‹ Traité clinique et pratique des opérations chirurgicales (volume 2)Chapitre 79 sur 141 · EXTRACTION DES CORPS ÉTRANGERS · texte numérisé non relu

EXTRACTION DES CORPS ÉTRANGERS

L'exiractkm des corps étraDgers oonstitue l'un des chapitres les plus intéressants et les plus variés de la médecine opératoire. C'est très-souvent dans le genre d'opérations que néees^tent ces corps que le chirurgien a i'oocasion de déployer le pk» d'adresse et de sagacité. C'est là aussi que lui 8ontré8ei*vé8 parfois des succès extrêmement brillants et de nature à frapper fortement Timagination de ceux qui en pareil cas sont témoins des ressources de l'art chirurgical.

Arrêter aur-leK^hamp des accès de suffocation qm menacent d'une manière Irès'prochaine la vie de celni qui en ec^ atteint, les arrêter par l'extraoibn d'un corps étranger de la trachée, c'est là Tun des actes les plus beaux de la chirurgie, l'un de ceux qui sont de nature à être appréciés même par les êtres les plus incnhes et les plus étrangers à toute notion acîeotièque*

Ce qui fait varier à l'infini les manœuvres opératoires à l'aide desquelles on extrait les corps étrangers, c'est l'infinie diversité de ces corps, leurs origiiiea nombreuses et la déposition qnils affectent une fois qu'ils se sont établis dans l'organisme.

Notre intention n'est point de traiter ici, et in gloho^ de toutes les opérations qui peuvent être nécessitées par les corps étrangers. Des chapitres

importants seront consacrés a Fétude spéciale de ceux qui se préseotent dans les diverses régions de Téconomie. Nous avons seulement pour botes ce moment d'exposer quelques vues générales sur ces corps considéra ao point de vue de Tart opératoire et de formuler en même temps quelqu» préceptes généraux sur cet art difficile et complexe de Y exérèse, qui, malgré l'extrême diversité de ses applications, doit reconnaître des règles* qiw le chirurgien ne saurait perdre de vue, sans agir plutôt en mécanicien qo'en opérateur éclairé par les connaissances physiologiques et pathologiques.

On n'a peut-être jamais bien défini ce qu'on devait entendre par corp» étrangers et il est résulté de là que l'on désigne du même nom des corp» qui ont pris naissance dans l'organisme lui-même et des corps qui y ont pénétré de toutes pièces, soit qu'ils se soient introduits par des orifices normaux, soit qu'ils y aient pénétré de vive force en se frayant une voie « travers la continuité des tissus vivants.

Voici la définition que nous croyons devoir adopter : Tout corps qui séjourne dans l'intérieur ou à la surface de l'oi^anisme contre Tordre normal et qui ne peut participer à l'a vie commune des tissus est un corps étranger.

Au point de vue de leur état d'agrégation, les corps étrangers doifeot être distingués en corps solides, liquides et gazeux.

Eu égard à leur point de départ, ils doivent être distingués en ceux qui se développent au sein de l'organisme, les uns vivants, comme certaios entozoaires, les autres inertes; tels sont les calculs; et en ceux qui viennent du dehors. Patmi ces derniers on doit distinguer ceux qui sont organisés et ceux qui sont inorganiques ;

Ceux qui ont pénétré dans l'intérieur du corps et ceux qui sont appliqua à sa surface.

Enfin, eu égard à leur mode de pénétration dans l'organisme, il ^^^^ distinguer ceux qui s'introduisent par des orifices normaux et ceux qui pénètrent par des orifices accidentels.

Qu advient-il de la présence des corps étrangers ? Ils donnent Heu a de» phénomènes d'irritation^ d'élimination, d'enkystement.

i"* Ils irritent les tissus soit par leurs propriétés chimiques, comme le foot certains poisons, soit par leurs qualités physiques, telles que les aq>érité dont leur surface peut être hérissée, ou bien par leur forme anguleuse c^ piquante.

â"" Les phénomènes d'élimination consistent, soit 'dans des efforts d'expulsion provoqués ou spontanés, soit dans] le développement d'un travail éliminatoire dont la nature des organes qui en sont le siège détermine TiD' tensité et les complications. Et quant à la voie d'élimination, elle est ooo* stituée tantôt par des ouvertures normales, tantôt par des ouveruires aoci* dentelles qui dépendent soit d'abcès avec le pus desquels s'échappe lecorp^ étranger, soit d'une perforation directe après un acheminement vers l'extérieur.

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