MORT SUBITE PAU LÉSION DES CENTRES NERVEUX
(lovant elle ; on le rappela aussitôt; il constata la mort, et fit l'opération césarienne pour baptiser l'enfant, qu'il trouva mort aussi (1).
3° Empoisonnement puerpéral. — Les cas dans lesquels la pénétration du poison puerpéral au sein de l'organisme détermine la sidération du système nerveux, se distinguent des cas où la mort subite reconnaît pour cause l'épuisement nerveux ou une commotion morale, se distinguent, disons-nous, en ce que la catastropbe est presque constamment précédée des phénomènes généraux qui annoncent ce genre d'intoxication ; à savoir : les frissons, l'oppression des forces, l'altération des traits, l'abattement, la stupeur, les vomissements, la diarrhée, etc. C'est par dizaines que je pourrais aujourd'hui compter les cas de ce genre ; je n'en mentionnerai que deux, que j'extrais des Mémoires de madame Lachapelle :
Femme de trente-huit ans, idiote. Entre à la Maternité, dans le neuvième mois de sa grossesse. Accouche d'un enfant putréfié. Tendant le travail, il y avait eu prostration des forces, diarrhée et vomissements verdàtres. Après l'accouchement, pouls à peine sensible, pâleur, affaissement, violent frisson, lochies suspendues. Le soir, nouveau frisson avec lipothymie ; aggravation des accidents ; mort à quatre heures du matin.
Autre fait. Faible constitution; sixième grossesse. Le malin du jour de l'accouchement, forte céphalalgie, frissons prolongés. A trois heures de l'aprèsmidi, naissance d'une fille bien portante et délivrance naturelle. Aussitôt après, syncopes fréquentes, céphalalgie plus intense, soif ardente, anxiété épigastrique, sensibilité extrême de l'abdomen. Insomnie la nuit; oppression extrême et mort le lendemain à dix heures du matin.
Ces deux faits appartiennent, sans discussion possible, à la catégorie des cas de sidération nerveuse par empoisonnement puerpéral. La rapidité de la mort n'a pas permis aux lésions, que cet empoisonnement engendre d'ordinaire, de se produire ; mais les symptômes généraux ne sont-ils pas, dans les deux cas, identiquement les mêmes que ceux qui se déroulent sous nos yeux chaque jour dans toutes les affections puerpérales graves ? Frissons violents ou répétés, défaillances, syncopes, faiblesse du pouls, céphalalgie, prostration, pâleur, céphalalgie, soif ardente, vomissements, diarrhée, anxiété épigastrique, agitation, insomnie, dyspnée, tout cela ne poite-t-il pas le cachet d'une intoxication puerpérale violente? Mais de plus remarquez que, dans les deux cas, les accidents débutent avant le commencement du travail, et par conséquent avant que l'accouchement et le traumatisme utérin puissent être mis en cause.
J'ai cité à dessein deux cas dans lesquels la mort a été rapide sans être subite, afin de montrer avec plus d'évidence à quels caractères on pourrait reconnaître la sidération nerveuse par empoisonnement puerpéral. Il est facile de comprendre que le plus ou moins de promptitude de la mort est ici
(1) Mordret, Mort subite dans l'état puerp. Paris, 1858, p. 132.
hervieux. 72,
1138 MOUTS SUBITES DANS L'ÉTAT PU ni'EllAU"..
une affaire de closes, ou d'exaltation des propriétés vénéneuses du principe toxique. Si, avec une dose ou certaines qualités déterminées du poison, ou a des accidents qui amènent la mort en dix heures par exemple, avec une dose plus élevée, ou une intensité plus grande de l'agent miasmatique, on aura des accidents plus terribles et plus rapidement mortels. Elevez encore par la pensée la violence du poison et la susceptibilité du sujet, et vous aurez la mort subite, foudroyante, instantanée, dans l'acception liltérale du mot.