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CHAPITRE III. — AFFECTIONS DE L'APPAREIL CRISTALLIN IEN

es applications de ventouses à la nuque, l'eau de Sedlitz et un peu plus ird les douches oculaires deux fois par jour.

4° Aspiration.

Cette méthode connue des Arabes et notamment de Rhazès et d'Albucasis, èft-répandue en Perse vers le neuvième siècle, mentionnée par Verduc i commencement du dix-huitième siècle, n'aurait plus aujourd'hui qu'un térêt historique, si M. le professeur Laugier ne l'avait proposée de nou- »u dans ces derniers temps. Voici en quels termes il décrit sa raéode:

« Pour pratiquer cette opération, j'ai fait fabriquer un instrument consistant en une aiguille creuse, cylindrique ou fusiforme, terminée par une extrémité en fer de lance comme l'aiguille de Scarpa et vissée par l'autre sur un petit corps de pompe analogue à la seringue d'Anel et qui sortde manche à l'aiguille. Celle-ci, introduite à travers la sclérotique, comme dans l'opération par abaissement, est plongée dans le cristallin sans le traverser de part en part, mais de manière à y loger la pointe jusqu'au delà de l'ouverture allongée qu'elle présente et qui est l'orifice du canal pratiqué dans la tige de l'aiguille. Le cristallin a été ponctionné par l'instrument à sa partie inférieure externe et postérieure, à travers la capsule postérieure. L'aiguille ainsi engagée est tenue immobile, on fait doucement le vide en tirant le piston de la seringue. Les parties molles ou fluides du cristallin sont aspirées par l'aiguille et extraites de l'œil sans qu'on ait touché à la capsule antérieure. • Aussitôt que la couche opaque molle qui existait entre la capsule antérieure et l'aiguille a été retirée par aspiration, l'aiguille parait comme à nu dans la chambre postérieure, et l'on pourrait craindre qu'elle n'y eût pénétré, si l'on ne faisait la réflexion qu'elle est restée immobile pendant le mouvement du piston. — On peut alors la retourner sur son axe pour offrir son ouverture aux portions opaques situées derrière elle, et l'on continue à faire agir le piston, toujours avec lenteur et ménagement. »

En admettant que l'expérience clinique se fût prononcée sur sa valeur, méthode de l'aspiration ne serait applicable qu'aux cataractes fluides et oUes. Encore faudrait-il exclure tous les cas où le diagnostic laisserait lelques doutes. Ce ne peut donc être là qu'une méthode exceptionnelle qui ne saurait rivaliser ni avec l'extraction, ni avec l'abaissement. A toi il faut ajouter que toute opération qui touche au cristallin en respecnt ses membranes amène invariablement l'opacité de celles-ci.

BmpolftOMMemeMt endémique par la belladone. — Dans la séance

i il mars 1845, j'ai fait connaître à la Société de chirurgie, le résultat de ipplication par la méthode endermique de l'extrait de belladone, sur deux alades couchés à la salle Saint-Côme de l'Hôtel-Dieu.

4!i0 TITRE VU. — MALADIES DU GLOBE OCULAIRE.

De ces deux malades l'un était atteint d'iritis à une période déjà avancée, l'autre d'une inflammation de la capsule antérieure du cristallin. Chez tous deux la pupille était fortement resserrée depuis assez longtemps lorsqu'on jugea utile de chercher à en obtenir la dilatation par l'usage de la belladone.

La coarclation de la pupille résistant opiniâtrement à l'emploi répété de l'extrait de belladone en frictions sur le front et les tempes, on prescrivit chez les deux malades l'application d'un vésicatoire de la grandeur d'une pièce de 5 francs sur la bosse frontale correspondant à l'œil affecté. Ce vésicatoire fut pansé avec l'extrait de belladone, tel qu'on le donne préparé à la pharmacie des hôpitaux. Sous l'influence de ce mode d'application, on obtint une dilatation notable et que l'on peut évaluer au quintuple des dimensions de la pupille à l'état de resserrement qui existait antérieurement.

Chez le malade atteint d'iritis, la dilatation fut un peu plus prononcée; chez l'autre les adhérences déterminaient des inégalités manifestes. Encouragé par ce premier résultat, on prescrivit au bout de trois ou quatre jours , et lorsque les premiers vésicatoires étaient secs, une application nouvelle de vésicatoire que l'on pansa de la môme manière avec l'extrait non affaibli.

Mais cette fois chez les deux malades survinrent des accidents d'intoxication par la belladone. Tous deux éprouvèrent des hallucinations, consistant, par exemple, à voir des personnes de leur connaissance qui ne se trouvaient pas dans la salle où ils sont couchés, puis la sensation de Muettes lumineuses, une sorte de titubation dans la marche, un affaiblissement des membres inférieurs. Mais le phénomène le plus remarquable fut le trouble apporté dans la déglutition. Le bol alimentaire solide ne glissait qu'avec peine dans le pharynx, et les malades ne pouvaient avaler qu'en buvant après chaque bouchée, suivant leur expression.

Fimpolfoiiemeit par l'atropine appliquée nr la, conjonctive.—

CSuérifton. — On rencontre dans les auteurs de nombreux exemples d'empoisonnement par la belladone ou l'atropine, à la suite de l'ingestion de doses très-minimes de ces substances. Le fait suivant est remarquable, non-seulement à cause de la petite quantité d'atropine employée, mais encore par le lieu d'absorption du médicament. C'est avec une muqueuse saine, la conjonctive, que la substance toxique s'était trouvée quelques instants en contact.

Obs. — Le nommé Thomas Halkering entre à l'hôpital Saint-Antoine en août 18:>2, pour une double cataracte compliquée d'adhérences de l'iris avec le cristallin.

Le 31 août, afin d'explorer plus complètement l'état de l'œil, on instille de chaque côte trois ou quatre gouttes d'une solution à 5 centigrammes d'atropine et 30 grammes d'eau acidulée avec l'acide acétique.

Une demi-heure après cette instillation, le malade éprouve des vertiges et sent se passer en lui quelque chose de bizarre et d'inaccoutumé. Trois quarts d'heure après se manifestent tous les symptômes de l'empoisonnement par la belladone; la Ogure est rouge et animée; les pupilles, quoique irrégulières, sont énormément dilatées ; hallucinations incessantes. Le malade attire à lui ses draps, ses couvertures, et paraît vouloir saisir des corps qui voltigent dans Pair. Il essaie de se lever; mais ses jambes tremblent et se dérobent sous lui, et il ne peut faire deux pas sans être soutenu. Le pouls est plein et donne 120 pulsations.

Le soir, un peu de calme est revenu. Mais la vessie est distendue, et le malade ne pouvant uriner, on est obligé de pratiquer le cathétérisme.

Le 1er septembre, le délire, les hallucinations ont été assez intenses pendant toute la nuit dernière pour qu'on ait été obligé de fixer le malade dans son lit à l'aide de la camisole.

Ce matin, il est tranquille et répond parfaitement aux questions qu'on lui adresse. Il reste seulement un peu de stupeur et d'accélération du pouls.

Le 2, la nuit a été excellente, et cependant il y a encore ce matin quelques hallucinations et un peu de confusion dans les idées ; la démarche reste incertaine et vacillante, les pupilles sont toujours un peu dilatées. Miction facile, aucun trouble du côté des organes digestifs.

Tous ces symptômes allèrent en diminuant progressivement. Le malade toutefois n'est revenu à son état normal que trois ou quatre jours après l'instillation de l'atropine. [Gaz. des hôp., 18 janvier 1853.)

TITRE VIII

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