‹ Traité clinique et pratique des opérations chirurgicales (volume 2)Chapitre 60 sur 141 · II. Synonymie · texte numérisé non relu

II. Synonymie

La méthode de l'écrasement linéaire a reçu diverses dénominations que nous n'avons pas senti le besoin d'accepter, par la raison toute simple que le mot A' écrasement linéaire suffit pour désigner le mode opératoire dont il s'agit.

Nous nous contenterons donc de rappeler ici pour mémoire ces dénominations.

On a appelé l'écrasement linéaire des noms de broiement linéaire^ de sarcotripsie (cràpÇ, chair, tissu mou), incision sèche^ amputation sèche. On l'a appelé aussi histotripsie (toroc, tissu).

Par une déduction bien simple, l'instrument a été tour à tour nonmié : écraseur linéaire^ histotripteur^ sarcotripteur^ ligature articulée^ sécateur par écrasement.

m. Appareil initmmenlel.

Dans le but d'accroitre l'action des appareils à écrasement linéaire, j'ai

fait construire successivement :

1* Un écraseur à crémaillère simple et armé d'un levier coudé ;

2* Un écraseur à crémaillère double, et qui marche par l'action de deux

crampons successivement mis en jeu à l'aide d'un levier ;

i^^Hh^

U Hgure 2 donne une nprésenUliOD complète de l'appueil à écraKmcnt lla^airt.

TIT. II. -> INaSlONS SÈCHES. 51

— La lettre K indique la chaîne ou ligature métallique articulée. — La lettre C indique la gaine ou canule plate renfermant la double crémaiUère. — B, B, les deux cliquets latéraux destinés à s'engrener dans les dentelures des crémaillères, —r DE, la portion des crémaillères qui se trouve actuellement hors de la gaine. — G, G, les manches servant de levier pour la mise en mouvement des crémaillères.

La figure 3 représente les crémaillères libres, c'est-à-dire débarrassées de la gaine. — EH indique la branche mâle. — - DH, la branche femelle. — H\ l'échelle graduée qui Tait oonnaitre à l'opérateur, pendant l'action de l'instrument, le degré de constriction de la chaîne.

La petite figure DE représente une coupe faite perpendiculairement sur la branche m&le et la branche femelle, mises en regard Tune de l'antre.

J, J représentent les deux extrémités de la chaîne, l'une libre et sur laquelle on volt les mortaises, l'autre articulée avec les tenons engagés dans les mortaises.

LL présentent deux chaînons articulés. » NN, le mécanisme intérieur qui réunit les chaînons entre eux.

Les points à faire remarquer dans la construction de ces appareils sont les suivants :

i" L'extrémité de la canule plate doit être extrêmement forte, parce €]u'bu moment où la chaîne, ramenée dans Tintérieur de la canule par le jeu des crémaillères, exerce son plus grand effort sur l'objet à écraser, il dc fait sur Torifice de la canule une pression très^considérable et qui amènerait la déformation de cet orifice si la canule n'était pas suffisamment ré* sistante.

2* II faut mettre dans un rapport de dimension très*rigoureux la chaîne et la capacité de la canule plate. En effet, quand la canule est trop spacieuse, eu égard au volume de la chaîne, les tissus résistants sont entraînés dans rintérieur de la canule, et alors l'action de Técraseur se transforme en un véritable arrachement à l'égard des tissus les plus extensibles. C'est ce qui a lieu pour la tunique celluleuse quand on opère l'écrasement des artères avec un instrument à canule trop large.

La chaîne de l'écraseur peut présenter diverses formes et divers degrés de puissance.

3"^ Le plus habituellement, les écraseurs sont munis d'une chaîne plate exactement semblable à la scie d'Aitken qu'on aurait édentée.

Leschaines plates sont susceptibles d'avoir une très-grande force.

4"* Cette chaîne, ainsi disposée, doit être légèrement taillée en biseau sur celui de ses bords qui est destiné à exercer la pression.

Si Ton' agit sur des tissus doués d'une résistance peu considérable, on peut se servir de la chaîne plate sans biseau, et l'on peut même employer une chaîne d'une certaine épaisseur.

Si l'on se propose d'appliquer l'écrasement à des tissus d'une consistance ferme, il est à désirer que la chaîne doive sa force à la largeur des maillons et non à leur épaisseur, et que, de plus, elle soit pourvue d'un biseau.

La chaîne doit être munie à ses deux cxti*émités d'un maillon disposé pour

s'emboîter avec les tenons dont est armée Textrémité des crémaillères. De cette manière, on peut avoir pour chaque écraseur plusieurs chaînes de rechange, soit afin de remplacer celle qui pourrait se briser, soit afin que chaque appareil ait une chaîne à biseau, une chaîne tout à fait plate, une très-mince et une autre plus épaisse, de manière à pouvoir s'approprier à toutes les indications.

Les chaînes dont nous venons de parler ne sont flexibles qu'en un seul sens. Mais dans les cas où il convient d'appliquer l'écrasement en agissant au fond d'une cavité, comme, par exemple, lorsqu'on se propose de sectionner le pédicule d'un polype de l'utérus en portant l'instrument au fond du vagin, les chaînes plates ne pourraient être employées. J'ai fait construire, pour satisfaire à ce genre d'indication, des chaînes susceptibles de s'infléchir indifféremment dans tous les sens; mais ces dernières, et cela tient à leur mode de construction, sont loin de posséder la même force que les chaînes plates. Aussi ne peuvent-elles être appliquées que dans les cas où la résistance à vaincre est peu considérable et comme remplaçant les ligatures ordinaires au moyen desquelles on étreint le pédicule des polypes. Elles possèdent, quand on les compare à ces ligatures, l'avantage de pouvoir opérer la section complète du pédicule dans l'espace de temps qu'on * juge convenable, et ne sont point assujetties aux lenteurs inévitables qu'entraîne l'emploi des ligatures ordinaires.

Ces chaînes, flexibles en tous sens, pourraient, précisément à cause de leur flexibilité, offrir quelques difBcultés lorsqu'il s'agit de les porter sur le pédicule d'un polype, ou sur toute autre tumeur, à la manière d'un anneau.

Dans le cas où l'on devrait donner un certain degré de tenue à la chaîne, préalablement à son application, on pourrait le faire très-facilement en lui juxtaposant une petite portion de corde à boyau très-fine ou un morceau de bougie ou de sonde élastique maintenu au moyen de fils très-fins et qui se rompraient d'eux-mêmes pendant l'action de la chaîne au moment où celleci, ayant été placée, serait mise en mouvement.

La tnesure du degré de résistance que doit présenter l'appareil à écrasement se détermine par l'impossibilité de faire éclater l'instrument ei\ déployant dans la mise en jeu de cet appareil la plus grande somme de force que comporte la main du chirurgien.

Que l'on rende l'instrument infrangible^ soit en diminuant la longueur du bras de levier au moyen duquel l'opérateur fait agir l'appareil, soit en augmentant le volume de toutes les pièces de l'écraseur, ce n'est pas là le point essentiel de la question. Ce qui importe avant tout, c'est que le chirurgien ne soit jamais exposé à rotnpre l'instrument pendant les manœuvres opératoires.

