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CHAPITRE IV

Art. X. — Historique.

On a publié de nombreux mémoires sur l'origine de cette maladie et sur l'époque où elle a paru dans le monde. Il est inutile de reproduire ici toutes les discussions auxquelles la question historique a donné naissance, et nous nous contenterons dédire, avec M. Bousquet, « qu'après les Chinois, les Arabes ont connu les premiers la petite vérole, et que Sydenham en a donné la première description fidèle. » Depuis lors les publications se sont multipliées et l'histoire descriptive de la maladie est parfaitement connue.

Une bibliographie de la variole formerait à elle seule un volume, dit Joseph Frank : aussi l'on comprendra que nous n'avons pas l'intention de mentionner tous les traités et les mémoires qui ont été publiés sur cette pyrexie. D'ailleurs ces travaux sont loin d'être spéciaux à la variole des enfants, et conséquemment leur analyse serait de peu d'intérêt pour ceux qui s'occupent exclusivement de la médecine du jeune âge. Nous renvoyons ceux de nos lecteurs qui désireraient faire quelques recherches historiques sur cette maladie, à la notice bibliographique publiée par Joseph Frank.

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Nous nous contenterons de signaler quelques travaux dans lesquels la variole a été étudiée d'une manière spéciale chez les enfants, et que Ton pourra consulter avec fruit : ce sont, 1° plusieurs parties du Traité de médecine pratique deSydenham, qui a donné des préceptes diagnostiques, pronostiques et thérapeutiques sur la variole du jeune âge; 2° le Traité des maladies des enfants de Rosen, qui a particulièrement insisté sur ie pronostic et sur le traitement ; 3* l'excellente monographie d'Hufeland (1), qui est entré dans les détails les plus circonstanciés sur le traitement de la variole naturelle et inoculée. On trouve annexées à ce travail 11 observations intéressantes de variole chez des enfants de un à quinze ans; 4° le Traité des maladies des enfants de Fleisch (2). Ce médecin consacre 78 pages à l'étude de la maladie qui nous occupe. Son traitement est très détaillé ; il indique surtout avec précision les médications qui conviennent aux symptômes pénibles de la maladie, tels que les douleurs de tête et de gorge, la salivation, etc.; 5° le Traité deWendt (3), qui a recommandé l'emploi des préparations d'opium, de musc, de camphre, d'arnica, de valériane, de quinquina dans le traitement des varioles dites malignes; 6° celui de Henke (4), qui a insisté sur les différentes formes anatomiques et symptomatiques. Parmi les premières, il range les varioles confluentes, discrètes, lymphatiques, siliqueuses, verruqueuses, sanguines ; parmi les secondes, celles qu'il nomme inflammatoires, gastriques, malignes, nerveuses, putrides. L'article Pronostic est traité avec développement. Henke dit avoir retiré de bons effets de la teinture thébaïque à la dose de 2 à 3 gouttes toutes les demi-heures quand l'éruption était lente à paraître; 7° le Traité de Meissner (5), qui a cité la plupart des auteurs allemands auxquels on doit des observations sur les complications de la variole; mais il n'a pas assez distingué celles qui étaient inhérentes à la maladie elle-même, et celles qu'on devait considérer comme de simples coïncidences ; 8° enfin nous louerons sans réserve l'excellent travail du docteur Gregory (6), qui, après avoir étudié les principales complications de la variole et l'époque à laquelle elles se manifestent, a indiqué dans un tableau synoptique, composé avec 168 observations, l'époque à laquelle survient la mort. Il a recherche ensuite quelles étaient les causes de la terminaison fatale aux différentes périodes de la maladie. Du premier au septième jour, ce sont

(1) Bemerkmgen Ober die naturlichm und geîmpflen Blattem, etc. Berlin, 1798. S. 15-255.

(2) Handbuch uber die Krankheilen der Kinder. 2 Bd. S. 1-78.

(3) Die Kinder krankheilen, tic, S. 191-224.

(4) Handbuch zur Erkenntniss und Heilung der Kinderkrankheiten, etc. I Bd. S. 239-264.

(5) Die Kinderkranhheilen% etc., Bd. S. 391-433.

(6) Cyclopedia, etc., dans Analecten. Heft XII, S. 81.

les accidents cérébraux, du huitième an treizième l'inflammation du larynx, du quinzième au vingt et unième l'intensité du mouvement fébrile, les épanchemenls dans le cerveau, la gangrène de la peau, la pneumonie, la pleurésie et la laryngite; au delà de cette époque, la mort est occasionnée par l'épuisement, l'érysipèle et la persistance du mouvement fébrile.

MM. Evanson et Maunsell ont décrit à part les varioles discrètes et confluentes et la varioloide. Leur travail est court et n'offre rien de remarquable. Frankel, dans la traduction allemande qu'il a donnée de cet ouvrage, a ajouté des notes étendues et mis à contribution les travaux des médecins allemands. 11 distingue, comme Henke, les formes inflammatoire, nerveuse et putride. Nous ferons remarquer ici que, pour les médecins de l'Allemagne, ces différentes dénominations indiquent une véritable complication de la variole avec les maladies auxquelles ils donnent le nom de fièvres synoque, nerveuse ou pntride, tandis que nous ne voyons dans ces variétés que la prédominance de certains symptômes.

