MORT SUBITE PAR LÉSION DT SYSTÈME CIRCULATOIRE
faut attribuer la mort subite survenue pendant le travail, le 29 novembre 1832, chez une femme soignée par Ebert. La poche des eaux n'était pas encore rompue quand l'hémorrhagie eut lieu. On crut un instant à l'écoulement des eaux de l'amnios. La nature du liquide qui s'échappa ayant été reconnue, on replaça la malade sur son lit ; mais celle-ci expira une demi-heure après (1 ).
Autre fait observé par Riecke sur une femme de quarante-six ans, accouchée de huit enfants. Le travail avait commencé dans la matinée du 17 septembre 1819. Une perte se déclare à quatre heures de l'après-midi. A quatre heures et demie, la malade expire. Enfant mort. Sur le côté du conduit vaginal, on trouve une tumeur variqueuse rompue ; sa cavité avait deux pouces de longueur et un pouce et demi de largeur (2).
Stendel a rapporté l'observation d'une femme de trente ans qui, à la fin de sa troisième grossesse, s'aperçut de l'existence d'une tumeur molle sortant du vagin, tumeur qui continua de grossir sans causer aucune douleur ni aucun trouble dans la santé générale. Pendant le travail, au moment où la tête s'engageait dans l'excavation, cette tumeur se rompit et laissa échapper six à sept livres de sang. 11 y eut presque aussitôt perte de connaissance et refroidissement des extrémités. Tous les efforts tentés pour ranimer la malade furent inutiles. Version. Enfant mort (3).
Dans un cas consigné par Quesnel dans sa dissertation inaugurale et observé • à l'Hôtel-Dieu de Rouen, l'hémorrhagie qui amena la mort subite était due à de larges déchirures dans les parties externes de la génération.
Une femme de trente-deux ans, multipare, accouche le 15 novembre 1830 d'un fœtus à terme vivant. Cinq heures après, expulsion d'un second fœtus mort-né. Délivrance naturelle. Peu de temps après, douleurs dans les régions ombilicale et lombaire. Plusieurs syncopes. Extraction de quelques caillots sanguins. Hémorrhagie. Nouvelles syncopes. Tamponnement. Mort trois heures après la délivrance. L'autopsie fit constater de larges déchirures dans toute la circonférence de l'anneau vulvaire et surtout vers la partie supérieure et interne de la grande lèvre gauche et vers le périnée (h).
Le 19 janvier 1854, Paul Dubois a été témoin d'une hémorrhagie mortelle aussitôt après l'expulsion de l'enfant. L'accouchement avait été normal. Dubois donne des soins à l'enfant, revient près de la mère, et la trouve en proie à une syncope presque immédiatement suivie de mort. Le sang sortait à flots des parties génitales (5).
Madame Lachapelle raconte dans ses mémoires l'observation d'une femme
(1) Elsœsser, loc. cit., p. 610.
(2) Elsœsser, loc. cit., p. 612.
(3) Slendel, Medizinisches Correspondenz-Blutt, janv. 1834. (Il) Quesnel, Diss. sur les hémorrh. utér. Paris, 1833, n° 310.
(5) Moynier, Morts subites dam l'état puerpéral. Paris, 4 858, p, 12i
MORT SUBITE DANS L'ÉTAT PUERPÉRAL
de trente-deux ans, multipare, reçue en travail à la Maternité le 17 messidor an X, à huit heures du matin. Accouchement et délivrance faciles. Hémorrhagie par inertie utérine, faiblesses répétées, puis syncope mortelle une heure après la délivrance (1).
Dans un travail intitulé : Observations sur quelques cas d'accouchement laborieux, Besnier, médecin à Lamballe, a fait connaître un cas de mort rapide par hémorrhagie due à une délivrance tardive et à la putrescence du placenta. La malade succomba au moment où Besnier, appelé trop tard, venait d'extraire l' arrière-faix (2).
Les hémorrhagies qui surviennent pendant la grossesse peuvent également donner lieu à une mort très-prompte. Pour ne pas multiplier des citations déjà trop nombreuses, je me bornerai à la relation de deux cas très-curieux de mort par hémorrhagie interne.
Une femme de trente ans, enceinte de cinq mois, monte sur une charrette qui venait à la ville, et pendant un trajet d'environ deux lieues, éprouve de violentes secousses qui donnent lieu à de vives douleurs dans le côté droit de l'abdomen. A son arrivée, elle se met au lit. Mais bientôt surviennent des défaillances, des sueurs froides. Mort trois heures après. A l'autopsie, on trouve dans le côté droit de l'abdomen et sous le péritoine une grande quantité de sang noir, en partie fluide, en partie coagulé, formant un vaste foyer de cinq pouces de largeur étendu de la fosse iliaque droite jusqu'à la hauteur du rein. La quantité de sang extravasé fut évaluée à plus de trois livres ; il provenait d'une rupture veineuse (3).
Ollivier (d'Angers) a publié dans les Archwes un cas de mort par hémorrhagie interne liée à une grossesse tubaire.
11 s'agit d'une fille de vingt-sept ans qui, s' étant adressée à un charlatan pour une perte qu'elle éprouvait, fut prise, aussitôt après l'ingestion des pilules qu'on lui donna, de douleurs abdominales avec hoquets, syncope, vomissements, froid des extrémités, décoloration de la peau, etc. La mort arriva quelques heures après. On crut à un empoisonnement. Mais ,1'autopsie démontra l'existence d'une grossesse tubaire et la rupture d'une veine faisant partie d'un plexus variqueux situé dans l'épaisseur du ligament large (6).
Les thromboses et embolies de l'artère pulmonaire, et les formations gazeuses dans le système circulatoire, constituent deux causes importantes de mort subite dans l'état puerpéral ; mais ces deux ordres de lésions ayant été l'objet d'une étude spéciale, nous ne pouvons que renvoyer le lecteur aux chapitres qui leur sont consacrés.
J'aurais pu citer encore la péricardite au nombre des affections du système
(1) Madame Lachapelle, Mémoires. Paris, 1821.
(2) Besnier, Arch., 1836, 2e série, t. X, p. 458.
(3) Moynier, loc. cit., p. 18.
(4) Ollivier (d'Angers), Arch., 1834, 2e série, t. V, p. 403,