Pour s'assurer de cette dernière condition, l'épreuve à faire consiste en ceci :

On place dans l'anneau de la chaîne un corps très-résistant et que l'on

sait tout à fait insécable par Tinstrument, puis on agit de toute sa force sur le levier de l'appareil, et si l'instrument résiste il peut être réputé bon.

On ne peut considérer comme instrument éprouvé que celui qui a été soumis à Texpérience dont il vient d'être question.

J'ai fait construire par M. Mathieu des écraseurs dont les crémaillères sont armées de dents très-Gnes. Dans mes expériences sur les animaux, j'ai été à même de remarquer que, quand on opérait avec ce genre d'écraseurs, l'immunité hémorrhagique était encore plus complète que celle qu'on observe après l'emploi des écraseurs ordinaires.

Les écraseurs à dents très-fines ne peuvent jamais être très-forts. Il faut ne les appliquer que dans les cas où la résistance à vaincre n'est pas trèsgrande.

Dans les cas où l'on veut appliquer l'écrasement à l'ablation de tumeurs qui obligeraient à sectionner une certaine épaisseur de tissu cutané, ce qui est toujours difficile par le seul secours des appareils à écrasement, on pourrait inciser l'enveloppe cutanée du pédicule, parce que ce ne sont pas en définitive les vaisseaux de la peau dont on redoute la section, et l'on réserverait récraseur linéaire pour trancher les parties les plus vasculeuses de la tumeur.

En résumant, d'après plus de 500 cas d'application de l'écrasement linéaire, les avantages que le traumatisme de l'écrasement nous parait avoir sur celui qui est causé par l'instrument tranchant, nous trouvons que les avantages de la nouvelle méthode peuvent se formuler de la manière suivante :

1"* L'inflammation qui succède aux opérations par écrasement est beaucoup moindre que celle qui s'observe à la suite des opérations par le bistouri.

La suppuration est diminuée dans des proportions énormes. Ainsi un grand nombre des sujets opérés pbur des bourrelets hémorrboîdaux ou pour la fistule à l'anus n'ont plus besoin de pansement après les deux ou trois premiers jours. La suppuration est représentée par un suintement si peu considérable, que leur linge en est à peine taché. Le pansement peut être réduit chez la plupart d'entre eux à la simple application d'un peu de poudre d'amiddû.

2*L'apaisementconsidérabIe de l'inflammation traumatique et l'amoindrissement si notable de la suppuration expliquent la cicatrisation rapide qu'on obtient par ce genre d'opération. C'est chose remarquable que de voir la manière dont les malades opérés de fistules à l'anus et de bourrelets hémorrhoïdaux fort étendus, etc., peuvent se lever et s'asseoir facilement au bout de quelques jours.

3"^ Une des propriétés les plus remarquables de l'écrasement linéaire, c'est de prévenir les infiltrations purulentes par voisinage, qui succèdent si souvent aux opérations faites avec l'instrument tranchant. L'immunité pré-

deuse qui résulte pour les plaies par écrasement linéaire de cette résistance à la diffusion du pus, nous parait démontrée par Tabsence complète de tout accident de cette nature dans les diverses opérations que nous avons pratiquées, et surtout dans celles qui, conune Tamputation du testicule, l'opération de la fistule à Tanus, l'ablation des bçurrelets hémorrboîdaires, exposent d'une manière spéciale à ce genre de danger.

4° La somme des douleurs consécutives à l'opération se réduit à ti*ès-peu de chose, et l'on peut même dire que, quand la période de cuisson qui chez plusieurs des malades succède pendant une ou deux heures à l'opération s'est éteinte, il n'y a plus désormais à compter avec les douleurs traumatiques.

5* Toute hémorrhagie^ soit primitive^ soit consécutive^ est prévenue d'une manière à peu près certaine.

6*^ Pas un seul exemple de délire nerveux^ jamais de tétanos,

V Si l'écrasement linéaire ne met point d'une manière absolue à l'abri de Yinfection purulente, ce grand écucil des opérations chirurgicales, du moins pouvon&-nous dire qu'il en diminue singulièrement les chances, puisque sur plus de cinq cents opérés nous n'avons observé ce phénomène que bien rarement, et encore au milieu de circonstances exceptionnelles qui ôtaient à l'écrasement ses qualités les plus importantes. Au reste, du moment qu'il y a traumatisme suppuratif, on conçoit qu'il y ait toujours possibilité de l'infection purulente. C'est du point de vue de la fréquence relative que cette question doit être envisagée.

8° Suppression habituellede tousccs accidents si fréquentsdu traumatisme ordinaire, et qui sont la préoccupation constante des chirurgiens : abcès, fusées purulentes, fétidité du pus, pourriture d'hôpital, érysipèle, angioleucite, etc.

9** Le peu d'inflanunation qu'entraînent les plaies faites par écrasement linéaire donne des facilités opératoires auxquelles ne se prêtent pas les plaies par instrument tranchant ; je veux parler de la possibilité de morceler certaines opérations, de les diviser en plusieurs temps qui peuvent ne se succéder qu'à vingt-quatre heures d'intervalles, par exemple, sans aucun inconvénient; en un mot de rendre praticable à un haut degré la divisibilité d'une même opération, en mettant impunément-plusieurs jours à circoiiscrire une tumeur. C'est ce qu'on ne peut pas faire avec l'instrument tranchant, attendu que la première des incisions faites à un moment donné peut amener à elle seule une inflammation, des hémorrhagies, en un mot des complications qui compromettraient l'exécution des opérations

successives.

On peut concevoir bien d'autres mécanismes d écrasement que celui que nous avons imaginé. On comprend, par exemple, que des espèces de ciseaux mousses, ciseaux à levier faits sur de très-grandes dimensions, permettraient d'écraser d'un seul coup, non pas jusqu'à séparation complète, mais

jusqu'à une encochure portée très-Ioia, des portions du corps de l'homme, portions qui seraient ensuite détachées sans chances d'hémorrhagies, soit par récraseur linéaire, soit par les instruments tranchants proprement dits.

Un point qui sera très-important à déterminer ultérieurement, c'est le degré d'épaisseur de la chaîne métallique dans ses rapports avec les divers tissus auxquels on peut appliquer la méthode de l'écrasement.

On se demande, par exemple, s'il ne serait pas opportun dans certains c*as, et pour des tumeurs très-vasculaires, d'employer en commençant une chaine fort épaisse, afin d'écraser d'abord par aplatissement ; après quoi on écraserait par section, au moyen de Fappareil linéaire, ou même on diviserait avec l'instrument tranchant la partie qui aurait été préalablement aplatie.

Les instruments pour la lithothripsie, qui sont infiniment moins forts que nos appareils à écrasement^ puisque, réduits à la seule action par pression, ils ne peuvent vaincre que des résistances peu considérables, pourraient rendre quelques services comme moyen d'aplatissement. A ce titre, nous aurions volontiers recours à Tinstrument de Jacobson ; mais il faut faire remarquer que ce mode d'écrasement en deux temps aurait le désavantage de laisser sur place des tissus sphacélés dont il faudrait attendre l'élimination, ce qui n'a pas lieu quand on emploie l'écrasement linéaire. C'est même là une des grandes supériorités de ce dernier mode d'action sur l'emploi de la cautérisation dans ses diverses formes, celle-ci laissant toujours à sa suite un travail d'élimination qui s'oppose d'emblée à toute réunion primitive.

