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PROTHÈSE OCULAIRE

Les progrès accomplis dans la prothèse oculaire par une industrie dont l'origine remonte au temps de Ptolémée Philadelphe, sont tels que la pose et le port des yeux artificiels non-seulement ne donnent plus lieu à auune souffrance, mais encore au point de vue de la perfection laissent peu à désirer.

Un œil artificiel, pour être convenable, doit avoir avec la forme, le volume, la couleur de l'œil sain une ressemblance parfaite; il doit se mouler exactement par sa face concave sur le moignon oculaire, présenter des bords bien mousses, une surface bien lisse, de manière à n'irriter aucune des parties avec lesquelles il est en contact, être en un mot d'une innocuité complète.

U est bien entendu que pour poser un œil artificiel, la surface du moignon doit être cicatrisée. Il ne doit exister ni inflammation, ni excroissance fongueuse du globe de l'œil ou des paupières, en un mot, aucune cause de douleur ou d'irritation. — Si la mobilité palpébrale se trouvait empêchée par des brides ou des adhérences, il faudrait détruire ces corn-

L application d'un œil artificiel se fait de la manière suivante : Après avoir mouillé la pièce dans un verre d'eau, le chirurgien la saisit par son bord inférieur avec le pouce et l'index de la main droite ; avec le pouce de la main gauche on soulève la paupière supérieure au dessous de laquelle on introduit le bord supérieur de l'œil artificiel, en le poussant dans le sinus de la conjonctive jusqu'à ce que la partie la plus large de l'œil artificiel qu'on nomme la culasse se trouve cachée. Cela fait, la main gauche quitte la paupière supérieure et vient déprimer l'inférieure pendant quele pouce droit s'applique contre la partie antérieure de la pièce afin de la retenir contre le moignon. On engage alors le malade à fermer les yeux, et l'opération est terminée.

Pour retirer la pièce, le malade doit se pencher sur un lit ou au dessus d'une table recouverte d'une serviette, afin que si l'œil artificiel tombe, il ne se brise point. Il engage alors sous la partie inférieure et interne de la culasse un petit crochet mousse à l'aide duquel il tire et fait basculer la pièce en abaissant la paupière au bord de laquelle il la reçoit dans le creux de sa main.

La présence de l'œil artificiel entre les paupières détermine une légère irritation qui s'accompagne d'une hypersécrétion de larmes et de mucus. Mais au bout de quelque temps cet effet cesse de se produire et la tolérance s'établit.

Si l'irritation est trop vive, on l'apaise par de simples applications d'eau froide sur les paupières.

Chaque soir en se couchant, le malade doit retirer Ja pièce et la placer dans un verre d'eau, d'abord pour l'entretenir en bon état, ensuite pour prévenir la stagnation des produits de sécrétion derrière l'appareil.

Des coaserres et des luaettes.

Le but de ces instruments d'optique est de rendre la vision plus parfaite en modifiant l'intensité ou la direction des rayons lumineux.

Les conserves et les lunettes sont constituées par deux verres montés sur deux cercles à rainure, lesquels cercles sont réunis par une sorte d'arcade qui s'applique sur fe dos du nez. Deux branches latérales servent à prendre un point d'appui sur les tempes. Le centre des verres doit correspondre exactement à l'axe antéro-postérieur de l'œil. Leurs dimensions sont telles qu'elles permettent d'embrasser sur les côtés une étendue suffisante.

Conserves. — Destinées à protéger les yeux contre l'action d'une lumière trop vive ou des corps étrangers, les conserves sont garnies de verrw plans. Ces verres, que l'on colorait autrefois en vert ou en bleu, se font aujourd'hui en bleu noir d'une pureté parfaite. Cette teinte offre l'avantage de défatiguer les yeux eu modérant l'intensité des rayons lumineux.

Lunettes. — Elles ont pour but de corriger un défaut de réfraction des

SECT. IV. — OPÉRATIONS SUR L'APPAREIL OLFACTIF. 43a

milieux de l'œil, que cette réfraction soit trop prononcée comme dans la myopie, ou' insuffisante comme dans la presbytie. De là, deux sortes de* Terres, les uns concaves, dont le pouvoir divergent corrige la réfraction trop grande des milieux de l'œil, les autres convexes et munis d'une force convergente qui supplée la réfraction insuffisante de l'organe de la vision. — Dans les deux cas, le sommet du cône lumineux vient tomber exacte* ment sur la rétine, parce que chez les myopes il est reporté en arrière par les verres concaves et chez les presbytes reporté en avant par les verres convexes.

Toutes les variétés de verres qui ont été imaginées rentrent dans les deux catégories que nous venons d'indiquer. Ainsi les verres piano-convexes, biconcaves et concavo-convexes avec prédominance de la concavité sont tous divergents; les piano-convexes, bi-convexes et concavo-convexes avec prédominance de la convexité sont tous convergents.

On a essayé de déterminer mathématiquement pour les sujets atteints de myopie ou de presbytie le numéro des lunettes qui conviennent le mieux. pour chaque cas particulier, mais ici il vaut mieux s'en rapporter à l'expérience directe et faire essayer au malade différentes sortes de lunettes.

Il ne faut pas oublier que les deux yeux ont souvent une portée inégale , et que le verre qui convient à l'un peut être trop fort ou trop faible pour l'autre. D'une autre part on sait que par les progrès de l'âge le foyer de l'œil tend à s'allonger de plus en plus ; il faut donc remplacer de temps en temps les verres de lunette par d'autres dont la distance focale soit plus courte.

Enfin les myopes et les presbytes devraient toujours avoir deux paires de lunettes, les unes plus faibles pour voir de loin, les autres plus fortes pour voir de près.

SECTION IV

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