‹ Traité clinique et pratique de la phthisie pulmonaireChapitre 78 sur 125 · ALTÉRATIONS DES OS · texte numérisé non relu

ALTÉRATIONS DES OS

souvent à la phthisie pulmonaire et parfois à la méning ite tuberculeuse. Nous allons parler d'abord des altérations non tuberculeuses et ensuite de la tuberculose des os.

Altérations non tuberculeuses des os.

Je n'ai pas analysé ma collection d'observations de maladies des os au point de vue de la coexistence de la tuberculose. Parmi mes observations de phthisie pulmonaire, 22 sont compliquées d'affections osseuses, dont 10 de carie vertébrale et 12 de carie de divers autres os. De ces 10 cas 2 se rapportent à la carie cervicale (l'un d'eux avec carie thoracique), les dernières vertèbres cervicales et les premières thoraciques étant atteintes. Dans 3 cas de carie thoracique seule le travail destructeur était également considérable. Dans un de ces cas cependant des ponts osseux compactes de nouvelle formation avaient déjà commencé leur travail de consolidation. Dans 5 cas la carie était lombaire, une fois avec carie du sternum, une fois avec celle de l'excavation du sacrum, de la face interne d'un des os iliaques et d'un trochanter. Dans 4 cas il y avait carie étendue du rocher, une fois avec gangrène de l'os. Dans 'les 3 autres cas les deux rochers étaient cariés. Je regrette d'avoir à laisser de côté un certain nombre d'autres cas de carie de l'oreille interne avec tuberculose pulmonaire, sur lesquels je ne possède pas des notes assez complètes. Chez un enfant, probablement syphilitique, il y avait une destruction étendue des os du nez et de l'intérieur des cavités nasales jusqu'à l'ethmoïde et au sphénoïde. Chez un autre enfant la carie de la partie inférieure de l'humérus était l'altération principale. Dans 4 cas la carie occupait un certain nombre d'os à la fois, etc. En un mot, les 22 cas ont présenté une grande variété d'altérations des os. Chez tous ces malades

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la phthisie pulmonaire était très-avancée à l'époque de la mort.

Des tubercules des os.

Malgré toute la sévérité que j'ai mise dans l'examen de la nature tuberculeuse des maladies des os, j'en ai pu réunir 12 observations , sans compter les cas de granulations tuberculeuses miliaires, constantes dans la moelle des os de ceux qui succombent à la phthisie vague (Cohnheim). Parmi les 12 cas chroniques il y a eu des tubercules superficiels dans le périoste, sous le périoste et dans le tissu osseux même. Ces derniers peuvent être fermes, jaunes, du volume d'un pois à celui d'une noisette, d'autres sont ramollis, entourés ou non de carie. J'ai vu aussi des tubercules jaunes plus volumineux que les granulations de la tuberculose aiguë, dans la moelle des os. Lorsque l'os n'est pas carié ou nécrosé près des tubercules, son tissu est tantôt raréfié, tantôt condensé et compacte.

Des 12 cas mentionnés 6 avaient leurs sièges dans les vertèbres, 2 dans l'articulation de la hanche, les autres dans les os des extrémités. Dans la moitié' seulement de ces 12 cas, il y avait en même temps tuberculose externe; dans les autres il y avait des foyers crétacés anciens dans les poumons.

Les os peuvent donc être le siège primitif de la tuberculose.

Celle-ci peut envahir secondairement les poumons ou quelque autre organe, ou bien même laisser intacts tous les viscères.

Les articulations des enfants scrofuleux , atteints d'arthrite chronique, renferment assez souvent, d'après Kôster, des o-ranulations tuberculeuses. J'ai vu aussi la tuberculose miliaire articulaire être le point de. départ d'une tubercuHsatioû subaiguë générale et mortelle.

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