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MORT SUBITE PAR LÉSION DU SYSTÈME CIRCULATOIRE

de l'œdème des extrémités, des douleurs cardiaques et de la dyspnée qu'elle éprouvait, mourut presque subitement à la suite d'une légère émotion.

L'hypertrophie compliquée de lésions valvulaires comme dans les cas cités plus haut de Ramsbotham et de Mac Clintock, serait à plus forte raison susceptible d'amener subitement la mort.

Ruptures «lu cœur. — Ces ruptures n'ont été constatées que dans les cas de poche anévrysmale, de dégénérescence graisseuse du cœur ou de kyste hydatique de ses parois.

Une femme de trente ans, rachitique, dont le bassin était légèrement rétréci, ayant la respiration courte et difficile, était dans les douleurs. La tète était déjà dans l'excavation quand la malade s'écria qu'elle était perdue ; elle eut quelques convulsions tétaniques et mourut. Une poche anévrysmale s'était rompue (1).

Une dame de quarante ans accouche le 19 janvier 1852. Sa convalescence était complète le douzième jour, lorsque deux jours après, en descendant de son lit, elle s'écrie que quelque chose s'est rompu dans sa poitrine et meurt en vingt minutes. Le ventricule droit s'était rompu, le cœur était graisseux (2).

Danyau a donné ses soins à la femme d'un notaire qui, vingt jours après un accouchement très-simple et dont les suites avaient été naturelles, mourut subitement au moment où elle se disposait à déjeuner. A l'autopsie, on trouva le cœur un peu graisseux et une cuillerée de sérosité dans la cavité du péricarde (3).

Depaul a observé le fait suivant : Une jeune femme fraîche et bien portante meurt subitement trois jours après un accouchement naturel. A l'autopsie, on trouve un kyste hydatique de la cloison inter-auriculaire qui venait de se rompre (4).

Quelle a été la part de l'état puerpéral dans ces divers cas? Lorsque la mort arrive dans le travail comme chez la malade de Pelayo, on peut et l'on doit attribuer la rupture de la poche anévrysmale, si anévrysme il y a, aux efforts violents et prolongés auxquels a donné lieu la parturition. Mais, quand la mort subite survient plus ou moins longtemps après la délivrance, l'influence exercée parle travail peut être révoquée en doute. Toutefois il ne serait pas impossible que chez la malade de Depaul qui succomba trois jours seulement après l'accouchement, la rupture du kyste hydatique eût été préparée, peut-être même commencée, par la série d'efforts que le travail avait provoqués.

(1) Obs. de Pelayo, Gaz. méd., 1847, p. 424.

(2) Mac Nicholl, The Lancet, mars 1852. — Mac Clintock, Union médicale, 1853, p. 318.

(3) Danyau, Bull, de la Soc. de chir., séance du 7 janvier 1852.

(4) Mordret, Mort subite dans l'état puerpéral. Paris, 1858, p. 54*

MORT SUBITE DANS L'ÉTAT PUERPÉRAL

Les cas de dégénérescence graisseuse du cœur observés, l'un par Mac Nieholl, l'autre par Danyau, sont d'une interprétation plus difficile. On comprend assez malaisément qu'au quatorzième ou au vingtième jour de couches une dégénérescence graisseuse du cœur, qui n'a fait naître jusque-là aucun accident, détermine tout à coup la mort subite. La seule explication admissible serait selon nous la suivante. Lorsqu'une femme en couches, après avoir perdu beaucoup de sang ou après être restée longtemps couchée, se lève pour la première Ibis, il y a souvent une tendance syncopale plus ou moins marquée. Or, on conçoit que, si dans de telles conditions les parois du cœur sont atteintes de dégénérescence graisseuse, ce viscère n'ayant plus son énergie contractile normale se trouve comme paralysé, et qu'une syncope mortelle ait lieu. Voici en effet comment les choses se passent. Au moment où la malade se place dans la station debout ou assise, le cerveau, cessant tout à coup par l'effet de la pesanteur de recevoir la même quantité de sang que dans le décubitus horizontal, les nerfs cardiaques sont subitement privés de la somme d'excitation qu'ils puisent incessamment dans le système cérébro-spinal. Or, si à cette cause d'inertie s'ajoute la débilité produite par une surcharge graisseuse, l'état syncopal peut se prolonger au delà des limites compatibles avec la vie.

Ilémoi-rhagies. — Les pertes de sang qui surviennent pendant le travail ou après la délivrance peuvent devenir, quelle que soit la lésion qui les détermine, des causes de mort subite.

Dans un travail sur la rupture des tumeurs variqueuses du vagin, Elsœsser (1) a fait connaître plusieurs cas de mort subite résultant de la production de cet accident pendant le travail.

Une femme de quarante et un ans, multipare, est prise, le 27 août 1817, à huit heures du matin, des douleurs de l'accouchement. A midi, la poche des eaux se rompt et les douleurs cessent. Au bout d'un quart d'heure, violente douleur coïncidant avec l'apparition sur la grande lèvre gauche d'une tumeur bleuâtre, très-volumineuse. Le travail s'arrête, la tumeur se rompt, et du sang noir s'écoule en telle abondance que la femme est prise de légères convulsions et succombe quelques minutes après (2).

Le même accident a été observé le 2 avril 1816, par le professeur Riecke, sur une femme qui, après un travail de vingt heures, fut prise d'une hémorrhagie consécutive à une tumeur variqueuse de la grande lèvre droite. La mort eut lieu au bout d'un quart d'heure. Le fœtus était mort et le bassin rétréci (3).

C'est encore à la rupture d'une double tumeur variqueuse de la vulve qu'il

(1) Elsœsser, Med, Correspondenz-Blatt, 1er janvier 1834. — < Arc/i. de méd., 1834, 2e série, t. V, p. 608.

(2) Elsœsser, Arch., 1834, 2e série, t. V, p. 608.

(3) Elsœsser, loc. cit., p. 610.

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