nurelia
Les stations les plus célèbres sont -Utaramund, Mahabuleschenur et Dorjiling. Ces stations sont réputées comme trèssalubres, malgré la fréquence de la pluie.
Les sanitoriuras d'hiver de l'Amérique sont les suivants :
Schreibcr dit qu'à l'exception de la ville de Mexico les autres stations ont de la pluie pendant quatre à sept mois par an. A Santa- Fé de Bogota le temps est presque toute l'année frais et pluvieux.
Passons aux sanitoriums d'hiver des montagnes de l'Europe.
Goerbersclorf est l'endroit où nous devons nous arrêter en premier lieu. Brehmer a le grand et incontestable mérite d'être le premier qui, depuis plus de vingt ans, a non-seulement fait connaître cette belle localité, mais encore s'en est fait l'apôtre fervent.
LKKEKT. 3.1
1 La ville de Mexico. . .
2 Tlalpujahua
3 Saint-Louis de Potosi i Masurana
5 Sarco
6 Haariaca
7 Canla
8 Jauja. .
9 Huanuco
10 Tarma
11 Rondos
12 Cerro Pasco
13 Santa-Fé de Bogota. . .
l i Quito
15 La Paz
530 TIIAITEMENT DE LA TUnERCULOSE.
J'avoue que, ses premiers écrits offrant bien des exagérations, j'ai été pendant longtemps sur mes gardes à l'égard de cette station. Mais à mesure que j'ai vu et examiné plus de malades qui en venaient, j'ai modifié ma manière de voir. Aujourd'hui je n'envisage pas daviintage Goerbersdorf et Davos comme doués d'une action spéciale sur la tuberculose, pas plus que la Riviera, Pau, Montreux, Méran, Venise, Madère, etc. Mais l'induence salutaire de ces stations montagneuses sur la marche de la tuberculose dans un certain nombre decasn'est plus douteuse pour moi. Aussi ces sanitoriums doivent-ils prendre leur rang dans la série des stations vraiment utiles.
Goerbersdorf, en Silésie, est situé à environ 560 mètres audessus du niveau de la mer. En Silésie, cette hauteur répond à un climat que l'on trouve équivalent en Suisse à une hauteur plus que double et plus considérable encore, presque à 1 300 m. d'altitude.
Suivons ces malades dans leur cure d'hiver, en prenant pour guide SokoloW'Ski (1), qui a publié dernièrement un excellent travail sur le traitement de la phthisie chronique et sur la cure de Goerbersdorf.
Malgré les conditions défavorables du climat d'hiver, les malades doivent sortir aussi souvent que possible. Cespromenades peuvent être plus longues par les jours froids de 2 à 8" au-dessous de zéro, lorsqu'il n'y a que peu ou point de vent. Les malades sortent également, lorsque le vent est modéré ou qu'il pleut peu; ils supportent généralement bien ces conditions atmosphériques. Ceux dont l'état général a souffert et qui sont frileux ne doivent sortir que pendant quinze à vingt minutes, lorsqu'il y a du vent et un peu de pluie; mais, après un repos suffisant, ils
Cl) BeitrMje &ur Lehre von der Dekandluwj der chronischcn Lungenschwindsucht. Berlin, 1877.
DAVOS. 531
peuvent renouveler leur promenade. Les malades plus forts, plus résistants, moins impressionnables font deux àtrois fois par jour une promenade d'une heure et au delà. Pendant les deux à trois semaines de la fonte des neiges en mars, les malades ne peuvent presque pas sortir. A ce moment il serait bon de quitter Goerbersdorf et d'aller à Méran ou k Montreux, si l'état des forces est bon. Mais à Goerbersdorf on trouve ce voyage trop fatigant et l'on conseille aux malades d'y rester. Les chambres des malades sont soumises cà une ventilation régulière et suffisante; la température y est en moyenne de 13 à 14° R. Il y a aussi des promenoirs couverts dans lesquels il est défendu de fumer.
Davos est devenu dans l'espace de douze ans le véritable centre des études et des observations sur les sanitoriums de montagne. Spengler (1), à l'ouvrage duquel nous ferons quelques emprunts, y a été médecin longtemps auparavant et d'autres médecins s'y sont successivement établis dont plusieurs après y avoir retrouvé une santé fortement menacée.
Davos est situé dans le Haut-Prgettigau, sur la route dcl'Engadine, et ses diverses stations varient d'altitude entre 1 400 et 1 500 mètres et un peu au delà. Il y a beaucoup de soleil, par moments assez de vent, surtout du sud, du sud-ouest, mais aussi du nord-est ; il n'y a pas beaucoup de pluie en comparaison de sa fréquence habituelle à pareille hauteur. La température moyenne de l'année est de 2%8; l'humidité de l'air est modérée. En hiver, les changements de température y sont moins fréquents et moins considérables qu'en été; c'est après lespluies prolongées que l'air se rafraîchit le plus. Une couche épaisse de neige couvre le sol depuis le milieu de novembre jusqu'en avril, où la fonte des neiges est une mauvaise saison. Le froid devient parfois intense, surtout en janvier; mais au total ce
(I) Die Landschaft Davos als Gurorlgegen Lungenschwindsuchle. Basel, 18G9.
climat froid est plus égal qu'on ne serait tontn de le croire. Même par un froid habituel, le milieu du jour est assez réchauffé jiar le soleil pour permettre aux malades de se promener et môme d'être assis, dans les endroits abrités, au soleil et en plein air.
