HYPERTROPHIE DES LÈVRES
L'hypertrophie labiale, qu'il ne faut pas confondre avec le développement de la lèvre supérieure qu'on observe chez les scrofuleux, peut être portée au point de constituer une difformité très-gênante pour laquelle on est obligé de réclamer les secours de l'art chirurgical.
478 SECT. V. — OPER. SUR L'APPAREIL BLCCO-PHARYNGIEN.
Voici le manuel de l'opération qui a été imaginée à cet effet par M. Paillard en 1826, opération qui consiste à dédoubler la lèvre et à la ramener à son volume normal en excisant une couche plus ou moins épaisse de son tissu.
La tête du malade est renversée en arrière et maintenue contre la poitrine d'un aide, en même temps que la lèvre est saisie par l'une de ses commissures et tirée en avant par ce dernier. — L'opérateur, placé en face du malade, saisit la commissure opposée, puis, de la main droite armée d'un bistouri, il fait, d'un angle labial à l'autre et perpendiculairement sur le bord même de la lèvre altérée, une incision un peu plus rapprochée de la muqueuse à ses extrémités qu'au milieu, circonscrit ainsi tout ce qu'il a l'intention d'enlever, saisit ce lambeau avec des pinces, le dissèque rapidement du bord libre au bord adhérent, et de gauche i droite jusqu'au niveau des tissus non hypertrophiés, puis termine l'excision près de la rainure alvéole-labiale d'un coup de bistouri ou de ciseaux.
La plaie fournit quelquefois beaucoup de sang, mais elle se cicatrise en général avec facilité.
Nous préférerions de beaucoup à ce procédé celui dans lequel on ferait l'excision d'une tranche cunéiforme, en prenant les dispositions nécessaires pour permettre d'établir une suture des deux lèvres de la muqueuse, immédiatement après le détachement de la tranche cunéiforme.
TITRE V