CHAPITRE II
OXYURE VERMICCLAWE.
Art. X. — Description.
Le mâle, de la longueur d'une ligne ou d'une ligne et demie, aie corps mince, très élastique et d'une couleur blanche. La partie antérieure, obtuse, est entourée d'une membrane transparente, au travers de laquelle on aperçoit, formant une espèce de vessie, uq tube droit, qui est l'œsophage, et qui devient claviforme à l'endroit où il se perd dans un estomac globuleux. Le tube intestinal s'étend dans toute la longueur du corps, qui devient peu à peu plus gros, ^t se contourne en spirale vers la queue.
La femelle est plus grande que le mâle, et acquiert une longueur de tx à 5 lignes. l>a conformation de la partie antérieure ressemble, par sa structure intérieure et extérieure, à celle du mâle, jusqu'à l'endroit où se termine l'œsophage. A partir de ce point, le canal alimentaire est entouré de tous côtés par les oviductes.
Le ver augmente de grosseur depuis la tête jusque vers le premier tiers de sa longueur ; au delà, il devient plus mince, et la queue se termine en forme de poinçon, tellement fin à son extrémité, que l'œil non armé du microscope a peine à l'apercevoir.
Bremser, à qui nous avons emprunté cette description, a remarqué que l'on trouvait dans les auteurs*beaucoup d'exemples où des larves de mouches et des articulations détachées du Uenia avaient été prises pour cette espèce de vers.
Siège. — L'oxyure vermiculaire occupe toujours l'extrémité iuférieur du rectum; cependant Bremser dit en avoir rencontré dans le caecum.
Art. XX. — Symptôme*.
Dans quelques cas rares, la présence de ces vers n 'occasionne aucune incommodité, mais le plus souvent il n'en est pas ainsi ; ils causent de très vives démangeaisons, et quelquefois des douleurs atroces. On trouve dans les auteurs des exemples d'accidents nerveux grave qui ont été le résultat de leur présence. Le fait n'a rien d'étounaot pour qui connaît l'influence ries démangeaisons sur le système nerveux. M. Cruveilhier rapporte le fait suivant :
« Un enfant de neuf ans était réveillé toutes les nuils à la même heure par des douleurs intolérables à la région de l'anus. Ce malheureux enfant poussait des cria, se comprimait le fondement et se traînait dans l'appartement La périodicité des douleurs me fit penser d'abord à une fièvre intermittente. Je loi
OXYURE VERMICULAIRE. 8<ft
administrai le sulfale de quinine en potion, puis des lavements, mais sans effet. J'eus l'idée que ces douleurs périodiques pouvaient tenir à des oxyures ; j'examinai Pan us, et je trouvai au fond des plis plusieurs de ces petits animaux qui s'agitaient avec vivacité. Un peu d'onguent gris, posé sur l'anus pendant quelques jours, enleva les douleurs avec la cause. »
Les oxyures n'occasionnent guère de démangeaisons vives) que lorsque les enfants sont couchés. Il est probable que la chaleur du Ht excite ces helminthes, et que les démangeaisons sont le résultat de leurs mouvements multipliés.
Le voisinage du rectum et des organes génitaux fait que les oxyures occasionnent quelquefois une excitation sympathique ou mécanique qui a pour effet de déterminer chez les jeunes tilles un écoulement vaginal, et de provoquer la masturbation chez les enfants des deux sexes.
M. David a rapporté l'observation d'une jeune fille de cinq ans atteinte d'une leucorrhée abondante produite par la présence de nombreux oxyures (1).
Art. III. — Pronostic
Comme Bremser Ta remarquée cette espèce de ver est non-seulement la plus incommode pour l'espèce humaine, mais elle est aussi la plus difficile à combattre, car on a beau provoquer l'évacuation de ces animaux, il en reste toujours dans les replis des intestins; et comme ils se régénèrent avec une rapidité étonnante, les mômes inconvénients ne lardent pas à recommencer. »
Art. IV. — Traitement.
Les accidents que ces vers peuvent occasionner doivent engager le praticien à en débarrasser promptement le malade. Les différents remèdes que nous avons conseillés dans le chapitre précédent sont rarement administrés par la bouche, vu que sous cette forme- ils ne produiraient pas en général l'effet désiré. Cependant Bremser conseille l'usage de son électuaire (voy. p. 891) à la dose d'une cuillerée à café matin et soir.
Le docteur West a recommandé l'administration à l'intérieur des fleurs de soufre à la dose de 50 à 75 centigrammes. Ce médicament doit être pris à jeun, et pendant un certain temps (2).
Les remèdes les plus usités sont des médicaments topiques admit nistrés sous forme de lavements ou de pomma les. Ainsi, on p xirri mettre en usage un grand nombre de lavements différents ;
1° Lavement d'eau froide simple conseillé par Van-Swiéten ;
(1) Gaz. méd., 1843, p. 42.
(2) Bremner, foc. ctt., p. 4*9.
£96 BNT0Z0A1MES.
2° D'absinthe :
% Herbe d'absinthe 8 à 16 grammes.
Faites infuser dans eau 60 grammes.
(Fraenkél.)
3° D'ail et d'asa fœtida :
^ Bulbe d'ail frais 8 grammes.
Faites infuser dans 125 grammes d'eau bouillante ; ajoutez à la colature:
Asa fœtida dissoute dans un janne d'œuf. 1 gramme.
(Fraenkél.)
k° D'huile d'olive (ils ont l'avantage de faire cesser sur-le-champ les démangeaisons) ; 5° D'eau de chaux :
% Eau de chaux 90 grammes.
Décoction de guimauve. 30 grammes.
(Fraenkél.)
6° De sulfure de potasse :
% Sulfure de potasse 30 à 60 centigr.
Eau 250 grammes.
(GuersanL)
Bremser recommande que le malade ne prenne le lavement qu'après avoir été à la selle, afin de le garder le plus longtemps possible.
On a aussi conseillé des onctions avec de l'onguent mercuriel appliqué en petites doses et pendant plusieurs jours de suite au pourtour de l'anus. Nous avons vu plus haut que ce moyen avait réussi entre les mains de M. Cruveilhier.
Lorsque les oxyures se sont introduits dans le vagin, on peut prescrire en douches quelques-uns des médicaments que nous avons conseillés en lavements. 11 est convenable aussi de donner quelques bains sulfureux ou alcalins. Bremser recommande comme un excellent moyen une injection d'eau froide avec un peu de vinaigre.
Le régime sera celui que nous avons indiqué dans l'article précédent.