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CHAPITRE PREMIER

ASCARIDES LOMBR1COÏDLS.

Art. X. — Description du lombric (2).

L'ascaride lombricoide a une grosseur de 5 à 7 millimètres sur une longueur de 16, 27 et &0 centimètres. Les petits, de la longueur

(1) Voyez Bremser, Traité zoologique et physiologique des vers intestinaux * l'homme, p. 553 à 574.

(2) Bremser, toc. cit., p. 158.

ASCARIDES rOMBMCOLDES. 863

de A cm ti mètres, sont rares. Nous avons cependant trouvé dans l'intestin d'un entant de quinze mois une prodigeuse quantité d'ascarides tous de la même grosseur, ressemblant à du gros vermicelle et n'ayant pas plus de U à 6 centimètres de largeur. Ils étaient beaucoup plus blancs que les lombrics ordinaires (1). Le corps est cylindrique, presque également aminci vers ses deux extrémités ; il l'est cependant plus du côté de la tête, qui se distingue du reste du corps par un enfoncement ou dépression circulaire. On voit audessus de cette dépression trois boutons, ou plutôt trois valvules qui peuvent s'ouvrir et se fermer ; quand elles s'ouvrent, on aperçoit encore au milieu d'elles un tube qui est l'ouverture de la bouche proprement dite; on voit de chaque côté, et le long corps, une petite rainure.

La couleur de ces vers est d'un rose plus ou moins foncé; elle dépend de la nature des aliments dont ils sont gorgés.

Le canal alimentaire, que Ton reconnaît à sa couleur brunfttre, se termine par une fente transversale ou anus, qui est situé à la partie inférieure, un peu avant l'extrémité postérieure du corps.

Les deux sexes sont séparés; le mâle se distingue de la femelle par sa queue, qui est recourbée, et par laquelle sort quelquefois un double pénis. Les organes de la génération de la femelle sont des conduits blancs, faciles k voir à travers la transparence de l'enveloppe; leur couleur tranche sur celle du canal intestinal.

Siège du lombric. — L'intestin grêle est le lieu d'élection des ascarides lombricoïdes, c'est là que nous les avons presque toujours rencontrés ; cependant ils peuvent occuper plusieurs autres parties du canal gastro-intestinal : ainsi nous en avons trouvé dans les gros intestins, dans l'estomac, dans l'œsophage, dans le pharynx. Nous en avons vu être rejetés par les vomissements en même temps que par les selles, et d'autres sortir par les fosses nasales. Mais, dans ces différents cas, les entozoaires avaient abandonné le siège dans lequel ils s'étaient primitivement développés. On a cité des exemples de vers qui s'étaientintroduits par le canal cholédoque jusque dans l'intérieur du foie. On en a retrouvé dans la cavité péritonéalc, et jusque dans la vessie. Le tube digestif, ses dépendances, et les organes contenus dans la cavité du ventre, ne sont pas les seules parties du corps dans lesquelles on ait constaté la présence des lombrics. Dans plusieurs observations particulières, sur lesquelles nous reviendrons tout à l'heure, on a signalé la présence des ascarides dans le larynx, dans la trachée, dans les grosses et les petites bronches ; on les a vus s'introduire dans le canal nasal et les sinus frontaux, et même sortir par le conduit auriculaire externe. Mais nous ne sachons pas que ce

(1) Voyez observation 1 du mémoire de M. Rilliet sur quelques-unes des maladifs gastro-intestinales de la première enfonce (Gaz. m d., 29 janvier 1853).

transformation graisseuse est plutôt sous la dépendance du fluxdiarrhéique et de la cachexie qu'il détermine que sous celle des lésions anatomiques. Celles-ci ne peuvent être considérées comme une cause qu'en raison de la diarrhée abondante et prolongée dont elles sont l'occasion. Nous avons déjà dit que cette opinion nous parait beaucoup trop absolue. Si Ton arrivait à prouver que la diarrhée prolongée et la cachexie qui en est la suite sont une cause de la dégénérescence graisseuse du foie, il faudrait reconnaître aussi que cette cause est loin d'être la seule. En effet, l'un de nos tuberculeux, dont le foie était gras, avait de la constipation. Chez plusieurs autres, la diarrhée, très peu abondante, ou survenue dans les derniers jours de la vie, ne pouvait nullement être accusée du dépérissement et del'étot cachectique de nos jeunes malades.

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