ÉLECTRICITÉ DE CONTACT OU GALVANISXE
L'électricité de contact se produit au moyen d'appareils galvaniques, de batteries composées d'un plus ou moins grand nombre d'éléments.
L'électricité que dégagent ces appareils peut être appliquée parcourants continus ou par courants interrompus.
Les courants continus limités à la peau y excitent des phénomènes de sensibilité et un travail organique qui peut aller du simple éry thème jusqu'à l'escharification. — Dirigés dans le tissu des muscles, ils y produisent des
contractions fibrillaires et un sentiment de chaleur plus ou moins prononcé suivant la force de la pile.
Les courants galvaniques intermittents excitent plus vivement la sensibilité cutanée que les courants continus. Mais ceux-ci produisent plus rapidement l'érythème, la vésication ou la destruction de la peau.
Les courants galvaniques, appliqués «ur Tune des régions qu'anime la cinquième paire, ont la propriété de développer des sensations lumineuses à chaque intermittence. La lumière qui se produit alors n'impressionne la rétine que du côté où a lieu l'excitation galvanique ; elle est d'autant plus vive et brillante que les excitateurs sont plus rapprochés de la ligne médiane.
Les courants intermittents excitent beaucoup plus énei^quement la contractilité musculaire que les courants continus.
2» ÉLEcnuciTtf d'induction.
On nomme ainsi Télectricité fournie par les appareils volta-électriques ou électro-magnétiques. Les premiers ont pour base une pile, les autres un aimant. Les uns et les autres sont constitués par un fil de cuivre rouge, recouvert en soie, d'un diamètre et d'une longueur variables, et enroulé en spires très-serrées de manière à former une bobine au centre de laquelle on place un fer doux ou un aimant.
L'électricité d'induction ne peut fournir de courant continu; elle est essentiellement intermittente. Chaque intermittence se compose de deux courants en sens contraire.
L'excitation de la peau par l'électricité d'induction, quelque longue que soit l'opération, quelque intense que soit le courant, ne produit pas d'autre phénomène que l'excitation des papilles ou un peu d'érytbème.
L'électricité d'induction par deux fils superposés (courant de second ordre) développe des sensations lumineuses beaucoup plus vives que l'électricité par un seul fil (courant de premier ordre), quand on l'applique à la face ou sur le globe oculaire par l'intermédiaire des excitants humides.
Le courant de premier ordre et le courant de second ordre exercent une action élective, le premier sur la contractilité musculaire, le second sur la sensibilité cutanée.
ApplteAtlons de Péleetrlelté à la ihérape«tlqae
•hlrar|pie»le.
A. — L'excitation galvanique, par cela seul qu'elle produit sur la peau soit l'érythème, soit la vésication, soit l'escharification, répond à certaines indications, et convient par exemple quand on veut obtenir une action analogue à celle du moxa, du cautère actuel, etc .
10S PART. I. — OPÉRATIOiNS COMMUNES A TOUTES LES PARTIES.
L'action coagulante du galvanisme sur le sang a été appliquée au traitement des anévrysmes.
B, — L'électricité d'induction offre l'avantage de pouvoir produire les excitations cutanées les plus vives sans jamais désorganiser la peaa, sans y laisser d'autres traces qu'un léger éry thème. Elle est donc applicable au traitement des anesthésies rebelles.
L'électricité d'induction convient surtout au traitement des paralysies de lamotilité, parce qu'elle excite au plus haut degré possible la contracti* lité musculaire sans développer aucune douleur, sans exercer d'action calorifique.
On rencontre souvent dans la pratique de la chirurgie, notamment à la suite des fractures ou du traitement des luxations, des paralysies partielles qui sont efficacement combattues par la Faradisation — nous avons eu recours à ce moyen dans diverses circonstances, et nous rappellerons brièvement à ce sujet quelques recherches que nous avons faites sur une maladie non décrite avant nous.
De la paralynle donloareosa des Jeanee enfante.
II est une variété singulière de paralysie qui s'observe assez souvent chet les enfants de deux, trois et quatre ans.
C'est presque constamment le membre supérieur qui est le siège de cette torpeur douloureuse. Elle survient le plus ordinairement à la suite d'un tiraillement exercé sur le membre. Quelquefois c'est une chute qtd est la cause de l'accident. Dam tous les cas il y a eu violence extérieure.
