H. — RECTUM
Les corps étrangers qu'on rencontre dans le 'rectum peuvent avoir ixm origines distinctes :
l"* Ils ont été introduits directement dans la cavité du rectum.
2** Ils sont entrés par l'orifice supérieur des voies digestives.
3« Ils ont pénétré par une solution de continuité faite à l'intestin à travers les parois abdominales ou pelviennes.
L'attitude à donner aux malades est la même que pour l'opération de la fistule à l'amis. Mais dans certains cas, et suivant telles ou telles indicatioQs particulières, tantôt le sujet sera placé comme pour l'opération de la taille au bas appareil, tantôt il sera mis à genoux sur son lit, le siège étant relevé, pendant qu'il s'appuie sur les coudes.
Il est très-important que les moyens propres à lubréfier, soit la cavité du rectum, soit les doiglsMe l'opérateur ou ses instruments, soient lai^ment employés. Un lavement d'huile ou d'une décoction épaisse de graine de lin peut rendre un véritable service en pareil cas.
La constriction du sphincter, quand elle devient un obataole, duit être
TITRE 1. — EXTRACTION DES CORFS ÉTRANGERS. i57
vaincue par la division de ce muscle au moyeu de Técrasement linéaire, d'après le procédé que nous avons Thabitude d'employer pour le traitement de la névralgie sphinctérienne fissuraire ou non fissuraire.
Tout ce qui peut être fait par le seul secours des doigts ou de la main entière ne doit point être exécuté avec des instruments qui exposent toujours ou à blesser les parois de l'intestin ou à morceler les corps que Ton veut extraire. Ce morcellement, quand il a des avantages, et c'est ce qui a lieu dans certains cas, doit être fait volontairement avec des précautions, ou à Taide d'instruments appropriés à l'indication particulière.
Le crochet mousse, les pinces, le bec de cuiller, la curette, tels sont les instruments auxquels il faut recourir dans le cas où le corps étranger est peu considérable.
S'il est fragile et susceptible en se brisant de blesser les parois de l'intestin, il faut ne le saisir qu'avec des pinces bien garnies à leurs extrémités, et, si c'est nécessaire, dilater l'anus en l'incisant pour favoriser la sortie du corps étranger.
Lorsque la cavité du rectum est occupée par un de ces blocs volumineux de matières fécales, tellement durs et tellement compactes qu'ils sont inattaquables par les douches, les lavements ou les purgatifs, c'est à la curette qu'il faut avoir recours pour entamer, diviser et morceler ces amas de matières stereorales.
J'ai eu occasion de traiter un homme âgé de 44 ans, jardinier, entré le 10 juillet 1850 à l'hôpital Saint-Antoine pour une obstruction du rectum par des matières fécales endurcies.
Cet homme n'allait pas à la selle depuis quatre jours ; il éprouvait de violentes douleurs dans le rectum. Du reste pas de vomissements.
L'exploration par le toucher rectal me fit reconnaître la présence d'un bloc considérable de matières fécales très-dures. J'entamai cette masse résistante au moyen d'une curette, et je parvins à retirer une quantité énorme de pépins de groseilles. J'appris alors que le malade avait mangé quelques jours auparavant deux livres de groseilles.
Je complétai le traitement par des douches rectales, des bains et une infusion de follicules de séné.
Le lendemain, le malade put aller deux fois à la garde-robe sans aucune douleur.