L'ARSENIC
ment sur les foyers dystrophiques, mais il agit favorablement sur la tligcslion, sur rassimilalion, sur la nutrition, et tend à relever les forces. Plus d'une fois, même à une période avancée, c'était le seul remède que les malades prenaient volonliei^. D'ordinaire il convient surtput dans la tuberculose peu ôupas trop avancée. C'est le meilleur remède encore dans ces états chioro-anémiques qui, sans appartenir déjà à laphthisie, y prédisposent puissamment.
L'usage du fer est ancien dans cette maladie, témoin la célèbre potion de Griffith, que Niemeyer a remise en lionneur de nos jours et dont voici la composition :
Sulfate de 1er. Isr^âS
Carbonate de potasse pur P\50
Dissolvez dans eau de menthe 250 grammes.
Ajoutez myrrhe pulvérisée triturée avec 15 grammes de sucre avant d'être ajoutée cà la potion. — Le malade en prend 4 fois par jour une cuillerée à soupe. Cette potion, décorée du nom d'antihectique, agit surtout par le carbonate d'oxydule de fer.
Parmi les teintures de fer, on a le choix entre celles de malate de fer, d'acétate de fer, d'hydrochlorate de fer éthéi'ée (Teinture de BestuchefF), et de perchlorure de fer, etc. Nous avons déjà fait ressortir aussi les avantages de l'huile de foie de morue ferrugineuse, contenant en parfaite solution 1 p. 100 de benzoatedefer.
Varsenic est, d'après mes études prolongées sur ce sujet, doué de peu de propriétés utiles contre les maladies tuberculeuses. Au moins le résultat a-t-il été tel à Phôpital. Pidoux en a obtenu de bien meilleurs dans la pratique privée. En tout
cas son emploi est ralionncl, comme exerçant souvent une action favorable sur la nutrition, sur la dystrophie, sur la dysurie. On a voulu le faire envisager comme antipyrétique, mais je ne lui ai point reconnu cette action. Cependant, dans quelques cas, il m'a paru agir favorablement sur la nutrition et l'état général. Aussi revient-il toujours sur le tapis dans le traitement de cette maladie.
Trousseau le recommande sous forme de fumigations, il fait fumer des cigarettes en papier non collé dont chacune renferme 5 centigrammes d'arséniate de soude, il en a obtenu une amélioration passagère. Il vaut mieux doser exactement un médicament aussi actif. On emploie généralement la solution d'arséniate de soude de Fowlers, à la dose de 3 fois par joui- 2 à5 gouttes dans de l'eau. Je prescris ordinairement cette solution avec 2 parties d'eau de mélisse, pour qu'on se trompe le moins possible en composant les gouttes. Des médicaments anssi actifs ne doivent pas être pris en gouttes sans un bon compte-gouttes. Je préfère pour cette raison les pilules. Il y a d'excellents granules renfermant 1 milligramme d'arséniate de soude, dont 1 à 5 peuvent être successivement donnés dans les heures. Dioscoride avait déjà employé l'acide arsénieux chez les phthisiques. Aussi a-t-on donné son nom aux granules dits de Dioscoride, bonne préparation, dont chaque granule renferme 1 milligramme d'acide arsénieux. Je dépasse rarement la dose de 3 à 4 par jour. J'ordonne aussi volontiers des pilules renfermant chacune 0,05 centigr. de muriate de quinine et 0,001 d'acide arsénieux, et, si je veux donner davantage de quinine, je ne prescris qu'un demi-milligramme d'acide arsénieux par pilule. Si l'on veut donner le fer en môme temps que l'arsenic, il faut donner ces deux médicaments à plusieurs heures de dislance Tun de l'autre, car sans cela le fer neutralise l'action