Quoique les appareils les plus forts qui aient été construits jusqu'à ce jour soient pourvus d'une très-grande puissance mécanique, ils sont loin de donner le dernier mot de ce que l'on peut obtenir par l'emploi de l'écrasement linéaire.

On conçoit qu'avec des bras de levier plus longs et des chaînes qui, sans être beaucoup plus épaisses, devraient leur principale force à la largeur des maillons, on pourrait arriver à des effets dont nous n'avons encore qu'une idée très-imparfaite .

A part les conditions générales de construction desécraseurs^ il est pour ces instrumentscertaines particularités qui les rendent meilleurs les uns que les autres, sans que l'examen le plus attentif puisse permettre de découvrir la moindre différence appréciable. Ces différences ne se sentent que par une main très-exercée à la pratique de l'écrasement linéaire.

Quand j'ai un écraseur qui m'a servi un grand nombre de fois, j'y ai beaucoup plus de confiance que dans un écraseur neuf, alors même que ce dernier paraîtrait d'une construction plus parfaite. Ce sont là de ces nuances dont tons les opérateurs ont le sentiment, et qu'il leur serait souvent bien difficile de définir.

Pour donner cependant une idée bien nette de cette nuance, je dirai que lorsqu'un écraseur m'a servi à faire dix ou douze opérations dans lesquelles il ne s'est pas écoulé une goutte de sang, je suis beaucoup plus rassuré qu'en employant un écraseur neuf, lorsqu'il s'agit de faire quelque tentative nouvelle et sur la réussite de laquelle je conserve quelques inquiétudes.

Au moment où l'on va opérer, on doit toujours vérifier à nouveau Tétat lie l'écraseur : car d'une séance à une autre il peut arriver qu'il y soit sur* venu quelque iQodification. Il faut s'assurer si les crémaillères et si les crampons fonctionnent bien, si les deux extrémités de la chaîne s'articulent nettement et facilement avec les tenons que porte l'extrémité des crémaillères. Il faut prendre garde que le biseau de la chaîne soit tourné du côté des parties à écraser au moment où l'instrument fonctionnera. Il faut, et ceci est d'une certaine importance, qu'au moment où l'on vient d'articuler la chaîne on tire fortement à soi l'anse qu'elle forme, afin de s'assurer que ses extrémités sont solidement implantées dans les tenons. On doit savoir enfin qu'il ne faut jamais repousser la chaîne avec les crémaillères, parce qu'alors on peut tasser les maillons sur eux-mêmes et mettre l'instrument dans l'impossibilité de marcher : en un mot, la chaîne ne doit jamais être mue par refoulement, mais toujours par traction, soit qu'on l'attire à soi après avoir engagé dans son anse un ou plusieurs doigts, soit qu'on la ramène au moyen des crémaillères pour la faire sortir tout entière hors de l'instrument.

Lorsque par suite de l'usure, ou par toute autre cause, les mortaises des deux extrémités de la chaîne entrent trop facilement dans les tenons des crémaillères, pour prévenir le décrochement de la chaîne, il sufBt d'aplatir légèrement la tète des tenons par quelques coups de marteau.

Parmi les circonstances propres à donner une idée du degré de force auquel a été poussée la puissance des écraseurs, nous indiquerons trèsbrièvement une série d'expériences qui a été faite dans le but de reconnaître si l'on pourrait dans le sein de la mère séparer une tête de fœtus d'avec le tronc, au cas où, suivant les indications formulées par M. le professeur Paul Dubois, il y aurait lieu de recourir à cette opération.

Plusieurs cadavres d'enfants à terme ont donc été soumis à l'action de nos plus puissants appareils, et nous avons toujours obtenu la séparation de la tête du fœtus sans briser la chaîne métallique. Quelques-unes de ces expériences ont été faites par M. Gharnal, l'un de nos internes à l'hôpital Lariboisière.

Nous avons pareillement obtenu sur le corps de jeunes animaux, par exemple sur des chats de deux mois et demi à trois mois, la séparation du corps de l'animal en deux tronçons. Ce genre d'expérience, qui pourra être utilisé pour certaines recherches physiologiques analogues à celles qu'a faites M. Flourens sur la décollation chez les animaux, nous a déjà permis d'observer très-nettement les battements du cœur qui persistent pendant

vingt à vingt-cinq minutes après la division du corps en deux tronçons chez les jeunes chats.

La direction actuelle de nos études ne nous a pas conduit à approfondir en détail cet ordre de faits ; nous avons pensé néanmoins qu'il méritait d'être signalé aux investigateurs.

La torsion est un mode d'action chirurgicale qui a été utilement appliqué» dans un certain nombre de cas. Il est facile de comprendre qu'elle puisse être combinée facilement avec l'écrasement linéaire, et suivant des indications que l'avenir fera connaître .

L'écrasement linéaire n'aura tout le complément de sa puissance que le jour où Ton pourra combiner son mode d'action avec ceux que nous allons indiquer :

I* La section par action tranchante, c'est ce qu'on obtiendra en rendant chaque maillon de la chaîne tranchant sur l'un de ses bords.

^ On pourra ajouter beaucoup à la puissance des appareils à écrasement quand on parviendra, sans changer les conditions essentielles de l'instrument, à lui imprimer un mouvement de va-et-vient analogue à celui de la scie.

3"* On élèvera enfin sa puissance au plus haut degré, quand on pourra lui donner le secours de la percussion.

Quand on se pénètre bien de toutes les applications dès aujourd'hui possibles de l'écraseur linéaire,'on reconnaît que cet instrument est à la fois :

1* Un porte-ligature ;

2* Un serre-nœud ;

3* Un agent de section des tissus par division sèche ;

A* Un hémostatique ;

5* Un appareil à compression et à écrasement.

Parmi les applications à venir de l'écrasement linéaire, on doit noter la possibilité d'en faire un excellent compresseur au moyen de pelotes bien rembourrées qu'on placerait à volonté sur divers points du trajet de la chaîne.

Ce qu'il y a de nouveau dans Vécrasement linéaire. — Je crois avoir le premier fait connaître en 1850 une méthode ayant pour objet de rendre les opérations chirurgicales moins dangereuses par la suppression et l'amoindrissement notable des hémorrhagies et par l'absence ou la très-grande rareté de l'infection purulente.

Cette méthode ne s'applique qu'à un certain nombre d'opérations chirurgicales, mais en la restreignant dans son emploi aux cas où elle semble devoir être généralement adoptée, elle donne des résultats cliniques dont j'ai fourni la preuve dans l'ouvrage publié en octobre 1855 sous le titre de Traité de Véeratement linéaire.

Les caractères essentiels et nouveaux de cette méthode sont : i^ de sectionner les tissus au moyen d'une chaîne mousse, 2^ de faire agir cette chaîne

par un mouvement alternatif de va-et-vient, 3* de détacher, en une seule séance d'un certain nombre de minutes, des portions plus ou moins volumineuses du corps recouvertes ou non des téguments naturels, tels que la peau et les muqueuses.