Parmi les caractères de l'affection qui nous occupe, nous avons à noter :
1^ L'instantanéité de l'invasion, — Dans la majorité des cas observés (9 fois sur \Â), c'est immédiatement après la traction exercée sur le membre que se sont manifestés les accidents.
9^ L'état incomplet de la paralysie, — Aussitôt après l'accident, il y avait perte subite et complète de la motilité. Mais, au bout de vingt*quatre ou de quarante-huit heures, se manifestaient quelques mouvements obscurs, appréciables seulement lorsqu'on pinçait la peau ou qu'on se livrait à quelque tentative d'exploration.
La sensibilité, bien que conservée, n'était pas complètement intacte. Dans le plus gran 1 nombre des cas il y avait hyperesthésie de la peau.
3* La douleur. — Un premier caractère de cette douleur, c'est sa manifestation subite après l'accident qui adéterminé la maladie. Douleur d'abord vive, aiguë, déchirante, comme le prouvent les cris des enfants, puis moins violente, donnant lieu à des plaintes, à des gémissements fréquents.
La douleur, qui était spontanée dans le principe, ne se produisait plus tard que quand on la provoquait.
Le siège de la douleur n'avait rien de précis. Cependant la compression
exercée sur le bord interne du deltoïde pour le membre supérieur, au point d'émergence du nerf sciatique pour le membre inférieur, nous a paru déterminer une souffrance très-vive.
A*^ L'aspect du membre.^ Le membre supérieur immobile et pendant le long du corps était en pronation, de telle sorte que la face palmaire de la main se trouvait regarder la hanche. II y avait flexion à un léger degré de Tavant-bras sur le bras. Se bornait-on à soutenir le coude, la main tombait comme elle le fait dans la paralysie des extenseurs ?
5* L'absence de toute déformation et de tout désordre anatomique. — Point de tuméfaction du membre, point de rougeur, point de chaleur anormale. Aucune apparence de déformation paraissant résulter d'une fracture, d'une luxation, d'une déchirure ligamenteuse ou musculaire ; pas d'ecchymose, pas d*excoriation. Dans quelques cas, nous avons cru saisir un craquement, un cri articulaire^ mais l'hypothèse d'une lésion traumatiquç est suffisamment éloignée par la rapidité de la guérison.
6® La diminution progressive et la guérison prompte de la paralysie. — Diminution graduelle de la douleur qui présente son maximum d'intensité dans les premiers instants qui suivent l'accident. Retour progressif des mouvements qui, après avoir été tout d'abord, en apparence au moins, complètement abolis, reparaissent faibles et obscurs, puis se pi^ononcent davantage et recouvrent enfin au bout de quelques jours toute leur intégrité. Enfin apaisement de l'hyperesthésie et retour de la sensibilité du membre à l'état normal. Telle est la marche habituelle de cette paralysie étrange qui disparait après quatre ou cinq jours, moins souvent au bout de quarante-huit heures, et dont la durée dans tous les cas ne dépasse jamais un septénaire.
De quelle nature est cette paralysie? à quel ordre de faits faut-il la rattacher? Elle me paraît pouvoir être rapportée à la commotion des plexus nerveux qui occupent la racine du membre. Il y a ici une grande analogie entre cet ordre de faits et ce qui se passe à la suite de certaines luxations.
Le traitement auquel j'ai eu recours jusqu'ici et qui m'a toujours réussi a consisté dans l'emploi de frictions aromatiques faites notamment avec i'atcool camphré et dans la précaution de faire soutenir le membre dou- «ioureux au moyen d'une écharpe.
Kennedy est le seul auteur qui ait avant nous fait allusion à cette variété de paralysie. Mais sa description est si incomplète , et renferme tant de contradictions, qu'il est permis de croire qu'il a confondu, avec la torpeur douloureuse des jeunes enfants^ des espèces de paralysie bien différentes les unes des autres. (Voy. Archiv. de médecine, juin 1856.)
i 10 PART. 1. — OPÉRATIONS COMMUNES A TOUTES LES PARTIES.
TITRE V