‹ Traité clinique et pratique des opérations chirurgicales (volume 2)Chapitre 80 sur 141 · TITRE I. — EXTRACTION DES CORPS ÉTRANGERS. U · texte numérisé non relu

TITRE I. — EXTRACTION DES CORPS ÉTRANGERS. U

3» Les phénomèoes à'enkysimment se manifestent quand les om*ps étran» gers sont tolérés : quand ils ne produisent aucune altération dans les tissus voisins. Il s'établit alora, autour de ces corps, un véritable kyste qui les isole. Douée d'une sensibilité obscure, cette pocbe accidentelle n'est point enflammée par leur présence, tandis qu'elle possède assez de solidité pour les maintenir dans le même lieu, quand même leur pesanteur spécifique tendrait à les déplacer. C'est dans des circonstances semblables que Ton a vu des corps étrangers séjourner avec innocuité pendant un grand nombre d'années au sein des organes.

Parmi les substances étrangères peu altérables, il faut citer les balles de plomb ou de fer, des fragments de verre, etc.

Toutefois il est bon de faire remarquer que les tissus environnants, bien que modifiés dans leur texture de manière à s'accommoder de la présence de l'objet qui les touche, sont susceptibles de s'enflammer tout à coup sous l'influence des causes les plus légères, et de devenir l'origine d'accidents sérieux.

Nous considérerons successivement les corps étrangers dans leurs rapports i"* avec la surface tégumentaireexteme,S« avec lescavités muqueuses, 3"* avec les cavités séreuses, 4*" avec les cavités articulaires, 5* avec la snb- {(tance intime des organes, ou les parenchymes.

lo 0et oorpt étrangers appliqués à la surface tégnmentairo estarne.

Le mode d'action des corps étrangers de cette dasse se rapproche toujours de celui qui résulte de la pression exercée par un anneau ou par une ligature trop serrée.

Ccmipression des vaisseaux superficiels, obstacle au cours du sang, œdème et gonflement consécutifs, inflammation compliquée d'étranglement, tels sont les accidents qu'on observe en pareil cas. Les organes qui sont le plus ordinairement le siège de ces applications de corps étrangers, sont les doigts, les jambes, le pénis, c'est-à-dire les organes que leur forme dispose à recevoir des liens ou des agents de constriction.

Les ligatures appliquées aux membres supérieurs ou inférieurs n'exigeant que rarement l'intervention de l'art chirurgical pour être enlevées, nous n'y insisterons pas.

Toutefois une réserve doit être faite pour les corps étrangers placés autour des doigts. Les bagues, les anneaux métalliques peuvent devenir une cause de tuméfaction et d'étranglemoaf .

Voici de quelle manière on doit combattre ces accidents. On Inbréfie le doigt à sa surface avec de l'huile, on 1^ comprime doucement afin de diminuer son volume, on retire autant que possible en arrière (précaution importante) la peau de la base du doigt, en même temps qu'on dierche à faire avancer l'anneau.

On a encore ajouté l'immersion du doigt dans le mercure, quand il

4M PART. I. ^ CANALISATiœ^ CHfRURGfCALE OU DRAINAGE.

s'agit d'anneaux composés d'une substance soluble dans ce métal, l'emploi de la lime ou de la pince incisive en ayant soin de protéger les tissns par du carton ou du bois.