Jamais, jusqu'à l'introduction de cette méthode dans la pratique, on A'était parvenu à séparer en une seule séance et par section mousse^ des organes plus ou moins vasculeux, tels que la langue, la verge, le testicule et les veines hémorrhoïdaires.

Telle est donc l'idée résumante de la méthode. Voici quelles en ont été les applications.

Ablation du cancer delà langue.

Ablation des tumeurs hémorrhoïdales.

Traitement de la chute du rectum.

Ablation des polypes du rectum.

Traitement de la fistule à Tanus.

Extirpation du cancer du rectum.

Ablation des polypes utérins.

Amputation du col de l'utérus.

Cure radicale du varicocèle.

Amputation du sarcocèle.

Opération de la circoncision.

Amputation de la verge.

Ablation des tumeurs sous-cutanées.

Extirpation des tumeurs érectiles.

Parmi les procédés opératoires que j'ai exposés à ce sujet, il en ent qui ont été empruntés à la pratique générale, il en estd'autres qui m'appartiennent complètement.

Depuis mes premiers travaux et la publication de mon livre sur l'écrasement linéaire, de nombreuses imitations ont été faites,' dans le butd' obtenir par des mécanismes variés la séparation des tissus sans effusion du sang. Parmi ces imitations nous rappellerons brièvement :

i° Celle qui est due à M. Cbarrière. Chaîne mise en mouvement par le (serre-nœud de Graefe] mécanisme du pas de vis.

â"" L'imitation plus ingénieuse de M. Luêr qui a donné à l'instrument à vis la faculté d'être manœuvré d'une manière beaucoup moins défectueuse.

d"" Le sécateur mousse proposé par M. Heurteloup, instrument dont je ne sache pas que l'application ait encore été faite à la pratique. (Voir à la fin du Irai té des hémorrhoîdes, l'appréciation de l'écraseur à fil continu.)

On conçoit que le principe étant posé et réalisé dans de nombreuses et utiles applications, les moyens d'exécution peuvent varier beaucoup. Si j'emploie d'une manière exclusive l'instrument primitif construit d'après mes indications par M. Mathieu, c'est uniquement parce que ma pratique ayant été aussi heureuse que je pouvais le désirer, j'ai craint en changeant

TITRE II. — liNCISIONS SÈCHES. d9

d*instruments de ne pas arriver aux mêmes résultats; d'autant mieux, que dans les seuls cas d'insuccès dont j'aie entendu parler, les praticiens qui avaient employé Técrasement s'étaient servis d'instruments autres que l'éeraseur primitif.

A côté de mes opinions le lecteur trouvera celles de mes collègues de la Société de Chirurgie.

EXTRAIT DE LA DISCUSSION QOI A EU LIEU A LA SOCIÉTÉ DE CHIRURGIE DAxNS LES SÉANCES DES 21 ET 28 JANVIER, ET DES 4, 18 ET 25 FÉVRIER 1857.

Dans la discussion qui s'est produite au sein de la Société de chirurgie sur la méthode de l'écrasement linéaire, tout observateur impartial a été à même de faire deux parts dans cette discussion.

Certaines objections ne paraissent avoir été inspirées que par la jalousie ou la mauvaise foi.

D'autres ont trait à une discussion loyale et véritablement scientifique ; celles-là, nous les reproduirons textuellement.

Aux objections de la première classe se rapporte évidemment la prétention de faire remonter à Mayor l'idée de l'écrasement linéaire. Voici dans quels termes nous avons fait justice de cette prétention, et démontré la fausseté des citations invoquées à ce sujet :

Je vous prie de remarquer, messieurs, que si la question qui s'agite en ce moment a été placée sur le terrain de la chirurgie instrumentale ou des luttes de priorité, ce n'est pas moi qui lui ai donné ce caractère. Je connais votre ëloignement pour les discussions de ce genre, qui sont plus industrielles et personnelles que scientifiques.

Toutefois, puisque, par une insistance fatigante et peu habile, on me force à prouver, pièces en main, la fausseté des allégations produites à cette tribune, je vais citer les textes auxquels il a été fait allusion.

Prenons d'abord le serre-nœud de Mayor (fig. 23, pi. II, de la Chirurgie simplifiée) ; c'est ce petit instrument connu de tous les chirurgiens, et dont les plus simples notions d'histoire de la chirurgie auraient suffi pour montrer l'origine. De quoi se compose-t-il? D'un tube métallique, de petites boules ressemblant à un chapelet, d'un treuil ou tourillon.

Eh bien! le tube appartient à Fallope, le chapelet à Roderic, et quant au treuil, je ne pense pas qu'on en fasse honneur à l'invention de Mayor. Voilà pour l'instrument. Voyons la méthode.

Je cite textuellement. Si je procédais par affirmations, sans preuves, je pourrais être accusé de mauvaise foi, surtout s'il s'agissait de dépouiller quelqu'un de ce qui lui appartient.

T. I, p. 468, de la Chirurgie simplifiée : a ... Un seul lien, quand il est bien

appliqué, peut faire sphacéler une énorme tumeur L'étranglement par un

vigoureux constricteur ne tarde pas à enrayer la circulation dans la tumeur et à lui donner l'aspect, l'odeur, et le froid qui caractérisent la gangrène,*

C'est donc bien positivement par sphacèle, par gangrètie, que Mayor fait tomber les parties qu'il embrasse dans son serre-nœud.

Dans tovs les cas sans exception, récrasement linéaire fait tomber la tameur sur-le-champ.

T. I, p. 471 : « Ai-je besoin de dire qu'il faut toujours découvrir la tumeur avant de Tétrangler ? Car on ne \a lie jamais sur les téguments. •

Et plus bas :

« On fera toujours aux téguments, suivant les règles de l'art, les incitons nécessaires pour pouvoir disséquer^ isoler et mettre largement à nu le corps qu'on veut lier. »

Comment, après des déclarations aussi explicites, peut-on assimiler un procédé qui fait une si large part à l'instrument tranchant, à une méthode qui l'exclut d'une manière positive ?

Pour Mayor, l'agent de constriction, c'est un fil (soie, argent ou platine}; pour l'écrasement linéaire, c'est une chaîne à pièces articulées.'

De ce que, dans l'un et l'autre cas, on veut exercer une forte constriction, conclure à l'identité des instruments et de la méthode, c'est quelque chose d'aussi étrange que d'assimiler entre eux tous les instruments deU lithotritie, par cela seul qu'ils ont pour objet le broiement d'un calcul.

T. I, p. 462.... « La plaie ne tarde pas à se déterger, et les téguments qu'on aura eu soin de disséquer préalablement »

Ainsi, dissection préalable, emploi du bistouri dans le système de Mayor, tandis que dans l'écrasement rien de semblable. Pour exemple, je citenii l'amputation du sein. Jq fais passer sous la tumeur, au moyen d'un trocart, une chaîne qui la divise en deux moitiés ; chaque moitié est enlevée ensuite avec le seul secours de la chaîne : il n'y a donc intervention du bistouri ni au commencement ni à la fin de l'opération.

Je sectionne toujours sur-le-champ et j'attends un fait, un seul où il soit établi que Mayor ait jamais^ avec son serre-nœud, opéré la section immédiate.