Il faut quitter Davos à l'époque de la fonte des neiges et aller à Montreux et à Bex. On a aussi établi à Promuntognio, dans le Val Bergelt, une station très-abritée qui pourrait servir au printemps à ceux qui quittent Davos à cause du dégel et de la fonte des neiges.
J'ai vu beaucoup de malades qui ont été à Davos. La plupart d'entre eux s'étaient assez vite habitués au climat. La nourriture y est bonne et le vin de la Yaltcline y est aussi agréable que salubre. Les malades font un usage abondant de lait. On y fait un emploi très-large de l'hydrothérapie, et des douches de très-peu de durée, de quelques secondes, y sont données à la majorité des malades, dirigées par le médecin lui-même. Les pensionnaires se promènent pendant une partie de la journée et montent beaucoup, mouvement qui constitue une bonne gymnastique respiratoire. Chez quelques-uns des malades qui venaient de Davos, j'ai constaté que le mieux obtenu s'était bien consolidé et persistait; chez d'autres, la santé générale est restée meilleure, mais l'examen de la poitrine faisait constater la persistance de la tuberculose, état qui laissait l'espoir d'une amélioration progressive ; chez d'autres, le mieux très-réel faisait place, mais seulement après quelque temps, à l'aggravation progressive de la maladie. D'autres encore n'en avaient retiré aucun bien, mais c'étaient des malades trop avancés que l'on n'aurait pas dû y envoyer. En un mot : Davos produit tout le bien qu'on peut attendre d'une bonne station sanitaire d'hivrr dans une maladie où chaque pas de la thérapeutique et de l'hygiène est une lutte acharnée.
INDICATIONS DES SANITORIUMS. 533
Davos a-l-il plus de succès que les autres stations? Voilà ce qu'une bonne statistique dans laquelle un bon nombre de malades auraient pu être suivis et contrôlés, pendant un certain nombre d'années, pourrait seule nous apprendre. Mais une telle statistique reste encore à faire.
Aussec, en Styrie, est un sanitorium à 700 mètres d'altitude, bien dirigé et dans lequel le traitement par les sels chlorurés de l'eau salée vient en aide aux autres moyens de traitement.
St-Moriiz (le village), dans la haute Engadine, a élé utilisé aussi depuis quelques années comme sanitorium de montagne. Il est probable qu'il sera utile et salubre, comme Davos, mais l'expérience d'un certain nombre d'années, seule, peut en décider.
Des localités recommandées comme stations d'hiver, mais dont la réputation reste à faire sous ce rapport, sont : Glion (500 mètres), les Avants (4 000 mètres), Grion, au-dessus de Bex(l 100 mètres), Grindelwald (1 200 mètres), Kreuth, Gais, Partenkwiken, Koenigwart (d'après Kuchenmeister) et, enfin, diverses stations balnéaires des Pyrénées.
Les diverses stations d'hiver ont-elles des indications thérarapeutiques spécifiques? Je ne le pense. pas. Il n'est pas davantage possible de les classer d'après un seul élément météorologique, la pression de l'air, la température, l'humidité, etc. On a fait valoir à ce sujet, des considérations bien plus théoriques qu'applicables à la pratique. Le climat est un ensemble d'éléments qui agissent par leur harmonie, par leur réunion. Bien des localités offrent même des climats différents k peu de distance. L'opportunité, le choix dépend tout autant des moyens matériels, du caractère, de l'indiyiduaUté des malades que de la topographie. Il faut donc individualiser soigneusement et ne pas professer des opinions trop absolues. J'ai vu souvent à
53/t TUAITEMElNT DE LA TUBEIICIJI.OSE.
Montreux des malades qui s'y trouvaient bien pendant quelque temps et que j'ai dû envoyer plus lard dans le Midi, ou à Davos. Cela arrive à tous les praticiens consciencieux et expérimentés. Le môme malade peut donc avoir besoin de plusieurs stations pendant la môme station d'hiver.
Être au courant des indications générales que j'ai exposées, connaître les diverses localités, combiner ensuite un plan de i traitement climatologique, avec ces éléments, en individualisant autant que possible; ne pas tenir trop exclusivement à une localité, lorsqu'elle ne paraît pas convenir, modifier le plan du traitement selon le temps, l'époque de la saison, la marche de i la maladie chez chaque malade confié à nos soins : voilà la manière d'agir la plus judicieuse et la plus fréquemment utile.
Action de Vair comprimé ou raréfié.
Encouragé par les succès fréquents, quoique ordinairement i passagers, de l'air comprimé dans le traitement de l'emphysème j pulmonaire, on a aussi appliqué cette méthode à la thérapeu- * tique des maladies tuberculeuses. Jusqu'à présent nous ne pos- sédons point de preuves de son utilité réelle dans ces cas. Je n'ai pas observé de faits à l'appui et je n'en ai pas trouvé dans i la littérature médicale contemporaine. Chez quelques malades, la dyspnée, la toux, la sécrétion bronchique ont un peu dimi- ^ nué, mais très-passagèrement, même pendant la durée du trai- ' tement. Les gaz introduits en plus grande quantité dans le corps,
sous l'influence d'une pression plus haute, s'échappent par les 'f diverses voies d'élimination, du moment que la pression cesse. A coup sûr la tuberculose elle poumon n'en profilent pas.
L'appareil très-ingénieux, d'un transport facile, de Walden- i burg, dans lequel l'emploi de l'air comprimé et de l'air raréfié