‹ Traité clinique et pratique de la phthisie pulmonaireChapitre 112 sur 125 · LE MERCURE · texte numérisé non relu

LE MERCURE

de l'ai'senic. Il faut suspendre celtii-ci dès qu'il produit le moindre trouble gastrique ou intestinal et prescrire pendant son usage une diète nourrissante, mais d'une digestion facile.

Les pilules balsamiques de Morlon ont joui dans le temps d'une réputation antiphthisique. Je les ai rencontrées encore quelquefois dans les consultations, et, dans un cas notamment, elles m'ont paru faire du bien. Elles sont composées de cloportes 72 parties, de gomme ammoniaque 36 parties, de fleurs de benjoin biparties, de poudre de safran 4, de baume de tolu 4, et de baume de soufre anisé 24 parties. Cela sent de bien loin la polypharmacie. Les cloportes, que j'ai beaucoup étudiés au point de vue zoologique, sont-ils balsamiques, outils une vertu quelconque? C'est ce que je me suis demandé, sans arriver à une solution. Cependant j'ai vu de bons praticiens qui attachaient encore de la valeur à cette préparation, et on les trouve préparés dans les pharmacies de la Suisse française. Ces pharmaciens poussent-ils la conscience jusqu'à immoler des milliers de cloportes, et de quelle espèce, car il y en a beaucoup? Voilà ce que j'ignore complètement. Mais c'est là un échantillon de la thérapeutique antiphthisique ancienne et de l'héritage qui nous a été légué.

Les memtrmt^ ont joué un rôle, à différentes reprises, dans le traitement de la tuberculose. Le mercure est un médicament antiplastique par excellence, et il est le meilleur remède dans toutes les complications syphilitiques ainsi que lorsqu'un élément syphilitique existe dans l'étiologie même éloignée de la tuberculose, ce qui est loin d'être rare. Mais toutes les préparations mercurieîlcs, prises à l'intérieur, agissent plus ou moins défavorablement sur les fonctions de l'estomac. Aussi ne fais-je presque plus usage que des frictions mercurielles. J'ai traité par ces frictions des tuberculeux à une période peu

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avancée, sans complication vénérienne et sans soupçon de syphilis. J'ai trouvé que les frictions faites sur difierentes parties du corps avec 2 grammes d'onguent mercuriel par jour, pendant vingt à trente jours, en évitant soigneusement la salivation, étaient fort bien supportées dans la tuberculose commençante ; mais mon expérience sur la valeur de cette méthode est jusqu'à ce jour insuffisante. Il vaudrait cependant bien la peine qu'elle fût soumise à une expérimentation sérieuse et suivie, surtout dans les hôpitaux.

Pour d'autres remèdes altérants, tels que l'or, le soufre, je les ai trouvés sans résultat, malgré les bons effets des eaux minérales sulfureuses ; mais celles-ci sont bien mieux supportées par l'estomac que la poudre de soufre, et, en outre, on peut les employer en inhalations, sans compter que le climat et l'été ont leur part dans l'heureuse influence de ces eaux minérales.

Les préparations de chaux ont acquis une certaine vogue dans le traitementde la tuberculose comme améhorant la nutrition . Nous avons v u que les eaux d e Weissenburg et de Lippspringe étaient fortement calcaires. L'eau de chaux avec du lait constitue Une bonne boisson, mais elle est bien faiblement calcaire. On ordonne le phosphate de chaux en poudre à la dose de 4 à 2 grammes, deux à trois fois par jour, ou en pastilles ou en sirop dliypophosphite de chaux dont les malades prennent deux à trois fois par jour une cuillerée à café ; la dose est la même pour le sirop de lacto-phosphate de chaux; on peut aller pour ces sirops jusqu'à une ou deux cuillerées à soupe par j our. On regarde

en effet l'acide phosphorique et la chaux comme des éléments fort utiles à la nutrition. Mais à dire vrai je n'ai pas vu jusqu'à présent obtenir un effèt bien marqué de la chaux dans le traitement dû lu tuberculose. Ces sirops sont, du reste, généralement bien

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