S'agit-il de l'amputation d'une moitié latérale de la langue, voici ce que dit Mayor, Chirurgie simplifiée, tome I, page 492 :

« On commencera par séparer la moitié malade au moyen d'un trait de bistouri,,. »

Tous ceux qui ont bien voulu prendre connaissance de mon livre savent très-bien que, dans aucun des procédés que j'ai proposés pour l'amputation, soit partielle, soit totale de la langue, je ne fais absolument aucun usage du bistouri.

Pour leshémorrhoïdes, voici le texte de Mayor : « Après avoir soumis les parties à une facile et forte constriction, elles se sphacèlent en vingt-quairt ou trente-six heures »

Vous comprenez tout ce qu'a de pénible la position du patient, obligé de garder pendant vingt-quatre ou trente-six heures l'instrument de son sup-

plicc, et qui, au bout de ce temps, ne se trouve même pas encore débarrasse de sa tumeur.

Dans l'écrasement, au contraire, c'est au bout de neuf, dix ou douze minutes au plus que la chute du bourrelet hémorrhoïdal le plus volumineux s'accomplit, sans s'accompagner de la moindre trace de sphacèle, ce complément obligé de l'emploi du serre-nœud.

Si nous tenons compte des résultats cliniques : en regard d'un nombre considérable d'observations publiquement recueillies, les procédés de Mayor ne sont pas démontrés cliniquement par une seule observation complète et authentique.

Je me trompe, il en existe une, et c'est un modèle dans le genre de ces exécutions que des hommes connus pour le peu de solidité de leur jugement prennent pour le beau idéal de la chirurgie.

Le fait est rapporté page 454. Il a pour sujet une jeune fille ayant un goitre peu volumineux. Incision longitudinale ; hémorrhagie épouvantable qui arrête net l'opérateur ; lien passé sous la tumeur : un premier, un deuxième, un troisième, et les jours suivants un quatrième. Bref, dit en terminant l'opérateur, je ne réussis qu'après avoir rompu mon fil à plusieurs reprises, et tourmenté longtemps ma malade... Je le crois bien.

V^oilù ce qu'on a osé présenter comme un exemple d'ablation du goitre par l'écrasement linéaire !

— M. DEMiBQUAT : En substituant à la chaîne de M. Chassaignac un simple fil métallique ou une ficelle, on emploie un compresseur nouveau qui agit comme la ligature ; or M. Demarquay a vu employer la ligature par Récamier et Blandin dans des cas très-divers, tels que des tumeurs du rectum, de la langue, du voile du palais, des polypes utérins, des amygdales hypertrophiées. En général, les résultats étaient déplorables. Les malades souflfraient horriblement; tantôt ils mouraient rapidement, tantôt ils succombaient plus tard à l'infection putride ou à l'infection purulente.

Depuis quinze mois, au contraire, M. Demarquay a employé ou a vu employer l'écraseur linéaire par ses collègues, par M. Monod en particulier; les résultats ont été très-heureux ; il a enlevé ainsi deux tumeurs de la langue, des polypes du col utérin, du rectum, etc. Les malades ont guéri, sans accident, de leur opération. Une fois, à la suite d'une amputation du col de l'utérus, un suintement sanguin s'est montré au dixième jour; un tamponnement léger en a fait justice.

M. Demarquay opère plus vite que M. Chassaignac, et il n'a pas eu à s'en repentir, la douleur ne lui a pas paru être très-forte en général.

Quand on songe aux dangers extrêmes qui accompagnaient autrefois les opérations pratiquées dans les cavités muqueuses, on apprécie les immenses avantages de la méthode nouvelle.

En résumé, M. Demarquay est émerveillé des résultats de l'écrasement linéaire, et il croit que M. Chassaignac mérite une juste reconnaissance.

On a parlé de Taction de la chatne. Voici ce qu'on observe : les liss»s commencent à se tasser, à se condenser, puis la section commence : ell«' est très- nette, très-propre, aussi régulière que celle que le bistouri pratique. S'il y avait un écrasement dans le vrai sens du mot, on devrait, soit immédiatement, soit le lendemain, trouver des détritus, du sphacèle à la surface de la plaie ; c'est ce qui ne s'observe pas. Le mot A' écrasement linéaire n*est donc pas très-exact.

M. Chassaignac a substitué l'écraseur linéaire au fer rouge dans leunitementdes hémorrhoîdes, à cause des accidents qui ont été observés à là suite de ce dernier moyen ; ainsi on a noté des phlegmons, des abcès, des phlébites, des rétrécissements du rectum à la suite de la caQtérisati*m actuelle.

A la vérité, ces suites fâcheuses proviennent souvent de l'emploi tnip énergique du fer rouge. M. Demarquay a cautérisé plus de trente fois des tumeurs hémorrhoïdales sans observer le moindre accident ; mais voici comment il procède : la tumeur est d'abord soulevée avec un fil et isolée des parties voisines, ensuite le cautère est promené lentement à sa surface. Il se propose non de détruire complètement les tumeurs, maïs de les enflanuner, d'y faire coaguler le sang, d'arrêter les hémorrhagies, eo UQ mot de métamorphoser les tumeurs de manière qu'elles deviennent indolentes.

L'innocuité de la cautérisation ainsi pratiquée ne veut pas dire que IVcrasement ne soit pas meilleur.

— M. Bhoca déclare d'abord qu'après avoir scrupuleusement examiné les textes, il n'a pu trouver aucune ressemblance, même lointaine, CDtrc les idées de Mayor et la méthode de M. Chassaignac. Il désirerait ensuite s'éclairer sur deux points :

1* On a avancé que les plaies faites par l'écraseur étaient moins graves que les plaies faites par l'instrument tranchant, et qu'abstraction faite de l'écoulement sanguin, qui manque dans les premières, elles avaient encon* des caractères d'innocuité tout à fait propres. M. Chassaignac a cité Al cas d'amputation d'hémorrhoïdes ; il y a eu 47 guérisons. Ce résultat est irrsbeau, mais il ne serait pas impossible à la cautérisation de fournir une série aussi satisfaisante. En est-il de même pour les autres opérations pratiquées sur d'autre tissus et dans d'autres régions? M. Broca adresse donc une première question : Toutes choses égaies d^ailleurs, les plaies produites par récrasement linéait^e sont-elles moins graves^ guérissent^elles plus vite que h solution de continuité faite par le bistouri ?

2* Le principal avantage de l'écrasement linéaire est de prévenir l'effusion du sang. Mais doit-on y compter d'une manière absolue? M. Broca a enlevé une tumeur du rectum à pédicule très-épais ; il y a consacré cinquante minutes, afin de se mettre plus sûrement à Tabri de l'hémorrhagie. et cependant il s'est fait après la section un écoulement de sang, modère,

il est vrai. L'instrument employé se composait d'une chaîne rentrant d'un seul côté, et l'on pourrait dire que, faute de la pression alternative de rinstrument de M. Chassaignac, il n'y a pas eu un véritable écrasement.

De là une seconde question : La méthode de M. Chassaignac, exécutée par lui et avec son écraseur, a-t-eile quelquefois donné lieu à des hémorrhagies ?

