‹ Traité clinique et pratique de la phthisie pulmonaireChapitre 51 sur 125 · DE LA TUBERCULOSE DU CERVEAU · texte numérisé non relu

DE LA TUBERCULOSE DU CERVEAU

signes manifestes, sans que la méningite en fournisse.

Il est bon, enfin, tle rappeler ici que, pendant la phase terminale de la phthisie, l'anémie profonde du cerveau peut provoquer vers la fin des accidents cérébraux : du délire, du coma, des convulsions même, sans méningite granuleuse et sans hydrocéphale interne. Mais cette phase est courte, de un à deux, rarement de trois jours.

|b 30 De la tuberculose du cerveau.

BLes tubercules du cerveau ont ordinairement une marche Plironique et leurs symptômes font alors partie de ceux des diverses localisations tuberculeuses. Cependant, j'ai observé pux fois la tuberculose aiguë du cerveau, une fois comme maladie primitive et l'autre fois comme affection développée probablement vers la fin de la tuberculose des autres organes, bans l'un des deux cas, la mort est survenue après dix, dans l'autre après six jours de durée des symptômes cérébraux.

Les cas de ce genre étant des plus rares, j'en donne ici le résumé :

1" Une domestique, âgée de vingt-quatre ans, dont la mère est aliénée, a été bien portante jusqu'à ces dernières semaines. Depuis ce temps, on a surtout remarqué chez elle un singulier changement de caractère. De temps en temps elle s'est plainte lie maux de tête. Le 6 juillet 1853, elle est prise subitement (le violents maux de tête, d'une fièvre intense et de nausées. Elle perd bientôt sa connaissance et elle a un délire continu ; elle est très-constipée. Cet état s'aggravant toujours, la malade est conduite le 13 juillet dans ma division de l'hôpital de Zurich.

Malgré la continuité du délire, elle fait encore çà et là quelques réponses justes dans la matinée; mais à partir de

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midi, le délire est continu, la connaissance abolie, il est impossible de saisir la moindre cohérence dans ses paroles. Bientôt elle ne prononce plus que quelques mots en bégayant; elle ne sort la langue qu'incomplètement et avec peine; elle respire la bouche ouverte, sa respiration est haute et bruyante. Les yeux sont à moitié fermés, et lorsqu'on écarte les paupières on est frappé de la fixité du regard; les pupilles sont de largeur normale, mais immobiles, insensibles à la lumière; elle fait souvent des mouvements sans but avec les bras et les jambes; absence de paralysie; elle réagit faiblement contre les piqûres et les pincements de la peau.

L'examen de la poitrine montre un état tout à fait normal, Le pouls est à 96, médiocrement plein; fa langue est sèche, rouge, peu chargée; l'abdomen est normal; absence de météorisme, de tension, de douleurs; quelques taches ou plaques d'urticaires. La tête et les joues sont très-chaudes, ces dernières très-rouges. Le traitement par les émissions sanguines et le calomel reste sans action. La malade est dans un coma de plus en plus profond. Le '14-, la pupille droite est plus large que la gauche; chute de la paupière supérieure droite; la malade n'ouvre plus l'œil de ce côté; les joues prennent une rougeur bleuâtre, cyanotique; respiration laborieuse, bruyante, peu accélérée, 26 par minutes.

Le coma n'est plus interrompu que rarement par des sons inarticulés, plaintifs; urines copieuses, fortement colorées. Le 15 juillet, le coUapsus est presque complet; évacuations involontaires, pouls petit et faible sans être très-accéléré, 108. Après une agonie prolongée, la malade meurt le 15 k 5 heures

de l'après-midi.

Autopsie failc 16 heures après la mort. — EmbonpomU peu près normal. Dure-mère tendue, fortement hyperhémiée,

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( uillots noirs, en partie fibrineux, dans les sinus de la duremère. La surface cérébrale, très-liypérémiée aussi, est sèche, appliquée contre la dure-mère qu'elle distend; quelques circonvolutions paraissent même aplaties par la compression. Ilypérémie considérable de la pie-mère; peu de liquide sousarachnoïdien. L'écorce cérébrale, d'un gris rosé, est fortement injectée par places. On y trouve onze tubercules disséminés d'un volume variant de celui d'une lentille jusqu'à celui d'im petit pois, d'un jaune grisâtre; deux d'entre eux paraissenjt comme enkystés, entourés d'une espèce de capsule de tissu connectif jeune. Tout autour des tubercules, qui sont un peu plus nombreux à gauche qu'à droite, la substance cérébrale est trèsmolle et fortement injectée; peu de liquide dans les ventricules. La protubérance annulaire, coupée au niveau de son axe vertical, montre, dans une étendue d'un centimètre carré, de trèsnombreuses petites hémorrhagies qui lui donnent un aspect panaché de rouge.

Les poumons sont sains et ne montrent que dans les deux commets quelques tubercules anciens, jaunes et durs. Le cœur est normal; le foie et la rate sont médiocrement hypérémiés; la rate renferme plusieurs petites concrétions jaunes, les unes oncore presque molles, d'autres dures et comme calculeuses. Le rein droit renferme une seule petite granulation tuberculeuse. Rien d'anormal dans les voies digestives.

2° Une petite fille, âgée de quatre ans et sept mois, a paru Inen portante jusqu'à ce que, dans les derniers temps, elle •levmt tout à fait silencieuse, morose, cherchant le repos et se plaignant souvent de douleurs de tête; elle fut aussi de plus en plus somnolente. Quelquefois elle avait de la diarrhée. Le 2 juin 1866 elle fut prise d'une fièvre ardente, de vomissements et de diarrhée; elle eut quatre à cinq selles dans la journée. Léo juin

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