ALTÉRATIONS DU SYSTÈME CIRCULATOIRE
quelques cas des glandes bronchiques malades y adhèrent, ce qui peut conduire à une perforation avec hémorrhagie promplement mortelle. L'embolie de l'artère pulmonaire est moins rare qu'on ne croit. Le caillot obturant provient ordinail ement des veines du corps, surtout du système de la veineave inférieure. J'en ai observé 10 cas, et le nombre en serait bien plus considérable, si j'avais bien examiné l'artère pulmonaire dans toutes les autopsies. De ces 10 cas, 9 appartiennent à la forme chronique. Ordinairement l'obstruction a lieu dans des bronches de deuxième et de troisième ordre, quelquefois dans de plus petites. Lorsque des artérioles terminales sont obstruées, il y a un infarctus hémorrhagique correspondant. L'embolie se trouve ordinairement à cheval sur l'angle d'une division artérielle.
Les veines offrent dans 8 p. 100 des cas chroniques et dans 3 p. 100 des cas aigus des caillots adhérents, le plus souvent dans une des veines crurales, ou dans la saphène, plus souvent à gauche qu'à droite. Les caillots peuvent se propager jusque dans la veine cave inférieure. Une fois j'ai rencontré comme complication une phlébite purulente de la veine crurale et de la veine cave. J'ai observé des obstrutions veineuses de la jugulaire et des veines mésentériques, mais ces faits sont rares. La principale cause de ces thromboses est le ralentissement de la circulation. Une seule fois, j'ai trouvé comme cause la compression par des ganglions lymphatiques tuberculeux.
Altérations du système circulatoire chez, les tuberculeux.
Les vaisseaux sanguins ne pénètrent pas dans les tubercules ; ils les entourent, au contraire, d'un réseau vasculaire; de même que pour les foyers broncho-pneumoniques, de nombreux vais-
seaux s'oblitèrent et disparaissent. C'est donc la circulation pulmonaire qui est surtout en souffrance; elle le serait encore davantage, si des voies collatérales ne s'établissaient pas entre la petite et la grande circulation. Ces faits ont été bien étudiés par Schroeder van der Kolk (1) et par Natalis Guillot (2). Les artères bronchiques et intercostales servent surtout d'intermédiaires. Les adhérences pulmonaires favorisent ces communications. Guillot décrit en outre des vaisseaux de nouvelle formation autour des tubercules, qui ne s'aboucheraient que plus tard danslesvaisseaux préexistants. Guillot a trouvé aussi qu'en faisant une injection par les vaisseaux provenant de l'aorte, la matière à injection traversait les veines pulmonaires, bronchiales et l'azygos.