Indépendamment des ouvrages que nous venons de citer rapidement, et dont nous aurions pu beaucoup augmenter le nombre, nous rappellerons que l'on trouve dans la science plusieurs observations particulières ou mémoires :

lf Sur les complications de la variole ;

2° Sur les varioles après vaccine ;

3° Sur les récidives ;

U° Sur la marche simultanée de la variole et de la vaccine.

Nous allons citer ici les principales sources.

1° Complications de la variole. — Les observations de varioles compliquées de convulsions sont rares. Nous avons trouvé un fait de cette espèce dans le Journal de Vandermonde. Il s'agit d'un enfant de sept ans dont la variole fut précédée de convulsions et de miliaire. Les accidents convulsifs persistèrent, et ce fut le troisième jour seulement, à la suite d'un bain, que survint l'éruption (1). Dans un autre fait, il s'agit d'une variole irrégulière ataxique, dont l'éruption fut favorisée par l'administration d'un bain chaud (2).

Les observations de variole compliquée d'autres éruptions ou de purpura sont plus nombreuses. Des Essarts a publié des observations de scarlatine suivie de variole, et d'autres exemples de variole compliquée de miliaire. Dans ce dernier cas, l'invasion de la petite vérole était annoncée par de la fièvre, de la soif et du délire; cinq ou six heures après survenait l'éruption pustuleuse ; puis il apparaissait une miliaire qui suspendait la marche de la variole.

On a fréquemment signalé la complication du purpura ; nous cite-

(1) Joum. méL-chir. et pharm., 1760, t. XIII. (2) /d.,1768, t. XXV1H, p. 314.

U maladies gliNàiialk» aioues spécifiques.

rons eu particulier l'observation, insérée dans le Journal de Vandermonde (1), d'une fille de six ans qui, au quinzième jour d'une variole discrète, fut, à la suite d'un orage, prise d'une abondante hémorrhagie nasale, et d'un purpura très étendu. Malgré le traitement tonique, lu maladie s'aggravait et l'enfant était à l'agonie; il y avait des mouvements convulsifs du visage; le pouls était misérable. On appliqua des vésicatoires aux extrémités ; il survint de l'amélioration, et la pe~ tite malade guérit.

Des exemples de variole hémorrhagique ont été publiés par Matthey (2) ; on eu trouve un autre dans le Journal de Boston (3). Il s'agit dans ce cas d'un enfant de huit mois atteint de varicelle qui se compliqua de purpura le second jour. A l'autopsie, les reins, de couleur noire, ressemblaient à des caillots (apoplexie). Plusieurs observations de variole hémorrhagique sont relatées dans la thèse du docteur Couture; une autre est publiée dans le Journal des hôpitaux (û) ; dans ce cas, le purpura précéda la variole. M. Murdoch (5) en a rapporté plusieurs exemples chez des enfants très détériorés ; l'haleine devenait fétide ; les lèvres se couvraient de croûtes noirâtres ; l'éruption était en général retardée dans sa marche. Des faits semblables ont été publiés par M. Weber, qui a observé aussi des épanchements sanguins dans des cas où, pendant la vie, on n'avait pas constaté d'hémorrhagie(6).

On trouve aussi quelques renseignements sur d'autres complications moins fréquentes, sur l'anasarque (7), la gangrène de la bouche (8), les douleurs rhumatoïdes (9), les abcès (Weber, loc. cit.), le croup (10), les ulcérations du tube digestif (Weber, loc. cit. , Obs. 7), la pneumonie (11).

M. Couture (12), dans sa thèse, a insisté sur plusieurs des complications de la variole dans l'enfance. Il dit que dans la période d'éruption il peut se développer des inflammations pharyngées, des affections gastro-intestinales, et entre autres, la dysenterie, des affections thoraciques, telles que la bronchite, la pleurésie, la pneumonie. Pendant la période de suppuration, les maladies intercurrentes sont plus

(i) 1791, t. LXXXVUI, p. 325.

(2) Ann. Soc. méd. de MonlpelL, t. XVUI, p. 34.

(3) The Bost. med. and surg. journ., dans Journal des progrès.

(4) Deuxième année, 1S23, p. 162.

(5) Clinique Ann., 2e année, p. 100.

(6) Journ. hebd.y 1830, p. 89.

(7) Journ. méd.-chir. pharm., 1791, t. LXXXVI, p. 325. <8) Ibid.

(9) Ibid.

(10) Journ. hcbd.t l. I, 18,50.

(11) Constant, dans Gaz. nw.1.9 1833, p. 765.

vl 2) Thèse sur la variole compliquée, u° 1 1, 182'J.

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