— M. Chassaignac, 1* en ce qui concerne Thémorrhagie, a vu quelquefois un léger écoulement sanguin survenu une demi-heure ou une heure après l'écrasement, quelquefois même plus tard, jamais passé douze heures. Il ne garantit donc nullement contre les chances de l'hémorrhagie primitive , tout ce qu'il peut dire, c'est que jusqu'à ce jour il n'a jamais observé de pertes de sang inquiétantes ; des moyens très-simples ont toujours été suffisants. En revanche, jamais il n'a vu se produire l'hémorrhagie après douze heures : l'écoulement sanguin consécutif est donc au moins fort rare, s'il existe. Peut-être le mécanisme de son instrument y est-il pour quelque chose. L'oscillation alternative reproduirait les conditions de la torsion.

2* M. Chassaignac a la conviction que le traumatisme par l'écrasement est beaucoup moins dangereux que celui de l'instrument tranchant. Sur le très-grand nombre d'opérations qu'il a pratiquées, il n'a vu qu'un seul cas d'infection purulente. Un malade a succombé aux suites de l'extirpation d'un cancer du rectum, mais le délabrement produit avait été considérable.

II n'a pas souvenir d'un seul érysipèle, mais il ne veut pas juger d'après les simples impressions générales. Il possède toutes ses observations détaillées, et il les met à la disposition de la Société ou de ceux de ses collègues qui voudraient eux-mêmes en examiner les détails.

Les surfaces traumatiques produites par l'écraseur ont d'ailleurs un cachet tout spécial. Quelles que soient les parties intéressées, la plaie est toujours homogène; elle ne ressemble à aucun tissu connu : ni peau, ni muqueuse, ni plaie ordinaire. Il serait important que des études spéciales fussent faites sur ces surfaces et sur l'état des tissus au niveau de la section. Elles ne diffèrent pas moins par les phénomènes consécutifs qui s'y développent. On ignore encore si l'adhésion primitive y est possible; mais la suppuration y manque presque complètement. Ainsi une plaie peut i^ter quinze jours à se cicatriser, et cependant rester sèche et sans sécrétion purulente. Après l'opération de la fistule anale par l'écraseur, les surfaces restent molles, rosées, sans suintement quelconque jusqu'à la cicatrisation complète. Pour tout pansement, M. Chassaignac emploie la poudre d'amidon.

Peut-être même la plaie de l'écraseur n'est-elle i»as inoculable, si l'on en juge par des opérations de phimosis qui ont été faites sur des individus affectés de chancre, sans que la solution de continuité ait été infectée et sans que la cicatrisation en ait été empêchée.

64 PART. I. — OPÉRATIOxNS COMMUNES A TOUTES LES PARTIES.

Quelquefois, à la suite de l'opération des hëmorrhoïdes, les lèvres de la plaie paraissent se réunir, et on pourrait craindre un rétrécissement; mais cette adhésion est tout à fait fugace, une simple dilatation avec le doigt suffit pour la faire évanouir.

M. Chassaignac termine en remerciaut sincèrement M. Broca de la justice qu'il a rendue à ses travaux.

— M. FoRGET : Notre collègue nous a dit, sur Tétat des plaies par écrasement, des choses très-intéressantes et très-nouvelles. Cependant quelques points restent encore à élucider. Il est difficile, à la vérité, de savoir exactement ce qui se passe dans les surfaces traumatiques cachées au fond des cavités muqueuses ; mais l'étude est bien plus facile sur des parties exposées au regard, comme la mamelle, par exemple. Que se passe- t-il lors de l'amputation d'une tumeur du sein par l'écrasement linéaire ? A ce propos, M. Forget remarque que la nouvelle méthode, indépendamment de ce qu'elle sacrifie très-largement la peau, fait disparaître tous les avantages qu'on retire de la réunion immédiate, en supprimant complètement ce précieux mode de traitement des plaies. Quels avantages l'écrasement linéaire offre-t-il en compensation ?

M. Chassaignac reconnaît qu'à la suite de sa méthode il peut y avoir un écoulement sanguin, ce qui est fort important. M. Foi^t dédrerait, de plus, avoir des renseignements précis sur un malade dont l'histoire lui a été racontée de la manière suivante :

Une personne délicate fut opérée d'hémorrhoïdes par l'écrasement linéaire. La section terminée, la plaie fournit une palette de sang; un disque d'agaric fut appliqué, et réussit a arrêter l'écoulement. Mais le troisième jour, une hémorrhagie consécutive était survenue, et une palette de sang s'était encore écoulée. M. Forget, ne s'en rapportant à nul autre plus qu'à l'opérateur lui-même, voudrait être éclairé. Si ces détails étaient exacts, l'écrasement ne rassurerait pas contre l'hémorrhagie. Ayant à opérer prochainement un malade très-afifaibli par des hémorrhoîdes, M. Forget préférerait peut-être recourir à la cautérisation.

— M. Ghassaigrac se rappelle fort bien le cas auquel M. Forget fait allusion. Quelques minutes après la fin de l'opération, lors du réveil chloroformique, il y a eu, en effet, deux ou trois ondées de sang rendues par l'anus, mais ce fut tout ; la tumeur était profonde et très-vasculaire. Quelque temps après, il y eut trois selles sanguinolentes, mais qui tenaient, sans doute, à la rétention du sang primitivement épanché.

Quant à une hémorrhagie consécutive survenue au troisième jour, et ayant amené une syncope, c'est un fait entièrement inexact. Le malade, du reste, était très-épuisé, à ce point que M. Louis, qui l'avait visité, l'avait dissuadé de toute opération.

L'hémorrhagie primitive du début a, du reste, été tout à fait insignifiante et sans danger. L'opéré est aujourd'hui dans de bonnes conditions de santé.

TITRE II. — iNCISIONS SÈCHES. 65

L'amputation du sein, ajoute M. Chassaignac, en terminant, n'est pas une application heureuse de réerasement linéaire ; il faut revenir, au moins dans la généralité des cas, à Textirpation parle bistouri.

Voici maintenant les objections adressées par M. Lenoir à la méthode de réerasement linéaire appliquée au traitement des hémorrhoïdes, et suivies chacune des réponses qu'elles comportent.

i' Au lieu d'appeler le procédé opératoire méthode de l'écrasement linéaire, on aurait dû Ini donner le nom de ligature extemporanée.

—Cette dénomination est un véritable contre-sens, appliquée au procédé opératoire que j'ai adopté. Que signifie la dénomination de ligature extemporanée ? Que c'est une ligature faite sur-le-champ. Or, à l'exception des ligatures à constriction lente et progressive, toutes les ligatures sont extemporanées. En employant celte désignation, on n'eût donné qu'une idée tout à fait fausse de la méthode nouvelle.

2* Le nombre des opérations faites, et qui s'élève, pour un espace de vingt-trois mois, au chiflFre de 21 opérations, nous parait extraordinaire eu égard à ce que nous avons observé par nous-même et à la pratique des hommes qui ont été placés à la tête de la chirurgie. Il serait donc probable qu'une partie de ces opérations a été faite sans qu'il y eût une nécessité bien évidente.

— La réponse à cette objection se trouve dans la lecture même des observations ^e renferme ce travail.

A l'exception des premiers faits, dans lesquels, par des motifs de prudence faciles à comprendre, l'application de la méthode a eu lieu pour des cas légers, les indications d'opérer sont parfaitement démontrées dans toutes les autres observations, et notamment dans les 47 cas soumis à la Société de chirurgie.

