CHAPITRE Y
DE L'HYDROCÉPHALIE DES TUBERCULEUX, DE LA MÉNINGIf TUBERCULEUSE ET DES TUBERCULES CÉRÉBRAUX
lo De l'hydrocéphalie aiguë, de l'épendijmite des tuberculeux, j
Depuis que l'anatomie pathologique a démontré la fréqueoQ des granulations tuberculeuses des méninges, là où on n'admet tait autrefois que l'hydrocéphale aiguë simple, on a beaucoup c i tendance à nier l'existence de cette dernière affection conâ dérée comme maladie spéciale. J'ai de tout temps protesN^ contre cette exagération. Sans compter les nombreuses obseï vations relatives à cette affection que j'ai recueilhes chez ât sujets non tuberculeux, je possède sept observations détaillét de tuberculose des poumons ou d'autres organes, dans les quelles j'ai pu constater cliniquement et anatomiquement l'hy drocéphale aiguë interne sans granulations dans les méninge et sans tubercules cérébraux; cinq de ces sept faits ont trait ; des enfants, deux à des adultes.
Les symptômes sont assez caractéristiques. Le début peu être latent, mais le plus souvent il est caractérisé par de h fièvre, souvent par un frisson. Les vomissements survienneni ordinairement au début et se répètent le premier et le deuxièni jour. La céphalalgie est très-intense, continue^ fronlo-lemporali Du générale; la fièvre est intense, la température monte à5('
HYDROCÉPHALIE AIGUË. 231 OU 40% le pouls est accéléré et petit, il y a 100 à 120 pulsations par minute, et davantage chez les enfants. Pendant un à deux jours les malades sont inquiets, agités et se plaignent beaucoup. Le délire survient de bonne heure, dès le premier ou le deuxième jour; il est plutôt calme qu'agité et violent, et dès le troisième jour il alterne avec le coma, qui bientôt devient l'état habituel, interrompu par moments de soupirs profonds, de plaintes, de cris aigus. Les pupilles, d'abord rétrécies, se dilatent et restent ainsi jusqu'à la fin; elles deviennent de plus en plus fixes et insensibles à la lumière. La face, rouge d'abord, pâlit de plus en plus, ou bien la rougeur alterne avec la pâleur. Les traits prennent bientôt les caractères de l'apathie; ils sont sans expression; les yeux sont incomplètement fermés et on voit une zone blanchâtre entre les paupières entr'ouvertes. Bientôt surviennent des mouvements spasmodiques des muscles de la face et des membres, des convulsions partielles, des paralysies locales d'un côté de la face, d'un membre ou d'un côté du corps. L'appétit cesse de bonne heure; la soif est vive tant que le eoma n'est pas prononcé; les vomissements cessent ordinairement dès le troisième jour; la constipation est opiniâtre; le pouls devient filiforme, très-petit, très-fréquent, après avoir été ralenti passagèrement les premiers jours. Le collapsus fait des progrès rapides et les malades meurent ordinairement pendant les derniers jours de la première semaine, ou au commencement, même vers la fin de la seconde. J'ai vu la durée deb maladie varier entre 6 et 14 jours; la moyenne est de 6 à 10 ours. Lorsque la maladie se prolonge pendant la deuxième semaine, on voit parfois une amélioration passagère survenir pendant un ou deux jours, ce qui donne quelques fausses lueurs d'espérance.