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TITRE III. — DEFORMATION DU NEZ

nez, qu'il en résulte une difformité très-choquante. Chaque fois que le malaide vent se moucher, la pression la plus douce cause parfois une douleur très- vive. Enfin la muqueuse qui revêt l'ampoule formée à l'entrée de la narine et qui déborde quelquefois la sous-cloison, s'excorie, saigne, se recouvre de croûtes, suppure môme, exposée qu'elle est à mille causes d'attouchements douloureux.

C'est dans des conditions semblables, devenues difficiles à supporter, que me fut amené par sa mère le jeune L. . . , âgé de 1 A ans *

Six mois auparavant on avait consulté un de nos confrères qui, reconnaissant une déviation commençante, crut que le développement ultérieur du jeune garçon ferait disparaître cette difformité et ses conséquences. Mais il n'en fut pas ainsi, et la mère, de plus en plus alarmée sur une déviation chaque jour plus choquante et sur les inconvénients dont elle s'accompagnait, vint, d'après l'avis du docteur Feldmann, réclamer de moi l'emploi d'un moyen chirurgical propre a faire cesser un pareil état.

La pointe du nez était fortement et très- disgracieusement déviée à droite; l'ampoule cartilagineuse remplissait la narine gauche.

Dans un cas analogue, Blandin eut recours avec succès à la perforation totale de la cloison au moyen d'un emporte-pièce. Ce n'est pas de ce procédé que j'ai fait usage, et voici l'opération que j'ai pratiquée le 15 août 1854 , avec l'assistance de M. Gardel, externe de mon service et de M. le docteur Feldmann.

L'enfant étant assoupi au chloroforme et placé dans une position convenable en face du jour, je pratiquai tout près de la sous-cloison et dans le sens antéro-postérieur, une incision très-légèrement relevée à ses deux extrémités. Cette incision avait pour objet de mettre à découvert le cartilage dévié. J'introduisis alors dans l'intérieur de cette plaie l'extrémité d'une êgiatùle, au moyen de laquelle je décollai la muqueuse d'avec le cartilage. Ce temps de l'opération fut assez laborieux. Le cartilage une fois mis à nu. je repoussai avec la spatule le lambeau muqueux au dessus de l'ampoule cartilagineuse, puis je coupai plusieurs épaisseurs dans le cartilage, jusqu'à ce que j'eusse obtenu une souplesse et un amincissement qui me permissent de rejeter vers la ligne médiane la cloison cartilagineuse devenue facile à déplacer. Cela fait, je ramenai de haut en bas le lambeau muqueux contre la cloison.

Une petite éponge de forme conique fut placée dans la narine pour rendre permanent ce qui venait d'être obtenu au moment même. — L'éponge a été laissée plusieurs jours en place, et sauf l'incommodité résultant de l'odeur, aucun accident n'est survenu à Ja suite de cette opération plutôt délicate que réellement difficile, mais pendant laquelle l'issue du sang après la section de la pituitairc ne laissa pas de causer quelque embarras. Aussi faut-il éponger sans cesse pendant l'exécution du procédé.

Aujourd'hui, 25 août, le jeune malade est parfaitement bien. Sa cloison

est droite ; ce qui n'empêche pas le lobule du nez d'avoir un peu de tendance à se latéraliser, résultat d'une conformation et d'une habitude de position depuis longtemps contractées. L'air qui ne sortait jamais par la narine gauche, y passe aujourd'hui librement

On pouvait craindre que le filet ethmoïdal du rameau nasal ne fût intéressé dans cette opération ; mais l'examen au point de vue physiologique n'a révélé aucun trouble dans les fonctions de ce nerf.

J'avais pensé d'abord à redresser de vive force la cloison par des agents mécaniques pourvus d'une force suffisante à cet effet; mais la crainte de causer une fracture ou un ébranlement dangereux à la lame perpendiculaire de l'ethmoïde, m'a conduit à préférer le mode opératoire que je viens de décrire.

Procédé opératoire eoatré la déylatloa de la soma-elolaea»

Cette déviation consiste en ce qu'au lieu de se terminer par un bord reo tiligne, le cartilage de la cloison nasale dans le point correspondant i ce qu'on appelle la sous-cloison du nez se recourbe de manière à former dans l'une des narines une sorte de bec cartilagineux.

Dans un premier temps, on divise longitudinalement la peau de la souscloison et l'on arrive jusqu'au cartilage. Le second temps consiste à décoller la muqueuse qui recouvre le bec cartilagineux. Celui-ci mis à découvert est réséqué. Après quoi on réunit la petite plaie par trois points de suture entrecoupée. (Bulletin de la Soc. de ch., séance du 24 mars 1852.)

Rétréelssemeat et atréele des aarlmee.

Les brûlures, les ulcérations consécutives à la petite vérole, sont les causes les plus habituelles de l'atrésie ou du rétrécissement des narines.

L'opération par laquelle on combat cette difformité est très-simple et consiste à introduire dans l'ouverture nasale un bistouri à lame étroite et à pratiquer soit deux incisions, soit plusieurs scarifications, soit môme l'excision de la cicatrice vicieuse s'il y a lieu, en respectant toutefois le cartilage nasal.

On place ensuite dans l'ouverture un corps dilatant dont l'usage doit être longtemps continué, en raison de la tendance extrême de la cicatrice à revenir sur elle-même.

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