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CHAPITRE XXI

TUBERCULISATION DES REINS.

Art. I. — Anatomie pathologique.

Les tubercules des reins sont beaucoup plus fréquents chez l'enfant que chez l'adulte. Nous avons constaté dans ces organes des tubercules miliaires, des granulations grises, des granulations jaunes, el enfin de véritables kystes pleins de matière tuberculeuse ramollie, analogues à des excavations tuberculeuses ou plutôt à des cavernes ganglionnaires.

Le tubercule miliaire siège dans la substance corticale, dans laquelle il est comme enchatonné, se montrant à peine à la surface sous forme d'une petite tache jaune qui ne répond pas à ses dimensions réelles. Son adhérence à la substance rénale est peu intime, et on le détache facilement sans enlever avec lui des portions de tissu ; on ne distingue pas de kyste. Très rarement le tubercule miliaire dépasse II substance corticale ; cependant, cinq de nos malades avaient à la fois des tubercules dans les deux substances. Chez l'un d'eux on voyait à l'extérieur de petites taches jaunes correspondant à de petits tubercules un peu mous ; d'autres taches se prolongeaient dans l'intérie» du rein sous forme de lignes jaunâtres, ayant tout à fait l'aspect tuberculeux. C'est le seul cas où nou9 ayons vu dans le rein des tubercules miliaires ramollis. La membrane externe du rein estai* au niveau du point où elle est eu contact avec le produit accidentel.

Les granulations grises et jaunes occupent le même siège ; elles sont, en général, rares, et offrent exactement les mêmes caractères qt* celles du poumon ; nous les avons observées seules, ou accompagnées de tubercules miliaires, Les granulations grises étaient dew-

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volumineux paquets de lombrics dans l'estomac ou dans l'œsophage, sauf peut-être une observation de M. Tonnelé, sur laquelle nous reviendrons plus tard.

Etat de la membrane muqueuse. — Nous avons le plus souvent trouvé la partie de cette membrane sur laquelle reposaient les lombrics dans un état d'intégrité parfait ; les vers étaient enveloppés de mucus visqueux, ou mêlés à des matières fécales tout à fait semblables à celles que Ton retrouve en d'autres points de l'intestin, chez des sujets dont le canal digestif ne renferme pas d'entozoaires. Dans quelques cas, nous avons observé une fine injection vasculaire en tout semblable à celle de l'entérite érythémateuse ; très rarement la consistance de la membrane muqueuse était diminuée. Comme ces légères altérations de tissu existaient seulement dans le point où étaient rassemblés plusieurs lombrics, et manquaient ailleurs, nous en avons conclu qu'elles étaient le résultat de l'irritation locale exercée par ces animaux.

Les ascarides peuvent, dans des cas rares, déterminer des altérations plus graves. Ainsi, dans le fait rapporté par M. Bretonneau, ils avaient froissé et meurtri les tuniques de l'intestin, au point que dans la plus grande partie de sa circonférence, la membrane muqueuse était détruite par celte attrition. Dans le cas précité, où les vers étaient si petits et si nombreux, nous avons constaté un ramollissement gélatiniforme très considérable de presque tout le tube gastro-intestinal et une sécrétion acide très prononcée. L'existence d'une entérite produite par l'action directe des vers intestinaux est, du reste, admise par la plupart des pathologis tes.

Perforation de l'intestin. — La grande majorité des médecins refuse auxentozoaires la faculté de déterminer des lésions plus profondes, de véritables perforations. Cette opinion a été ainsi formulée par H. Cruveilbier (1) : « Les vers trouvés dans la cavité du péritoine ou dans quelques abcès stercoraux, n'y étaient point arrivés en perforant l'intestin ; la perforation avait précédé leur passage. »

Dans ces derniers temps, les docteurs Mondière (2) etCharcelay (3) ont de nouveau étudié cette question, et professé, contrairement à l'opinion de Bremser et de Rudolphi, soutenue plus tard par MM. Scoutetten, Cruveilhier, Jules Cloquet, la possibilité de la perforation vermineuse active.

Les pathologistes qui ont constaté l'existence des perforations produites d'une manière directe par les vers lombrics, se sont appuyés

(i) Dkt. dsméd. et de chir. prat., t. VII, p. 338.

(2) Recherches pour servir à V histoire de la perforation des intestins par les vers ascarides, et des tumeurs vermineuses des parois abdominales. (Expérience, 25 Juin 1838.)

(3) Hémorrhagie du duodénum due à une artériole ouverte par des ascarides. {Recueil des travaux de la Société médicale d> Indre-et-Loire du premier semestre 1839.)

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