‹ Traité clinique et pratique de la phthisie pulmonaireChapitre 114 sur 125 · LA TOUX · texte numérisé non relu

LA TOUX

bonne est le mélange de O^^iO de chlorhydrate de morphine avec autant d'extrait de belladone, dans 10 grammes d'eau d'amandes amères ou d'eau de laurier-cerise, mélange dont la dose est de 15 gouttes le soir et de 8 à 10 gouttes dans la journée, s'il faut en prendre plusieurs fois. La belladone, la thridace, l'extrait de stramonium, l'extrait de chanvre indien, sont insuffisants pour combattre seuls la toux des tuberculeux; mais, mêlées aux préparations opiacées, ces substances permettent de recourir à des doses moins fortes d'opium. L'hydrate de chloral à la dose de 2 tà 3 grammes dans une potion de 150 d'eau avec 50 de sirop de sucre ou de fleur d'oranger, pris trois à quatre fois le jour par cuillerées à soupe, ou à la dose de 1 à 2 grammes le soir, calme bien la toux sans narcotisme ni constipation; c'est pour cela que je l'ai de plus en plus employé contre la toux. Les perles de chloral à la dose de 3 à 4 le soir sont une préparation agréable et utile. Chez quelques malades un sinapisme, des vésicatoires volants diminuent mieux que les calmants une toux nerveuse. Des boissons chaudes, du thé pectoral avec du lait, conviendraient, si la tendance aux sueurs nocturnes n'était pas si prononcée. Pidoux dit que l'action d'avaler lentement et par petites portions l'eau glacée calme quelquefois la toux. J'ai vu des médecins en Allemagne qui préconisaient la conicine, à la dose de O^^OOl à 0SS002, seule ou avec de petites doses de morphine, contre cette toux opiniâtre.

Le bromure de potassium ne m'a pas paru influer sensiblement sur la toux. Fumer des cigarettes ou des cigares de belladone, de stramonium, est une ressource pour les fumeurs, mais une ressource en général insuffisante. Je ne permets point aux tuberculeux de fumer, ou j'admets tout au plus 1 à 2 cigares par jour pour ceux qui y sont très habitués, dès que la tuberculose fait des progrès. La nicotine n'est pas un calmant pour la

toux et l'empoisonnement par la nicotine est une fâcheuse conri^ plication.

Uexpecioration peut être difficile, peu abondante ou trop abondante. Pendant les premiers temps de la maladie et plus tard de temps à autre l'expectoration peut devenir ti (difficile. Dans ces cas il faut être sobre d'opium. Lorsque dos mucosités filantes, tenaces, adhèrent aux bronches et se détachent difficilement, un des meilleurs expectorants est l'iodui de potassium en solution à la dose de 1 à 2 grammes par jour, l 'n bon moyen aussi est le bicarbonate de soude à la dose de 2 à 4 grammes dans une solution de 120 grammes avec 30 de sirop d'ipéca ou de polygala. Les tablettes de kermès, d'ipéca sont quelquefois utiles. Il en est de même du lait chaud pur ou mêlé avec du thé pectoral, ou de celui-ci seul. Je fais ordinairement , mélanger 30 grammes d'espèces pectorales avec 15 d'herbe de Galéopsis grandiflora et 5 à 10 grammes d'herbe de Polygala amara, mélange qui a l'avantage de ne pas affadir l'estomac et ' de ne point troubler la digestion, comme les boissons simplement délayantes, qui sont rarement supportées pendant longtemps, tandis que j'ai fait prendre souvent ce thé pendant des I mois. L'inhalation de vapeurs chaudes facilite aussi l'expectoration, et mieux encore l'inhalation, faite avec un appareil pulvérisateur, d'une solution de chlorure de sodium, 1 à 2 parties pour 100 parties d'eau. Chez les malades affaiblis qui n'ont plus la force d'expulser les mucosités, les préparations ammoniacales sont utiles. On ajoutera aux potions 2 à 3 grammes de carbonate d'ammoniaque, ou mieux encore 2 à 4 gramme? de liqueur anisée d'ammoniaque. J'en fais mêler volontiers aussi 30 à 50 grammes avec 60 de sirop d'écorce d'oranges on de sirop de quinquina, mélange dont les malades prennent deux à quatre fois par jour une cuillerée à café.

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