Un moyen que je ne saurais trop recommander, et qui m'a toujours réusai pour retirer les bagues lorsqu'il y a gonflement des doigts, c'est le suivant :

On prend un fil fort, d'une longueur d'un peu plus d'un demi -mètre. Od fait passer l'extrémité de ce fil au^essous de l'anneau. Quelle que soit h ooiistriction qu'exerce ce dernier et la profondeur à laquelle il est placé, on parvient toujours soit avec un passe-lacet, soit avec un stylet aiguillé à ^agager l'une des extrémités du fil au-dessous de l'anneau. Cette extrémité une fois passée est retenue en arrière de celui-ci du côté de la racine da doigt. Toute la longueur du fil, moips l'extrémité engagée, pend donc da côté de la pointe du doigt. Voici l'usage que l'on fait de cette longueur de fil. On la roule à tours assez serrés au-devant de l'anneau à partir du contact avec celui-ci, et quel que soit le gonflement des parties, on parvient à les déprimer sur un trajet circulaire d'un quart de centimètre au contact de l'anneau. Si alors, sur l'extrémité du fil préalablement introduite, on tire de manière i soulever un peu l'anneau par l'effort du fil, on fait peu a peu glisser l'anneau sur resp^>oe de plan incliné spiroïdal que présente successivement à chaque point de la surface interne de l'anneau le déroulement du fil.

On parvient alors à déplacer très-légèrement l'anneau de manière à le refouler dans le sens de l'extrémité unguéale du doigt. Lorsqu'on est sur le point d'épuiser les tours d» déroulement, on replace le fil dans sa condition première. On recommence les tours serrés circulaires, et on fait faire un pas de plus au déplacement de l'anneau. De pas en pas on arrive ainsi à l'extraction complète de ce dernier.

L'application sur le pénis de liens trop serrés ou d'anneaux de diverse nature détermine les mêmes accidents et exige l'emploi de moyens analogues à ceux dont nous venons de parler.

Qu'observe-t-on en effet chez les enfants ou les adolescents qui ont engagé leur pénis dans un anneau ? Un gonflement qui s'accroft avec la douleinret l'afflux du sang, une augmentation de plus en plus considérable du volume de l'organe et la formation d'un double bourfeiet dans la gorge duquel le coips constricteur s'enfonce et disparaît.

Portée à un certain degré d'intensité, la constriction amène l'ulcération et la destruction plus ou moins profonde des parties sur lesquelles presse immédiatement le cc»*ps étranger. Si l'urètre subit cette pression, il y a rétention d'urine, et l'ulcération dont le canal devient alors le siège peut donner lieu à des fistules avec perte de substance, fistules toujours difficiles à guérir.

A un degré plus élevé, la gangrène de la portion antérieure du pénis pent être ia eonséquence de cette constriction.

TITRE 1. — EXTRACTION DES CORPS ÉTRANGERS. ISr

InuneTBÎoti du pénis dans l'eau glacée, compression douce ayant pour but de diminuer le volume de la partie antérieure de l'organe, refoulement en arrière des parties tandis qu'on attire en avant le corps étranger, tels sont les premiers moyens qu'il convient de tenter. S'ils ne réussissent pas, section du lien avec des ciseaux ou un bistouri conduit sur une sonde cannelée, dans le cas où le lien est constitué par un fil, un ruban, une ficelle. S'agit-il d'anneaux d'or ou d'argent, friction avec le mercure; d'anneaux de fer ou de cuivre, emploi des tenailles incisives, les parties molles étant protégées par une plaque étroite et mince de métal. La section est-elle presque achevée, deux étaux à main peuvent déterminer la rupture du corps étranger, en saisissant ses extrémités et leur imprimant des mouvements aUernatiA en sens opposés.

!• Dm oorpi étrangers àmnê lei cwvîtés muqneutfia.

Les cavités muqueuses conmiuniquant à l'extérieur par des ouvertures naiurelks, c'est presque toujours par ces ouvertures que pénètrent les corps étrangers. Geux«<n dôiment lieu, tantôt à des douleurs suivies de tous les symptômes dme violente inflammation, tantôt à des troubles fonctionnels d'une extrême gravité, et parfois à des accidents plus sérieux que ceux qui résultent de l'introduction des corps étrangers dans la trame même de nos tissas. Nous passerons successivement en revue les diverses mu-* queuses dans la cavité desquelles peuvent s'introduire des corps étrangers.

Page 1