3* La méthode opératoire expose au rétrécissement de l'anus, et dans 3 cas, sur les 21 que renferme le Traité de l'écrasement linéaire^ cet accident a été noté. (Voyez observations 3, 42 et 13.)

— Nous ferons d'abord remarquer qu'il y a erreur quant à l'observation 3, car elle a pour sujet un homme nommé Bouillon (Joseph), et il n'est nullement question de rétrécissement dans son observation. C'est probablement à l'observation 9 que l'objection fait allusion. Or, il est dit dans cette observation qu'il ne s'agissait point d'un cas d'hémorrhoïdes simples, mais d'une tumeur hémorrhoidale compliquée de chute du rectum. Et, de plus, si à la date du 16 octobre il est fait mention de cette circonstance que le doigt ne peut franchir que difficilement l'anus, arrêté qu'il est par l'anneau cicatriciel qui circonscrit cet orifice, il est dit expressément dans l'observation, et quelques lignes plus bas, que les mèches sont devenues inutiles, que la défécation redevient complètement normale, et que la malade sort parfaitement guérie dans le courant de janvier 4856. Je laisse au lecteur à se prononcer sur la valeur d'une argumentation dans laquelle

on présente les observations d'une manière aussi incomplète et aus» inexacte.

Quanta l'observation 12, on a évidemment confondu avec un rétréei«ement durable ce rétrécissement primitif produit par l'adhésion temporaire d'une partie de la plaie, rétrécissement qui se détruit toujours par la simple introduction du doigt.

Dans l'observation 13, il est dit qu'au moment de la sortie de la malade la constriction anale diminuait tous les jours. Pour trouver dans Tacte même de la disparition du rétrécissement un argument en faveur de la persistance de celui-ci, il faut vraiment une disposition d'esprit qui n'est pas facile à comprendre.

Enfin on cite un quatrième malade, mais sans désignation aucune, et sans donner la preuve que ce malade ait été opéré par nous.

4*" Des maladies de toute sorte peuvent être la conséquence de l'extii^pation complète des tumeurs hémorrhoïdales. L'écrasement linéaire ne permet pas de laisser subsister une ou deux tumeurs pour entretenir un écoulement de sang salutaire après l'ablation de la masse principale.

— Cet argument porte complètement à faux en ce qui touche l'impossibi* lité pour l'écrasement linéaire de pratiquer l'ablation partielle des tumeurs hémorrhoïdales. Il est peu de méthodes, au contraire, qui se prêtent mieux à ces ablations partielles, puisque l'instrument, agissant à la manière d'une ligature, permet de ne pédiculiser, pour l'extraire, que la portion de tumeur qu'on voudrait enlever.

Quant à la question du danger qui peut résulter de l'ablation des tumeurs hémorrhoïdales, c'est un point qui ne pouvait être décidé que par une série nombreuse d'observations complètes, ou du moins d'observations dont les sujets auraient été suivis pendant un temps assez long pour mettre le lecteur à même de juger des effets de cette suppression : cela d'après des faits rigoureusement observés, et non d'après les banalités renfermées à ce sujet dans les livres de pathologie. Le tableau annexé à mon mémoire contient des documents parfaitement exacts sur plus de 50 malades revus à des époques diverses depuis l'opération, trois ans, deux ans, dix-huit mois^ quinze mois, etc. ; or par un concours de circonstances bien remarquable, et qui nous parait tout à fait concluant, car il était à présumer que sur un pareil nombre de sujets quelque maladie intercurrente pouvait survenir, alors même qu'elle eût été tout à fait étrangère à l'influence de la suppression hémorrhoïdalc, il n'est pas un seul de ces opér('»s qui ait éprouvé le moindre trouble dans sa santé. Tous, au contraire, n'ont eu qu'à se louer du résultat et des suites de l'opération.

On peut donc dire dès à présent et d'une manière formelle (ce que j'étais loin de soutenir avant de posséder un nombre suffisautd^^servations), que la doctrine existante sur le danger de supprimer chirurgicaletnent les tu-meurs hémorrhoïdales consacre tout simplement une erreur rendue respec-

TITRE 11. — INGISIONS SË€HES. 07

table, si l'on veut, par Tautorité des noms qui Tout suoceasivement aooeptéft dans la série des temps, mais qui n'en est pas moins une erreur, laquelle doit être aujourd'hui renversée dans l'opinion de ceux qui placent les faits au-dessus de l'autorité.

Gonunent cette erreur a-t-elle pu s'enraciner dans une foule de bons esprits? Gela doit être attribué, d'une part, aux nombreux abus de raison» nement qui ont régné dans la science sur la question des exutoires,et| d'un autre côté, à une circonstance à laquelle on n'a pas pria garde^ et que j'ai déjà signalée, à savoir : que bien des fois on a pris l'effet pour la cotise) et qu'on a attribué à la suppression du flux bémorrhoidal des affections dia*> gnostiquées trop tard^ et qui avaient produit elles-mêmes cette suppression.

Ainsi donc, très-circonspect d'abord et avant la possession des faits nom* breux que j'ai observés, je deviens aujourd'hui tout à fait ufftrmatifaut ce point, et je déclare que la suppression opératoire des tumeurs hémorrhol* dates est absolument inoffensive) et doit être pratiquée toutes les fois qtld les malades la i*éclament.

Dans les très-rares accidents qui ont pu suivre ce genre d'opération, il a toujours été possible de reconnaître qu'il s'agissait d'une concomitance, et que les accidents dépendaient, non de l'opération elle-même^ mais de toute autre cause, telle qu'une maladie intercurrente ou une faute plus ou moins grave dans l'exécution du procédé. Il est bien évident que, si un individu atteint d'anévrisme interne vient à être opéré d'hémoniioîdes, ce o'estpas l'opération qui l'empêchera de succomber aux suites de l'affectioil dont il est atteint* II est également certain que, si chez un individu opéré de tumeurs hémorrhoîdales, et chez lequel une affection concomitante des voies urinaires nécessite un cathétérisme, dans lequel pourront être produites des ruptures urétrales suivies d'infiltration urineuse et de toutes les conséquences que peut entraîner cet accident, on ne saui*ait, sans injustice, mettre à la charge de l'opération hémorrhoïdaire ce qui tient à une cause toute différente.

S'il est un point de mon travail qui me paraisse in^éprochable, c'est celui qui se rattache à tnes résultats statistiques. On va en juger.

Pour ne laisser de côté aucun des faits sur lesquels mes travaux avaient été basés, je réalise ce que le plus rigoureux statisticien n'a peut-être ja<< mais fait : j'ai publié intégralement 57 observations, dont quelques-unes sont trèfr^longues. Mais, longues ou courtes , je les publie toutes. Pourrait* on me dire ce qu'en matière de statistique on peut reprocher à un homme qui met tontes ses observations, sans en excepter une seule, sous les yeux du public ou dans les mains do ses contradicteurs, de ses adversaires et de ses ennemis ? En admettant que je commette une erreur quelconque dans ma manière de commenter ou de grouper les faits, est-ce que je ne donne pas, par leur publication intégrale^ le moyen de rectifier sur4e-champ mon erreur f Se fermer volontairement toute porte échappatoire, fournir contre

soi-même toutes les armes nécessaires en cas d'abus, n'est-ce donc pas là le cachet de la bonne foi scientifique la plus complète ? Disons maintenant ce qui m'a été reproché, et mettons le lecteur à même de juger la question.

