TABLEAU GÉNÉIUL DE LA PHTHISIE PULMONAIRE
heure très-prononcée, il n'est pas rare de trouver comme cause la complication avec un épancliement pleurétique. L'engorgement des glandes bronchiques et les ulcères du larynx, surtout de la région épiglottique, peuvent aussi augmenter la dyspnée de bonne heure.
Bientôt la toux, devenue habituelle, s'accompagne d'une expectoration muqueuse peu abondante. Les quintes de toux sont surtout incommodes pendant la nuit et vers le matin; elles peuvent s'accompagner de douleurs de poitrine. S'il y a un épanchement, les malades toussent davantage lorsqu'ils sont couchés sur le côté opposé. Étant devenue habituelle, fréquente, avec de forts accès, la toux excite souvent aussi le vomissement, chez les femmes, quelquefois l'émission involontaire d'un peu d'urine. Chez les enfants, la toux peut ressembler, à s'y méprendre, à la coqueluche, lorsque les glandes bronchiques sont fortement infiltrées.
L'expectoration, nulle d'abord, puis devenue plus abondante, reste encore pendant quelque temps calarrhale; mais plus tard les crachats, d'un jaune verdâtre, deviennent plats et montrent des bords très-irréguhers, déchiquetés. Des parcelles, en stries ou en petits morceaux, d'un blanc mat, leur donnent un aspect panaché. On y trouve rarement de petits cylindres fibrineux. Quelquefois la bronchite devient fétide; les crachats ont alors une odeur nauséabonde.
La quantité expectorée peut atteindre 200, 300, même 400 gr. et au delà dans les 24 heures, pour diminuer de nouveau. vers la fm de la maladie. Le microscope y montre quelquefois les fibres élastiques du poumon, fait sur lequel j'ai insisté le premier en 1844 et que je regarde encore aujourd'hui comme signe d'un travail destructeur, à de rares exceptions près. On voU quelquefois l'expectoration devenir rapidement beaucoup
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plus abondante, plus fluide, séro-purulente, lorsqu'un épanchement pleurélique s'est fait jour à travers les bronches. En laissant reposer les crachats, on distingue quelquefois deux, trois, même quatre couches distinctes.
Outre la teinte sanguine partielle des crachats, le vrai crachement du sang n'est pas rare dès le commencement de la maladie. Sa quantité peut varier entre quelques taches rouges, quelques cuillerées à café et 100, 200 grammes et bien au delà. Pendant les jours suivants, l'hémoptysie se répète volontiers; puis pendant quelques jours encore du sang qui a séjourné dans les bronches est rejeté, mais il est plutôt brun tirant sur le noir, tandis que le sang frais est rutilant. L'hémorrhagie ayant anémié localement la partie du poumon, bon nombre de malades se sentent beaucoup mieux après qu'auparavant. Les pneumorrhagies se répètent assez souvent chez quelques malades et constituent alors de vraies phases hémorrhagiques.
Le crachement de sang, dans laphthisieplus avancée, est bien plus grave, car il est la conséquence d'un travail destructeur. Plus d'une fois j'ai vu l'hémorrhagie provenant d'une caverne terminer rapidement la vie du malade. L'hémoptysie est rare chez les enfants, plus fréquente cependant dans la pratique privée qu'à l'hôpital. Elle est rare aussi chez les vieillards, et survient un peu plus souvent chez la femme que chez l'homme.
Les douleurs de poitrine se montrent surtout à la partie supérieure et en avant d'un seul côté ou entre les épaules ; elles sont parfois fort incommodes; la percussion peut y être douloureuse. Leur durée est irrégulière. Elles sont accrues par les mouvements et par des inspirations profondes; les quintes de toux les augmentent aussi. On peut distinguer la douleur locale de la pleurésie sèche, de la douleur névralgique intercostale et de la douleur rhumatoïde plus vague, plus fugitive.
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