LES STATIONS CIJMATÉRIQUES D'ÉTÉ
Si nous jetons un coup d'œil sur les diverses localités de la Haute-Engadine, nous avons dans Sils un charmant séjour, retiré, à climat relativement doux et à proximité de belles promenades et de nombreuses excursions.
La grande route du Julier, ainsi que celle d'Italie qui traverse la montagne et celle qui remonte la vallée depuis son origine, convergent àSilvaplana. Mais, chose curieuse, cettebellelocalité, située à plus de iSOO mètres d'altitude, passablement abritée des vents du nord et du nord-est, pourvue d'un excellent hôtel, a plutôt attiré jusqu'cà ce jour l'attention des touristes que celle des médecins. Ayant visité souvent la Haute-Engadine et ayant séjourné à Silvaplana, j'ai reconnu à cette localité un site fort •beau, un climat doux et deux ressources bien précieuses pour les maladies de poitrine. La première est la cure du laitalpestre instituée d'après nos conseils et qui permettra aux malades d'y trouver du lait de vache, de chèvre, d'ânesse, même de brebis, provenant des animaux du Bergamasque qui paissent dans les montagnes voisines. Le second avantage est la source de Surlej, connue d'ancienne date et isolée de nouveau par la sollicitude du propriétaire actuel, M. Hauser. La nouvelle analyse démontre que cette eau calcaire et en même temps ferrugineuse a une grande analogie de composition avec les eaux de Weissenburg, dans le canton de Berne, si renommées en Suisse dans le traitement des maladies de poitrine.
Saint Moritz, avec ses sources ferrugineuses fortement acidulées, est devenu un bain européen et mieux que cela, puisque même d'Amérique des malades viennent lui demander la guél ison. C'est aussi une excellente position pour les poitrinaires, mais à ces derniers je ne conseille pas l'usage de cette eau, irop 1 iche pour eux en acide carbonique. Aussi le séjour du village de Saint-Moritz est-il préférable pour eux. On a eu bien raison d'y
^t86 TIUITKMENT DE \A TUBERCULOSE.
instituer un sanatorium pour l'hiver. Depuis longtemps les habitants des Grisons qui commencent à souiïrir d'une maladie de poitrine dans les plaines de l'Allemagne, de la France, de l'Italie, reviennent dans leur haute vallée alpestre, pour se guérir. Lorsqu'ils passent été et hiver pendant ime ou deux ou plusieurs années dans leur pays natal, bon nombre d'entre eux voient le mal diminuer d'abord, puis s'arrêter, pour guérir plus tard. J'y ai envoyé des malades pendant l'hiver qui s'en sont fort bien trouvés.
Parmi les meilleures stations, les plus abritées, les plus confortables, les mieux surveillées médicalement aussi, je compte Pontrcsina qui, en effet, dans peu d'années a vu doubler et tripler ses nombreuxhôtels et ses pensions. Célerina et Samaden sont des localités dans lesquelles s'arrêtent aussi les malades qui veulent faire une cure cUmatérique. Samaden est sans contredit sous ce rapport un des endroits qui offrent le plus de ressources.
//. Du traitement des tuberculeux par le changement d'air, par la cure cUmatérique pendant l'hiver.
Nous arrivons à un sujet bien important et souvent bien difficile dans la pratique médicale, au séjour des tuberculeux, ou de ceux qui sont menacés de tuberculose, dans une station hivernale.
Nous avons vu, en traçant la marche de la phthisie, que la tuberculose pouvait guérir cà toutes les époques, dans toutes les phases de son développement, mais que l'état stationnaire, l'amélioration, la guérison temporaire ou plus durable étaient d'autant plus possibles que la maladie était moins avancée, que la santé générale était moins altérée et que les conditions extérieures et hygiéniques étaient meilleures.