J'avance que du !•' janvier 1855 au 15 janvier 1857 (deux ans) j*ai opéré 47 malades sans en perdre un seul. Pour prouver mon assertion, je prends dans mon Traité de l'écrasement linéaire toutes celles des observations qui se rapportent à des sujets opérés depuis le 1" janvier 1855, et ce sont ces observations qui complètent mon nombre de 47. Savez-vous ce qu'on me reproche ? C'est de m' être fait cet emprunt à moi-même, c'est d'avoir reproduit dans mon travail actuel des observations déjà publiées. Le fait d'avoir été publiées m'enlèverait donc le droit de propriété sur ces observations, et m'en interdirait l'usage !

J'avoue franchement qu'un pareil reproche de la part d'un homme raisonnable me paraît tout à fait inintelligible, et c'est ainsi qu'il a été qualifié par tous ceux qui connaissent la question.

M. Déguise n'est pas complètement rassuré sur ce que pourront devenir les opérés; car il ne croit pas que l'on puisse, chez tout le monde, supprimer impunément le flux hcmorrfaoïdal ; il craint que, plus tard, il n'en résulte des accidents. A ce sujet, il rapporte qu'il a soigné pendant dix-huit mois, par tous les moyens possibles, une dame affectée d'opbtbalmie granuleuse sans aucun succès. Enfin, ayant appris que sa malade avait eu des hémorrhoîdes qu'on avait liées sept ou huit mois auparavant, il lui fit employer des suppositoires de beurre de cacao et d'émélique ; les hémorrhoîdes reparurent, et bientôt après l'ophthalmie était guérie. Pour éclairer cette question, il faut suivre longtemps les malades.

-r- M. Chassaignàc répond que, pour savoir s'il y aura des accidents par suite de la suppression des hémorrhoîdes, il faudra du temps; cependant il fait observer qu'une partie de ses malades est guérie déjà depuis deux ans, et qu'il avait choisi des cas extrêmes, dans lesijuels les hémorrhoîdes existaient depuis longues années. Il compte d'ailleurs poursuivie) ses observations.

— M. MicHON rappelle que jusqu'ici les chirurgiens n'opéraient les hémorrhoîdes que dans des conditions particulières, lorsque l'opération était indiquée par quelques complications, et que les idées médicales restragnaient encore le nombre des opérations en présentant les hémorrhoîdes comme un bienfait de la nature. Aussi les cas d'opérations étaient-ils trèsrares, et M. Lenoir a pu s'étonner du nombre d'observations rapportées par M. Chassaignac ; mais ce nombre s'explique par la grande quantité de malades qu'il a vus, et surtout parce que le diagnostic et le pronostic de la maladie ont changé.

De même que M. Lenoir, M. Michon n'attaque les hémorrhoîdes qu'au* tant qu'elles deviennent dangereuses par les accidents qu'elles provoquent; ainsi, lorsqu'elles produisent l'épuisement, il faut les détruire, et

bientôt on voit le malade revenir à la santé. Sans doute, M. Gbassaignac a opéré des malades dans de semblables conditions : mais il a dû aussi enlever des bémorrhoïdes que d'autres chirurgiens auraient respectées. Quant aux accidents qui peuvent suivre la suppression des bémorrhoïdes, ils peuvent arriver tardivement. Les maladies du foie, par exemple, peuvent se déclarer longtemps après la suppression dont elles sont l*effet. En terminant, M. Michon insiste sur la nécessité de distinguer les bémorrhoïdes dangereuses, celles qui sont supportables, et celles qui sont nécessaires à la santé.

— M. Bouvet pense qu'on ne doit juger les effets de l'opération qu'au bout d'un certain temps. Il connaît une dame opérée par M. Chassaignac, qui a beaucoup souffert pendant les premières semaines, et qui, maintenant, se porte complètement bien.

— M. Laborie s'explique le nombre comparativement considérable des opérations de M. Chassaignac, parce que les autres chirurgiens refusent, en général, d'enlever les bémorrhoïdes.

Aujourd'hui M. Chassaignac apporte un procédé dont les résultats sont superbes et doivent faire admettre l'opération dans des cas où les dangers inhérents aux autres méthodes l'eussent fait rejeter. Quant au danger de la suppression des bémorrhoïdes, M. Laborie ne connaît pas d'accidents qui en dépendent évidemment. Dans le cas cité par M. Déguise, il pense que la guérison a été due, non pas a là réapparition des bémorrhoïdes, mais à la révulsion opérée par le suppositoire stibié. En résumé, il croit que les personnes hémorrhoïdaires se portent bien, malgré et non pas à cause de leurs hémori'hoïdes.

— M. Déguise répond à l'observation de M. Laborie que, chez sa malade, on avait employé sans résultat, presque tous les moyens révulsifs, et que, d'ailleurs, la guérison n'a pas été la suite de l'irritation causée par les suppositoires, car elle n'a eu lieu qu'après la réapparition des bémorrhoïdes.

— M. Demaequàï pratique la cautérisation superficielle des bourrelets iiémorrhoïdaux de façon à produire une inflammation qui obstrue les vaisseaux plutôt que de réduire les tumeurs en eschares. Plusieurs fois des malades qu'il avait opérés lorsqu'ils étaient déjà épuisés sont revenus le voir, jouissant d'une santé parfaite.

— M. MiRJOLm pose quelques contre-indications à la cure des bémorrhoïdes. Il faut, suivant lui, les respecter chez les gens à tempérament apoplectique. Les bémorrhoïdes qui amènent des accidents, qui produisent l'épuisement, doivent être opérées ; mais, dans ce cas encore,' si on les supprime trop brusquement, il en résultera des congestions.

— M. Chassaignac. Messieurs, j'avais dit, devant la Société de chirurgie, que des 47 malades opérés de tumeurs hémorrhoïdales, depuis le 1*' janvier i855 jusqu'au 15 janvier 1857, je n'en avais pas perdu un seul.

Je place sous vos yeux, en exemplaires multiples et imprimés, les 47 observations.

Toutes celles qui sont antérieures à i85K sont rapportées in cxten$o dans mon Traité de Vécrasement linéaire.

Des diverses pièces du débat, il n'en est donc pas une seule qui ne soit soumise à un contrôle public.

Ces observations, messieurs, n'émanent directement de moi qu'en partie. Signées des noms de jeunes internes des hôpitaux aussi recomraandables par leur instruction que par leur caractère, elles ont à mes yeux un cachet d'authenticité et de bonne foi qui les met à Tabri du soupçon.

Voici les noms des internes qui ont recueilli les observations dont la réalité a été contestée. Ce sont MM. Parisot, André, Luys, ^élaton (Eu* gène), Alfred Fournier, Charnal, Garrcau, Jaccoud, Heurtaux, Bail, Bron* gniart, Labbé, Témoin, de Saint-Germain.

Tous ces jeunes gens vous sont connus. Je ne sache, pour ma part, personne qui porte ou qui ait jamais porté le titre d'interne des hôpitaux avec plus d'honneur et d'indépendance.

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