‹ Traité clinique et pratique des opérations chirurgicalesChapitre 116 sur 236 · TITRE V. — CORPS ÉTRANGERS DANS LES FOSSES NASALES · texte numérisé non relu

TITRE V. — CORPS ÉTRANGERS DANS LES FOSSES NASALES

courir immédiatement aux douches lancées avec force à l'aide d'une sonde introduite à la partie supérieure des fosses nasales; à l'orifice externe de cette sonde est adapté un tube correspondant à notre injecteur atmosphérique. Les douches devront être répétées plusieurs fois par jour de manière à injecter un litre de liquide chaque fois.

Si ce moyen employé avec énergie et persévérance ne suffisait pas pour entraîner les vers, il faudrait songer à l'application d'une couronne de de trépan au-dessous du bord interne de l'arcade orbitaire. Une large communication étant ainsi établie entre l'extérieur et la cavité des sinus frontaux, des douches abondantes pourraient être pratiquées de manière à balayer toutes les anfractuosités.

Obs. — Corps étrangers du nez. — Rhinolithe. — Une dame reçoit, il y a sept ans, sur le côlé droit du nez, un coup de corne de taureau; il s'écoule un peu de sang. — Au bout de huit à dix mois survient un écoulement abondant fétide, parla narine droite. — Une année après l'accident, la malade croit ressentir dans la narine un petit corps flottant qu'elle cherche en vain à faire sortir.

Deux ans se passent sans que la malade s'en occupe d'unevnanière particulière.

I<es accidents locaux s'aggravent, réagissent sur l'état général, déterminent le marasme, et enfin, sept années après l'accident, à l'époque où M. Mascarel voit la malade, elle présente l'état suivant (15 janvier 1850) :

Fétidité insupportable de l'odeur qui s'exhale dans la chambre de la malade; faiblesse extrême; pâleur; décubitus au lit; perte complète d'appétit et de sommeil.

Une tumeur du volume d'un petit œuf occupe le côté droit du nez. Elle se confond avec une tumeur plus petite occupant le grand angle de l'œil. ~ Deux fistules existent : l'une près du grand angle de l'œil, sans communication avec le sac lacrymal; l'autre à peu près à demi-hauteur du sillon naso-labial. — Le stylet, introduit par la narine, fait reconnaître positivement la présence de ce que Ton croit d'abord être un séquestre, et l'on reconnaît aussi que ce corps étranger a de la mobilité.

Une opération est pratiquée le 16 juillet 1850, dans le but d'extraire le corps étranger. L'extraction de celui-ci fut des plus simples. Le succès fut complet.

Le corps étranger est du poids de 7*r,i, son plus grand diamètre est de 3 centimètres.

Ce calcul est friable, formé d'une couche corticale assez facile à détacher par écaille et d'une partie centrale plus dure, mais dans laquelle on ne rencontre aucun vestige de substance osseuse.

M. Mascarel, se fondant sur la circonstance d'une cause traumatique capable de produire la fracture d'un des os de la fosse nasale et sur la disparition du cornet inférieur de la cavité dans laquelle ce calcul a été trouvé, exprime l'opinion que ce cornet fracturé par la violence extérieure et passé à l'état de séquestre est devenu le noyau autour duquel s'est formée la concrétion. Cette opinion nous parait très-plausible, mais, pour être rigoureusement démontrée, il eut fallu que l'analyse chimique et anatomique eût fait reconnaître, d'une manière non douteuse, la présence d'un os ancien au centre de la concrétion.

TITRE VI

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