‹ Traité clinique et pratique de la phthisie pulmonaireChapitre 50 sur 125 · FORMES DE LA MÉNINGITE · texte numérisé non relu

FORMES DE LA MÉNINGITE

que quelques-uns puissent manquer ou être peu prononcés. Les troubles intellectuels ne surviennent que peu à peu; puis le délire fait place, passagèrement d'abord, puis tout à fait, au coma permanent. Dans quelques cas les spasmes et les paralysies manquent ou sont peu prononcés.

2° La forme typhoïde n'est pas rare; les symptômes d'excitation sont peu prononcés et passagers et bientôt un état sopo- Iteux habituel s'établit, puis le coma devient complet; la langue se sèche, la bouche et le nez sont entourés de fuliginosités ; •w'tout, en un mot, présente la physionomie typhoïde, qui peut induire en erreur d'autant plus facilement que la fièvre typhoïde peut aussi pendant l'enfance suivre toutes ses phases avec une constipation persistante; toulefois, dans la méningite, le ventre est rétracté, il y a absence de roséole, de douleurs iléo-C8ecales, d'engorgement de la rate, et la marche thermique est toute différente. Malgré cela j'ai été plus d'une fois embarrassé pour le diagnostic pendant un certain nombre de jours.

3° La forme incomplète, avec une durée moyenne normale, est caractérisée par le manque d'un certain nombre de symptômes importants; les prodromes sont moins distincts ; la maladie une fois déclarée, les maux de tête sont moins intenses et moins permanents que de coutume, les vomissements manquent ou sont rares, la constipation est moins forte. A une période plus avancée, le coma est moins profond, une certaine lueur d'intelligence et de connaissance persiste, le strabisme, les spasmes, la paralysie, la dilatation des pupilles sont moins pro- " noncés que de coutume.

4" La forme à symptomatolocjie partielle peut offrir une certaine variété quant au temps, à la marche, .aux groupes de phénomènes : a. Lesgranulationsdcs méniuges se forment d'une manière latente; la phase des phénomènes d'irritation et

DE J.A MÉNINGITE TUBERCULEUSE, d'excitation est courte et fait bientôt place à un coma profond; les évacuations deviennent involontaires et la mort survient cinq à sept jours après que les symptômes ont été Ijien prononces.— 6. La durée ne paraît pas plus prolongée, mais ce sont les signes d'irritation qui dominent. Au lieu de la somnolence et du coma, l'agitation, le délire, les cris perçants, les phénomènes spasmodiques sont les principaux symptômes jusqu'à la mort, qui survient d'une manière inattendue. Il est probable que la cause de cette marche est la propagation de l'inflammation àl'écorce cérébrale. — c. Tout est peu caractéristique, presque latent jusqu'à la phase comateuse, ce qui est dû probablement à la prédominance des effets de l'épanchement ventriculaire. — d. Dans la forme essentiellement spasmodique, les spasmes, les secousses peuvent aller jusqu'aux convulsions, même d'aspect épileptiforme. La période comateuse est relativement courte.

5" La forme latente est moins fréquente qu'on ne le croirait. La physionomie de la maladie peut être tout à fait cérébrale, mais n'avoir rien de ce qui caractérise la méningite tuberculeuse. Parmi les maladies cérébrales qui ont pu donner le change, je citerai les cysticerques du cerveau et des méninges, avec accès convulsifs fréquents. L'hémiplégie ancienne, surtout de l'enfance, peut aussi imprimer une tout autre physionomie à la méningite. — Chez un de nos malades, il y avait depuis longtemps atrophie de l'écorce cérébrale avec un état d'apathie et d'idiotisme habituel. — Dans deux de nos observations, la pachyméningite a obscurci, masqué même les symptômes de la granulie méningitique. Mais j'ai vu aussi la méningite tuberculeuse latente sans complication aucune du côté des centres nerveux, lorsque de très-nombreux tubercules miliaires avaient envahi rapidement beaucoup d'oi-ganes. Dans ces cas, les autres localisations peuvent donner lieu à des

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