I.EBKP.T
Nous avons déjà dit et nous répétons que l'influence en question est due à l'action combinée de la grossesse et de l'étal puerpéral. Voyons à présent quelles sont les proportions relatives à la durée totale de la maladie dans ces cas, sa marche étant souvent accélérée.
Nous avons pu déterminer la durée de 27 cas.
Nous avons donc la proportion assez forte de 11 pour 100 de cas à marche aiguë ne dépassant pas trois mois, et en tout presque 3/7, presque 30 pour 100 de cas n'allant pas au delà de 6 mois; de 6 mois àl an nous avons encore 11 cas, ainsi les 2/5, un peu plus de 40 pour 100, et les 7/10, soit 70 pour 100, pour une durée qui n'a pas dépassé un an. Toutefois, il faut tenir compte aussi du fait qu'il reste près de 3/10, soit près de 30 pour 100 de cas pour une durée plus prolongée, dont la moitié jusqu'à trois ans et l'autre bien plus longue.
Ces chiffres sont encore atténués par le fait, qui ne saurait cependant être évalué par la statistique, que dans un certain nombre de cas, bien qu'en minorité d'après mon expé» rience, l'influence des grossesses et des couches est loin d'être défavorable. N'avons-nous pas vu que même chez plusieurs de nos malades défavorablement influencées plus tard, des grossesses antérieures étaient passées sans inconvénient, sans trouble quelconque, par rapport à la tuberculose.
Au-dessous de 1 mois
De 1 à 2 »
» 9 cà 12 »
» 1 à 2 ans
INFLUENCE DE LA GROSSESSE SUR L\ PHÏHISIE. -227 J'ai déjà dit à différentes reprises que l'influence des couches lit plus fâcheuse encore que celle de la grossesse. Tout en tent compte de ce fait que, la maladie ayant progressé, elle doit •e plus avancée après l'accouchement que plusieurs semaines mt celui-ci, il reste cependant un certain nombre de cas us lesquels l'accélération et l'aggravation pendant l'état puerral sont frappants. Il y a donc là plus qu'une progression orlaire; il y a réellement une mfluence pernicieuse, au moins ur un certain nombre de malades. Voici le tableau de 7 cas ns lesquels la mort a été indiquée par rapport aux couches :
Mort au bout de 10 jours après 4 '/a de durée 1 cas
» 5 semaines après 10 » 1 »
M 2 mois 5 » 1 »
Voilà donc plus d'un quart des cas du chiffre total dans {uella mort est survenue entre dix jours et deux mois et demi irès l'accouchement. Il faut donc qu'il y ait eu quelque action (jciale ; mais on ne saurait décider si c'était le traumatisme, la I blesse, les pertes diverses qui frappent pendant les couches 1 organisme déjà affaibli par la tuberculose. Probablement il agissait de l'action combinée de tous ces éléments divers. Je e suis posé la question de savoir si cette influence se faisait loir aussi sur la localisation de la tuberculose. Malgré la froicnce des ulcères intestinaux et des tubercules du péritoine, suis cependant arrivé à regarder l'influence puerpérale HTime nulle sur ces localisations. La forme la plus fréquente, I général pncumo-entérique, l'est aussi pour la grossesse et Hat puerpéral.
•l'ai été frappé de la fréquence de l'influence de l'hérédité
^"^« TUBEnCULOSE DES ORGANES GÉNITAUX,
dans ces cas. Malgré une grande rigueur dans l'appréciationo la constate dans plus de 1/8 des cas, taudis qu'elle est à pf de 1/6 ordinairement; je la soupçonne même bien plus 1( encore. J'en ai cité plus haut un exemple frappant. J'ai ai confirmé ce que j'ai exposé ailleurs, c'est que là où Vhévéi déploie son influence, les femmes de ce groupe sont atleiû plus jeunes que leurs parents tuberculeux. C'est même ai que la phthisie s'épuise dans les familles à hérédité bien pi noncée. La mort finit par enlever les jeunes gens en majei partie avant le mariage, sans compter que beaucoup d'enfa meurent en bas âge, en assez forte proportion, de méningite berculeuse.
Lorsque la phthisie n'est pas très-avancée à l'époque de 1', couchement, la lactation peut se faire exceptionnellement, m, les femmes ont ordinairement peu de lait et ne sont heureux ment pas en état d'allaiter leur enfant. Parmi les enfants q viennent au monde après la tuberculose de la mère pendant grossesse, les uns paraissent forts et robustes, d'autres so faibles et chétifs; aussi bon nombre succombent-ils pendant 1 premiers mois h des catarrhes bronchiques et intestinaux. PI sieurs deviennent robustes par la suite, après avoir été faibl et délicats d'abord. Beaucoup sont prédisposés aux maladi . scrofuleuses et plus tard à la tuberculose. J'ai eu l'occasion ( *l faire l'autopsie d'enfants provenant de mères tuberculeuses pei dant la grossesse et les couches, et chez ces enfants, morts jeiim' je n'ai point trouvé de tubercules. Pour le seul enfant âgé i deux mois que j'ai vu tuberculeux, je n'ai eu aucun rcnscigm ment sur la santé des parents.
Chez les singes, j'ai trouvé plusieurs fois les petits, â^'és d quelques mois, tuberculeux, lorsque la mère l'était. J'ai v , même la mère périr de tuberculose après que son nourrisson e;
INFLUENCE UE LA GROSSESSE SUR LA PHTHISIE. 229 îlait mort. La transmission de la tuberculose de la mère au )etit, ainsi que la tuberculose intra-utérine, sont donc bien )lus fréquentes chez le singe que chez l'homme. Le jeune singe )rovenant d'une mère tuberculeuse n'a pas une forte vitalité, ors même qu'il ne devient pas tuberculeux. Il résulte de toute cette analyse qu'cà côté de règles généiles sur l'influence de la grossesse et des couches, sur le déeloppement et la marche de la phthisie, il y a une grande ariété d'action. Il est donc nécessaire déjuger chaque cas parliiilier avec soin et après un examen aussi approfondi que posible des antécédents de la famille du malade et de l'état actuel insi que de la marche des divers groupes de phénomènes
tinstatés. D'un autre côté, il n'y a pas de doute qu'il faut un m plus grand nombre d'observations que celui que nous (ssédons pour arriver à des principes et à des doctrines ar- Hés sur ce sujet et pour apprécier tout aussi bien la grande iriabilité que les règles fondamentales.